Et si vous faisiez grève des réseaux sociaux, ces 4 et 5 juillet? C’est en tout cas ce que souhaite Larry Sanger avec son sondage et sa déclaration d’indépendance numérique.

Larry Sanger, cofondateur de l’encyclopédie en ligne Wikipédia, a lancé un appel particulier, le 29 juin dernier. L’homme de cinquante ans souhaiterait que les internautes s’abstiennent de se rendre sur les réseaux sociaux durant deux jours entiers, les 4 et 5 juillet prochains. À l’heure d’écrire ces lignes, son appel à la grève ne rencontre pas un franc succès, avec 954 voix, à peine, sur Twitter. Un réseau social… quelle ironie !

61% des personnes qui ont répondu au sondage disent qu’ils participeront à ce mouvement et 14% en sont encore incertains, mais semblent plutôt d’accord avec l’idée. D’un autre côté, 13% des personnes se disent opposées à la grève des réseaux sociaux et 12% ne pensent pas le faire. Sont cités Facebook, YouTube ou encore Twitter. Et une nouvelle fois, quelle ironie d’utiliser ce dernier pour le boycotter.

Si l’on se fie aux twittos qui ont participé au sondage, cette grève des réseaux sociaux n’aura que peu d’impact, voire par du tout, sur des géants comme Facebook ou Twitter qui rassemblent des communautés de milliards de personnes.

La décentralisation pour l’indépendance numérique

En parallèle de ce sondage, Larry Sanger accompagne son action d’une déclaration d’indépendance numérique que que tout un chacun peut signer. Celle-ci comporte neuf grands principes qui réaffirment les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la sécurité sur le net. L’homme pointe aussi du doigt les écarts des réseaux sociaux à l’égard de ces droits, voire les violations qui ont déjà eu lieu. Dans la déclaration, le cofondateur de Wikipédia avance également des pistes pour améliorer la situation grâce à la décentralisation.

Larry Sanger explique que les données doivent appartenir aux utilisateurs. Celles-ci devraient être stockées localement sur notre ordinateur et non plus centralisées dans un serveur. L’homme est très confiant : “On va faire beaucoup de bruit. Personne ne pourra ignorer ce qui se passe. Nous allons faire jouer nos muscles collectifs et exiger que les grandes sociétés manipulatrices nous redonnent le contrôle de nos données, de notre vie privée et de notre expérience utilisateur”, explique-t-il.

Si le projet peut faire sourire au vu du poids de cette pétition face aux géants du net, l’idée n’est pas neuve. En effet, il existe déjà des projets de réseaux sociaux décentralisés, comme Diaspora (sorte de Facebook) et Mastodon (Twitter). Malheureusement, ceux-ci ne rencontrent pas le succès escompté.

La déclaration d’indépendance numérique et l’appel à la grève de Lary Sanger, s’il s’avère qu’elles ne fonctionnent pas, donnent tout de même matière à réfléchir. Si des réseaux sociaux ont déjà fait le pari du décentralisé, pourquoi Facebook, Twitter ou YouTube n’en ferait pas de même?