Parmi les exclusivités les plus attendues de cette rentrée sur Switch, Daemon X Machina promettait une expérience de jeu unique sur la petite console de Nintendo…

Les jeux de méchas n’ont pas vraiment la coté sur Switch. L’arrivée d’une exclu était donc un événement particulièrement attendu pour les fans de ce genre, sous-représenté sur la plate-forme. L’annonce de Daemon X Machina avait fait trembler les médias. Jusqu’à sa sortie, le jeu de Marvelous sera pourtant resté très discret… Ce qui n’est en soi jamais vraiment très bon signe.

Dès les premières minutes, on se rend compte que Marvelous ne s’est pas vraiment donné les moyens de réussir, construisant son jeu avec un tout petit budget. La mise en scène est digne d’une toute petite production. Avec ses dialogues pauvres, ses animations médiocres et sa mise en scène un peu cheap, le jeu de Marvelous n’a pas vraiment fière allure. Son scénario ne fait pas non plus rêver avec son histoire de soulèvement de machines. Dommage, car la réalisation artistique du jeu laissait présumer une beauté cachée…

Les combats de boss font partie des grands moments du jeu.

Dans la pratique, on se rend très vite compte que le jeu ne propose en réalité qu’une succession de missions dans la peau d’un mercenaire. Chaque mission est entrecoupée par de longs dialogues présentés de façon très peu sexy puisqu’il s’agit au final d’une succession de textes à faire défiler entre des personnages relativement creux. Difficile d’accrocher à l’intrigue.

Côté gameplay, Daemon X Machina se positionne comme un clone très accessible d’Armored Core. Le mecha se prend facilement en main et on se surprend vite à réaliser de jolies cabrioles en l’air. Au pad tout du moins puisqu’en mode nomade, les contrôles sont beaucoup plus imprécis. On frôle même par moment l’injouable. L’absence de système de lock est également fortement dommageable au gameplay. Etrangement, la visée restera collée à votre adversaire lorsque celui-ci se trouvera en face de vous, mais sautera dès qu’il disparaîtra de l’écran. Face aux adversaires très mobiles, le tâche sera donc beaucoup plus compliquée.

Le mecha est entièrement personnalisable, à l’aide des loots récupérés.

Pour le reste, on se retrouve face à un jeu de méchas des plus classiques, qui va toutefois beaucoup plus loin que ses concurrents en terme de customisation. Cette partie du jeu est particulièrement réussie puisque le joueur pourra entièrement personnaliser l’apparence de son mécha, mais aussi son armement. Chaque ennemi abattu laissera derrière lui du loot, qu’il faudra récupérer pour faire évoluer son mécha. Le joueur pourra ainsi faire évoluer son mécha selon ses envies, en optant par exemple pour un modèle costaud mais peu réactif, ou un modèle au contraire très réactif mais plus fragile. On notera au passage que chaque loot installé sur votre machine affectera les performances du robot, augmentant une caractéristique et réduisant une autre. On constate également une véritable montée en puissance tout au cours de l’aventure.

De façon générale, le début du jeu est assez mou et lent. A l’exception des quelques boss titanesques, le jeu se montre relativement facile et vous devriez voir le bout de l’aventure en un peu moins de 15h de jeu. L’ennui, c’est que les missions ont tendance à se révéler vite répétitives et que vos opposants ne sont pas suffisamment réactifs pour rendre le jeu plus accrocheur. Le sound design médiocre des armes, la cadence de tir très lente de certaines armes (surtout au début du jeu) et les aires de jeu relativement petites témoignent également d’un budget trop serré. On le sent : le jeu a été développé très rapidement par une toute petite équipe qui n’a pas eu les moyens de boucler son projet comme elle l’aurait voulu. Le résultat reste donc très mitigé.

La direction artistique du jeu est particulièrement inspirée.

Côté réalisation, même constat. La direction artistique superbe du jeu lui donne un look véritablement unique, mais la réalisation technique trahit de trop petits moyens. Visuellement, le jeu est loin d’exploiter tout le potentiel de la machine et est très mal optimisé. A plusieurs reprises, nous avons enregistré des baisses de frame-rate. Et ce, alors que rien ne justifie de tels déboires. Les décors sont souvent très pauvres, les zones de jeu toutes petites et les modélisations manquent cruellement de détails. On est donc très loin du sans faute. Pour autant, dire que Daemon X Machina est laid serait un mensonge. Le jeu parvient à se défendre en grande partie par sa direction artistique mais aussi les choix de couleurs qui lui donnent une apparence unique. Côté bande son, quelques jolis morceaux composent une bande sonore sans grande surprise – qui accompagne efficacement l’action mais ne laissera pas de traces indélébiles dans l’esprit des gamers.

Conclusion

Malgré quelques bonnes idées et une direction artistique inspirée, Daemon X Machina ne parvient pas à convaincre, la faute en grande partie à un manque d’ambition du studio. Ce fils-spirituel des Armored Core avait pourtant tout pour séduire avec son système de customisation des méchas très complet, son vaste arsenal et son gameplay technique. Son gameplay mou, sa prise en main trop imprécise en nomade et sa réalisation datée en font toutefois un titre de second choix, pas fondamentalement mauvais, mais certainement trop imparfait pour vraiment séduire les joueurs. On notera d’ailleurs qu’en solo, l’aventure est bien monotone. Quant à ceux qui rêvaient d’un animé interactif, le résultat est finalement bien peu convaincant. Avec ses dialogues mal écrits et sa mise en scène pataude, Daemon X Machina n’est malheureusement le hit que les fans attendaient. Reste un jeu pas forcément désagréable à jouer, dont les amateurs du genre apprécieront l’audace sur un support qui n’était finalement pas très adapté au style.

Daemon X Machina

6.2

Gameplay

5.5/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

6.5/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • Une jolie direction artistique
  • La customisation poussée du mécha
  • Une véritable montée en puissance du mécha au cours de la campagne

Les - :

  • Un gameplay beaucoup trop mou
  • Injouable en nomade
  • Une mise en scène pas du tout efficace