Essentiellement présente sur les consoles portables de Nintendo (GBA, DS et 3DS), la série Phoenix Wright s’invite sur PC, Playstation 4 et Xbox One, sans oublier bien sûr la Switch, par le biais d’une compilation reprenant la trilogie originelle.

Pour faire patienter les fans et bien préparer l’arrivée du très réclamé Ace Attorney 7, Capcom a décidé de sortir deux compilations de sa série de jeu d’aventure textuel où le joueur doit résoudre des affaires dans la peau d’un jeune avocat. Il est ici question des trois premières aventures du jeune Phoenix Wright, à savoir les titres Ace Attorney, Justice for All et Trials and Tribulations. Cette première collection remasterisée était déjà sortie sur 3DS et sur smartphones en 2013 et cette « nouvelle » version multi-plateforme s’avère en être un simple portage sans grand ajout.

Tu pointes ou tu cliques ?

On retrouve donc la désormais célèbre formule de visual novel en 2D qui emprunte de nombreuses mécaniques au point and click. Le joueur se glisse dans la peau de l’avocat débutant et devra prouver l’innocence de ses clients au cours d’affaires de plus en plus complexes. Les phases de recherche de preuves et d’indices sur les divers lieux des crimes et méfaits s’enchaînent à des séquences d’interrogatoires où il faut mettre le doigt sur les mensonges proférés et autres éléments contradictoires lors des différents témoignages.

Tout cela se déroule entre des phases d’enquête et des séquences de procès, le tout dans un enchaînement de panneaux peu animés où l’on déplace un curseur pour mettre en évidence des indices et où l’on participe à des échanges verbaux. Voilà en substance le gameplay de Phoenix Wright : du point and click et du défilement de texte avec des choix de dialogue.

Do you speak french ?

Les textes étant la principale composante de la série, on s’étonne que Capcom n’ait pas jugé d’inclure la version française dès le lancement. En effet, les trois jeux ici présents sont uniquement en anglais ou en japonais, ce qui est fort regrettable d’autant que les versions DS étaient quant à elles traduites. Toute l’essence du titre étant dans le décorticage des témoignages, il faudra donc maîtriser l’une de ces deux langues étrangères en attendant une mise à jour promise qui devrait ajouter la version française (et allemande).

Malgré cet énorme handicap, on retrouve avec un certain plaisir l’atmosphère de ce titre mettant en scène des personnages hauts en couleur, et l’on se laisse prendre dans les différentes affaires à la recherche du moindre mensonge proféré. Les affaires sont dans l’ensemble toutes très bien ficelées et s’avèrent assez passionnantes pour peu que l’on ait la fibre de la justice.

Le premier opus s’avèrera ainsi très utile pour découvrir les bases du gameplay et se familiariser avec l’univers et les principaux personnages que l’on retrouvera dans les épisodes suivants. Le second jeu, Justice for All, introduit le système de Magatama qui fait apparaître des verrous-psychés que l’on peut briser à l’aide de preuves pour révéler les secrets cachés par les personnages. Trials and Tribulations reprend quant à lui ces bases et a la particularité de nous faire incarner les deux avocats Phoenix Wright et Mia Fey à travers de nombreux flashbacks.

Faire du vieux avec du vieux

On ne va toutefois pas se mentir, si ces trois épisodes possédaient, et possèdent toujours, leur charme sur petit écran, la pauvreté des animations et les graphismes, très peu renouvelés depuis la version de 2013, font pâle figure sur un écran de grande taille. Les trois titres remontent tous d’avant 2010 et on ressent le poids des années. Tout est trop statique, les bruitages sont horripilants (heureusement, on peut les mettre en sourdine) et l’ensemble manque cruellement d’action. L’intérêt des jeux est bien sûr ailleurs, à savoir dans son écriture maligne, mais il est bon de le rappeler pour ceux qui ne le sauraient pas déjà.

La série perd aussi un peu de son aura sans mode tactile, autrement dit si vous n’y jouez pas sur Switch. Bref, il faut savoir où l’on va mettre les pieds et peut-être ne pas donner si facilement une trentaine d’euros à Capcom qui a prévu de récidiver avec une seconde compilation à venir regroupant les épisodes 4, 5 et 6 : à savoir, dans l’ordre, Apollo Justice : Ace Attorney, Phoenix Wright : Ace Attorney – Dual Destinies et Spirit of Justice.

Conclusion

On a envie de crier « Objection ! » à Capcom tant il est difficile de craquer pour cette énième réédition de Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy qui n’inclut pas de version française au lancement. Face à l’absence de nouveautés, les connaisseurs peuvent franchement passer leur tour et ressortir leurs cartouches DS (qui incluent la vf d’entrée de jeu). Les néophytes devront quant à eux impérativement maitriser l’anglais (ou le japonais) pour profiter d’affaires passionnantes à décortiquer sous une mécanique empruntée au point and click. Même avec la mise à jour française promise, l’achat est à mûrement réfléchir, le titre proposant une animation très statique et des graphismes un peu datés – logique puisqu’il s’agit à la base d’un jeu DS. Pour une trentaine d’euros, cette compilation est avant tout destinée aux avocats en herbe et férus de la justice qui ont la fibre littéraire, vu le nombre conséquent de textes à analyser. A bon entendeur…

Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy

6

Gameplay

5.5/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

5.0/10

Finition

6.5/10

Les + :

  • Une direction artistique réussie
  • Des affaires passionnantes et bien ficelées
  • Bonne durée de vie
  • Un concept toujours aussi séduisant

Les - :

  • Pas de traduction en français au lancement
  • Des animations un peu datées
  • Un gameplay minimal
  • Des bruitages agaçants
  • Aucune nouveauté