Cinq ans après la sortie de leur dernier titre, le studio néerlandais Triumph Studios revient avec un nouvel opus de sa saga des Age of Wonders. Et pour son grand retour, le studio prend ses distances avec l’heroic-fantasy et s’envole pour l’espace. Avec Planetfall, la franchise de stratégie au tour par tour se lance dans la science-fiction. Un changement de direction qui vaut le détour ?

Exploration extraterrestre

Alors qu’un cataclysme a ravagé l’Union stellaire – le gouvernement humain galactique -, les différentes factions se retrouvent coupées des autres. Dans Age of Wonders : Planetfall, nous incarnons un haut gradé fraîchement débarqué sur une nouvelle planète dont le rôle va être de développer une nouvelle base et des forces armées en vue de l’exploration de cette nouvelle planète. Une tâche qui se révèle mouvementée puisqu’au cours de son expédition, notre héros fera de nombreuses rencontres. Tantôt celles-ci seront amicales, tantôt elles seront beaucoup plus agressives. Mais son exploration est primordiale puisqu’elle va lui permettre de développer sa base, de secourir des survivants, de sympathiser – ou non – avec des factions, mais surtout de découvrir ce qui est à l’origine du cataclysme destructeur.

Une exploration qui mêlera à la fois la stratégie – puisque le joueur pourra décider de s’unir avec les différentes factions qu’il rencontre – et la gestion, sur base d’une progression au tour par tour. Que ça soit au niveau des déplacements, des attaques ou des temps de constructions, le principe du tour par tour s’applique partout.

Au cours de son aventure, le joueur en découvrira davantage sur l’univers de Planetfall, mais également sur les événements qui ont mené à la destruction de l’Union stellaire. Bien qu’au second plan, l’histoire est tout de même bien ancrée dans le jeu et son exploration.

S’allier ou se faire la guerre ?

La découverte de la planète sera l’occasion pour notre héros de croiser le chemin d’autres factions, notamment celles des Amazones, les Kri’Ko ou les Nains. Chacune dispose de ses propres caractéristiques, compétences et attaques. Ainsi, les Nains peuvent créer des tranchées, les Kir’Ko peuvent transférer leurs points de vie à leur camarade grâce à leurs pouvoirs psioniques, etc. Le joueur devra décider s’il souhaite créer une alliance avec les factions qu’il croise ou plutôt utiliser la manière forte.

Dans sa base, le joueur pourra développer ses constructions en fonction du gameplay qu’il souhaite mettre en place. En effet, il est possible de développer sa production, l’alimentation, la recherche et l’énergie sur base de deux axes : l’un se veut militaire, l’autre se veut social. Ainsi, en mettant en avant l’aspect militaire, le joueur pourra davantage affronter et renverser ses ennemis, sans passer par les alliances. Ou au contraire, le joueur misera sur ses alliances et développera des constructions et compétences sociales.

Affrontement au tour par tour

Lors des combats contre les créatures extraterrestres ou les membres d’une faction ennemie, le joueur pourra choisir de placer ses forces armées comme il le souhaite sur son terrain hexagonal. Une fois que cela est fait, c’est au tour des adversaires de jouer. Ensuite, c’est au joueur de sélectionner l’attaque pour chacune de ses escouades et l’ennemi qu’il souhaite viser. Le principe du tour par tour rythmera alors l’ensemble du combat jusqu’à la victoire ou la défaite du joueur.

On notera qu’il est possible de prendre la fuite. Une possibilité qui peut s’avérer bien utile lorsqu’on s’est mesuré à des monstres beaucoup plus puissants que nous en nous promenant sur la carte.

Si les phases de combat ne vous intéressent pas trop, Triumph Studios a pensé à vous et propose un mode automatique. Une option qui devrait plaire à certains, même si l’IA n’est pas forcément des plus compétentes. Comme pour les combats actifs, il est possible de revoir la séquence.

Développer ses forces armées

Au fur et à mesure des combats, les soldats gagnent de l’expérience et leurs équipements s’améliorent. Le joueur pourra ainsi changer leurs armes et protections, mais aussi leurs attaques (corps à corps ou à distance) via les « mods ». Chaque type de soldats (terriens, aériens ou marines) possède plusieurs “mods”, des enchaînements d’attaques préétablies qui peuvent être modifiées comme bon nous semble. Ainsi, certains pourront attaquer avec des lasers ou avec des balles remplies de venin, par exemple. En fonction des ennemis qui se présentent à vous, vous pourrez choisir un mod plutôt qu’un autre.

On retrouve également l’aspect stratégique dans les combats, notamment dans le calcul des déplacements en fonction des points disponibles et du tout par tour, mais aussi par rapport au terrain en lui-même. Il faut prendre en compte les différents obstacles et débris, ainsi que les objets qui peuvent s’avérer utiles pour mettre à mal nos adversaires. En effet, en tirant sur des cristaux instables, ceux-ci peuvent s’enflammer et exploser en blessant les ennemis à proximité.

Changement de décors réussi

Le cadre spatial et planète extraterrestre sont bien représentés dans le jeu et l’exploration permet de découvrir et de profiter des différentes terres et environnements. Grâce au zoom, le joueur peut également profiter des détails des infrastructures, personnages et autres bases.

On pourrait tout de même regretter le manque d’animation des personnages lors des gros plans. En effet, lorsque ceux-ci s’expriment, ils ne bougent pas et se contentent de poser fièrement. De fait, ils n’incarnent pas leurs paroles ce qui fait qu’on se retrouve face à des images statiques, ce qui est bien dommage.

En plus du fait que les personnages soient presque muets – ils se contentent de répéter quelques phrases d’accroche pour les victoires ou défaites, le joueur va devoir engloutir de nombreux textes très indigestes. S’ils permettent d’en apprendre plus sur le scénario du jeu, on a tout de même souvent l’impression que ça parle beaucoup trop. Une manière de combler l’absence de cut-scenes sans engager des moyens faramineux… L’ennui, c’est qu’aussi réussi puisse être le gameplay, et généreux puisse être le jeu en général, Planetfall est malheureusement loin d’être à la hauteur sur le plan technique, avec ses graphismes d’un autre âge et sa bande sonore sans génie.

Conclusion 

Avec Planetfall, le studio néerlandais à l’origine de la saga Age of Wonders change de décors. Exit l’héroic-fantasy, place à la science-fiction. Un changement de cadre qui permet de redonner un second souffle à la série. Reprenant les bases d’Age of Wonders, le nouvel opus offre une expérience agréable qui devrait plaire aux amateurs de stratégie, au mode de fonctionnement au tour par tour et des jeux 4X, à savoir l’exploration, l’expansion, l’exploitation et l’extermination. Les nouveaux joueurs rencontreront cependant certaines difficultés lors de la prise en main. Pour les autres, le changement de cadre se révélera être une véritable bénédiction. Sans révolutionner la série, Age of Wonders : Planetfall reste un RTS très efficace, à déguster de préférence au combo clavier / souris.

Age of Wonders : Planetfall

7.2

Gameplay

7.5/10

Contenu

8.0/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

6.5/10

Finition

7.5/10

Les + :

  • Changement de cadre réussi pour la saga
  • Une bonne durée de vie (60h)
  • Un vrai scénario rempli de mystère
  • Un contenu conséquent

Les - :

  • Le mutisme des personnages
  • Des dialogues trop bavards
  • Prise en main complèxe