Sur le réseau social de Mark Zuckerberg, il est possible de poster des publications dites « privées », permettant de restreindre le nombre de personnes qui pourront voir son contenu. Une confidentialité intéressante sur le papier, mais en réalité, ces publications privées ne le sont pas tant que ça.

En effet, il semblerait que les sous-traitants de Facebook aient tout simplement accès au contenu de ces publications, et ce, uniquement dans un but de machine learning. Pour entrainer l’intelligence artificielle de Facebook et son algorithme d’affichage de contenu pertinent sur le fil d’actualité d’un utilisateur, il faut constituer une base de données importante. Or, pour l’entrainer, l’intervention humaine est parfois nécessaire, c’est le cas – comme le révèle l’agence Reuteurs – avec les posts « privés ».

Les sous-traitants doivent avoir accès aux posts privés pour les « étiqueter » tels quels, pour que l’intelligence artificielle enregistre que ces publications sont privées et ne doivent pas s’afficher sur le fil d’actualité des contacts de son auteur.

Selon la source citée par Reuteurs, parmi les entreprises de sous-traitance de Facebook, on retrouverait WiPro, une entreprise indienne comptant 260 employés dont le boulot consiste à étiqueter les publications des utilisations du réseau social en vue de leur étude par une intelligence artificielle.

On pourrait penser qu’il ne s’agit « que » d’une précision privée/publique, mais les employés qui traitent en moyenne 700 posts privés par jour doivent également indiquer le contenu de la publication, le contexte et l’intention de leur auteur.

Les publications privées regroupent à la fois les photos, vidéos, mises à jour de statuts, liens partagés, ainsi que les stories sur Facebook et Instagram. Autant dire une multitude d’informations parfois très personnelles qui sont justement partagées avec un sentiment de sureté.

L’étiquetage de données est une étape cruciale dans le développement d’une intelligence artificielle ou d’algorithme, mais cela reste un travail très rébarbatif. Facebook n’est pas le seul à faire appel à des sous-traitants. Or, cela pose de nombreuses questions quant à la protection de la vie privée étant donné que les entreprises de sous-traitances n’ont pas toujours les mêmes standards de sécurité que Facebook.

L’entreprise de Mark Zuckerberg a confirmé les révélations de Reuters, mais a assuré que le procédé avait été validé par des experts en confidentialité. Un système d’audit aurait également été mis en place afin de s’assurer du respect des règles de protection des données.

Étant donné les nombreux scandales et failles dont a été victime Facebook, il serait difficile d’assurer à 100% que le réseau social et donc, les publications privées, ne risque aucun piratage ou faille.