C’est l’application du moment, elle est très populaire sur les réseaux sociaux grâce à ses filtres vieillissants particulièrement réalistes, mais FaceApp pose également question au niveau de ces conditions générales d’utilisation. Y a-t-il un risque pour nos données personnelles lorsqu’on l’utilise ?

En parallèle des (très) nombreuses photos montages partagées sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes tirent la sonnette d’alarme quant à l’utilisation de cette fameuse application FaceApp. Ladite app avait déjà été sous le feu des projecteurs en 2017, à sa sortie, pour les mêmes raisons ; à la fois divertissante et inquiétante.

À première vue, nous avons une application très sympa qui permet d’avoir un aperçu d’une qualité impressionnante de ce à quoi on ressemblerait à 60 ans ou si on était de l’autre sexe. Un concept très populaire sur la toile, tout le monde se souvient encore des filtres de Snapchat qui permettaient de changer de sexe ou de redevenir un bébé.

Mais quand on y regarde de plus près, on peut se poser des questions sur la politique de l’application en termes de respect de la vie privée et données personnelles de ses utilisateurs.

Une utilisation consentie

Exemple de l’utilisation du filtre vieillissement de FaceApp

Dans les conditions d’utilisation de l’application, il est indiqué – entre autres – que l’entreprise de FaceApp peut utiliser comme elle le souhaite les photos téléchargées sur l’app sans devoir au préalable avertir l’utilisateur ni lui fournir une rémunération en cas d’utilisation commerciale de sa photo.

S’il est difficile de savoir quel sort le propriétaire de l’application réserve à nos photos, on peut tout de même essayer. Le principe de FaceApp repose sur des algorithmes capables d’étudier les composants d’une photo pour pouvoir la modifier. Or, pour cela, ils ont besoin d’une base de données importante. Lorsque les utilisateurs téléchargent leur photo dans l’application, l’intelligence artificielle assimile ses photos pour améliorer ses filtres, comme l’avance Numerama.

Or, la réutilisation des photos des utilisateurs est consentie à partir du moment où ils installent et téléchargent leur photo dans l’app. C’est la même chose pour toutes les applications gratuites, notamment Facebook ou Snapchat.

Une peur infondée

Beaucoup d’internautes affirment que FaceApp peut accéder à leurs photos sans que ceux-ci ne lui aient donné l’autorisation. L’application arriverait-elle à s’infiltrer dans votre téléphone contre votre volonté ? Pas vraiment.

Le « problème » concerne surtout les utilisateurs iOS. De nombreux utilisateurs se sont inquiétés de voir que même s’ils refusaient l’accès à l’application à leurs photos – depuis les paramètres Photos -, ils pouvaient tout de même télécharger leurs clichés depuis FaceApp. Cela donne l’impression que celle-ci outrepasse l’interdiction.

En réalité, ce n’est pas le cas. Il s’agit juste d’un souci de formulation de la part d’Apple, comme l’explique TechCrunch. Lorsqu’un utilisateur règle l’accès d’une app à ses photos sur « jamais », il s’attend à ce que celle-ci n’ait jamais accès à ses données. Or, Apple considère que si un utilisateur télécharge une photo sur une application, c’est qu’il a consciemment validé l’accès de l’app à la photo. C’est comme s’il forçait l’interdiction – qui n’est pas totale – en réalisant une action depuis l’application.

D’après un expert en informatique, l’application se limiterait à faire ce qu’elle dit quelle fait, à savoir télécharger uniquement les photos que l’utilisateur lui soumet.

Utilisation en connaissance de cause

Malgré les passages inquiétants dans les conditions d’utilisation de l’application, les utilisateurs ne devraient pas culpabiliser. L’application russe existe depuis deux ans et les conditions étaient déjà telles quelles en 2017. Or, aucun cas de réutilisation commerciale de la photo d’un utilisateur n’a été, à ce jour, signalé.

Le patron de la société russe à l’origine de l’application, Iaroslav Gontcharov, a confirmé au Washington Post que les photos étaient utilisées dans le cadre du fonctionnement de l’application, mais que la plupart étaient supprimées des serveurs dans les 48 heures après leur téléchargement. Il a également affirmé que les photos n’étaient pas transférées ou utilisées en dehors de FaceApp. Voilà qui devrait en rassurer certains.

Jusqu’à preuve du contraire, l’application ne semble pas outrepasser ses droits. Les internautes peuvent donc – en connaissance de cause et à leurs risques et périls – continuer à s’amuser à se vieillir et à changer de sexe.