Tout comme les fabricants d’enceintes connectées, les constructeurs automobiles s’appuient sur les géants de la technologie que sont Amazon et Google pour doter leurs modèles d’assistants vocaux.

Pourquoi perdre de l’argent à développer un système de reconnaissance vocale quand d’autres le font mieux et se proposent en outre de l’intégrer facilement dans n’importe quel équipement ? Cette vision simplifiée (et simpliste !) de la théorie de l’avantage comparatif définie par David Ricardo s’applique également au monde de l’automobile. De plus en plus de marques font confiance à Google, Amazon et Apple pour doter simplement et rapidement leur système multimédia maison d’un assistant vocal qui a déjà fait ses preuves ailleurs.

Ce choix tient principalement à un facteur tout à fait essentiel : le deep learning. Qu’il s’agisse d’Alexa, de Google Assistant ou de Siri, tous trois disposent d’une base de donnée absolument gigantesque dans laquelle puiser pour régir de manière adéquate aux demandes des utilisateurs. En conséquence, on ne cesse de voir fleurir des partenariats : l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi fait par exemple confiance à Google Assistant, au même titre que Kia, tandis que BMW, Mini, Nissan ou Toyota sont plutôt team Alexa. Certains, comme Ford, offrent même le support des deux assistants virtuels pour contenter un maximum d’utilisateurs ! Un déploiement qui ne se fait pourtant pas totalement, contrairement à ce que l’on pourrait penser, à l’encontre des solutions directement proposée par les constructeurs. BMW vient par exemple d’annoncer son propre assistant vocal personnalisable (plus d’informations à ce sujet dans cet article) baptisé IPA.

Le poids des smartphones

Si Apple s’intègre moins dans les systèmes d’infodivertissement de manière native, la marque à la pomme est en revanche ultra présente dans le milieu automobile via son application CarPlay. Une connexion USB suffit ainsi pour profiter de Siri à bord de votre véhicule en passant par le système audio. Parmi les voitures neuves équipées d’un écran tactile, une majorité sont aujourd’hui compatibles avec les iPhone. Et là où CarPlay est présent, son concurrent direct Android Auto est aussi très souvent de la partie. Ces deux solutions ont pour avantage d’être peu onéreuses (Android Auto et CarPlay sont de plus en plus livrés en série sur les voitures neuves) et pratiques puisqu’elles ne demandent qu’un smartphone compatible pour fonctionner.

Sans grande surprise, les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple, les géants de la technologie) ont donc la main mise sur le marché des assistants virtuels embarqués. Cependant, il n’est pas impossible que les constructeurs se mettent à développer sérieusement eux-aussi leurs propres assistants vocaux afin de marier au mieux les fonctions d’Alexa, Google Assistant et Siri avec celles de la voiture (climatisation, radio, ouverture de porte de garage, téléphone, lecture de sms, gestion de la source audio…). C’est au croisement des deux mondes que se trouve l’expérience utilisateur la plus complète, la plus naturelle aussi, puisque cela éviterait de devoir constamment faire des allers-retours entre le système de la voiture et les systèmes tiers.