Alors qu’ils sont en train de conquérir les maisons, un autre type d’intérieur intéresse les fabricants d’assistants virtuels : ceux de nos automobiles.

Gadget absolu pour certains, innovation indispensable pour d’autres, les assistants virtuels font fureur. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils envahissent aussi le secteur automobile, chose qu’ils ont commencé à faire il y a quelques années déjà. En y réfléchissant rapidement, c’est même très logique : conduire réclame une attention toute particulière, éviter de quitter la route des yeux pour pianoter sur un écran est donc plus que bienvenu.

Aujourd’hui, un assistant embarqué en voiture se montre souvent aussi performant que son homologue domestique. Programmer le GPS, lancer une playlist sur une application de streaming, changer la température de la climatisation sont autant de possibilités pour ne pas avoir à quitter la route des yeux. Tous les systèmes ne se valent pas et il est bien entendu plus facile de trouver des équipements plus performants sur les niveaux de gamme élevés, mais globalement, la technologie se développe à vitesse grand V. L’entreprise Nuance Communication, spécialisée dans l’imagerie et la reconnaissance vocale, estime pour sa part que la précision des assistants vocaux évolue de 20 à 25 % par an, une croissance fulgurante.

Encore beaucoup de place pour l’amélioration

Cependant, tout n’est pas rose pour les assistants virtuels au sein des habitacles. Nombre d’automobilistes sont encore réfractaires à l’idée de parler à leur voiture pour la commander et considèrent la solution technique plus handicapante qu’autre chose. Premièrement parce que la précision de la diction doit être parfaite si l’on veut obtenir le résultat escompté. L’intelligence artificielle s’appuie sur une somme de connaissance qui ne cesse de croître, mais parler à un assistant virtuel comme on le ferait à son passager n’offre pas toujours les réponses attendues. Il suffit de jouer quelques secondes avec son smartphone en formulant une demande à Google Assistant ou Siri pour s’en rendre compte. Connected Lab, qui travaille avec de grandes marques de l’informatique sur l’expérience utilisateur, estime ainsi que réfléchir à une formulation correcte pour déclencher une action de la part d’un assistant vocal tout en conduisant n’est pas forcément plus sûr que de saisir les informations sur l’écran de bord.

Ensuite, se pose la question de la duplication des commandes. Quel est l’intérêt de dicter une action quand il est possible de faire la manipulation en trois clics à partir de menus que l’on connaît par cœur ? Tant que l’on ne sera pas en mesure de parler de manière naturelle aux assistants, ce système à double entrée perdurera. Et il ne faut pas non plus oublier que l’adoption de nouvelles technologies réclame toujours un temps d’adaptation. En 2012, Ford introduisait la commande vocale sur quelques modèles de sa gamme, dans l’unique but de faire lire des SMS à la voiture pour éviter que le conducteur n’utilise son téléphone au volant. Six ans plus tard, nous en sommes tout de même à pouvoir demander à nos automobiles de nous trouver une place de parking, d’effectuer une réservation dans un restaurant voire de changer l’itinéraire du GPS au débotté sur une simple injonction. Une belle progression !