Après l’excellent Ether One, le studio britannique White Paper Games revient avec un nouveau jeu narratif, The Occupation. Sur fond de dystopie politique dans une Angleterre des années 80, le joueur devra mener l’enquête pour tenter de faire la part des choses au risque qu’un innocent ne soit emprisonné.

Avec The Occupation, le studio White Paper Games nous plonge dans une histoire beaucoup plus terre à terre que son précédent titre. Bien que fictif, on ne peut s’empêcher d’y voir des similitudes avec la réalité.

Direction l’Angleterre des années 80, où les tensions au sein de la population et du gouvernement sont à leur apogée. Une situation délicate à laquelle vient s’ajouter un attentat qui a coûté la vie à 23 personnes, mettant ainsi véritablement le feu aux poudres. Le principal suspect dans cette affaire n’est autre qu’un immigré, Alex Dubois, accusé par les médias et le gouvernement de tous les maux de la société. Un suspect idéal pour mettre en place des politiques liberticides, l’Union Act, fermer les frontières et rediriger les migrants à l’extérieur du pays.

Incarnant simultanément un journaliste d’investigation enquêtant sur le véritable auteur de l’attentat, Harvey Miller, et la veuve de l’une des victimes, Scarlette Carson, lors de flashbacks, le joueur devra mener son enquête en temps réel. En effet, suivant le personnage qu’on incarne, nous devrons nous faufiler dans différents bâtiments pour tenter de recueillir le plus d’indices possible afin de reconstituer le puzzle.

Le temps aura son importance puisque chaque « niveau » est exploitable durant une heure seulement, avec l’impossibilité de sauvegarder et reprendre la partie plus tard. Point intéressant puisque cela poussera le joueur à se dépêcher et à stresser au fur et à mesure que les minutes passent sur la montre d’Harvey Miller.

Le joueur devra guider le journaliste à travers les bureaux, se glissant dans les bouches d’aération afin de fouiller les documents et autres bases de données pour déceler le vrai du faux. Un concept vraiment intéressant et étonnement stressant au fil des minutes qui passent et des PNJ qui rodent.

Malgré cela, les risques ne sont pas très dangereux. Si on se fait attraper par un gardien – lorsqu’il arrive à nous voir, mais on y reviendra -, soit celui-ci nous demandera ce qu’on fait là, soit le niveau sera terminé et on devra se contenter du peu d’indice récupérés. Dans certains cas, il faudra tout de même recommencer le niveau, histoire d’avoir assez d’éléments d’enquête.

Celle-ci repose d’ailleurs exclusivement sur les indices que le joueur aura réussi à dégoter durant son périple. Un indice trouvé lui permettra ou non d’avancer dans son enquête et lui indiquera l’emplacement de nouveaux. En fonction de ce qui lui reste, il pourra en déduire l’identité de l’auteur de l’attentat.

Une infiltration des plus douloureuses

Pour conclure l’enquête, le joueur devra infiltrer et fouiller les locaux de personnes politiques importantes, crocheter des serrures ou récupérer de quoi s’introduire dans les bureaux, mais également se creuser les méninges pour ouvrir des pièces et coffres secrets. Une tâche compliquée, mais excitante qui aurait pu l’être plus encore si le gameplay n’était pas aussi douloureux.

Si le scénario semble bien ficelé, faisant la part belle à la réalité, il aurait été sans doute plus intéressant pour White Paper Games de s’accorder plus de temps pour finaliser le jeu. Reprenant plusieurs aspects du point and click à la 3ème personne et les « énigmes » à résoudre, The Occupation agace rapidement par la lenteur et la succession des mécanismes à mettre en place pour réaliser des mouvements basiques.

Ouvrir une porte, scanner une carte, taper à l’ordinateur devient un véritable parcours du combattant tant les combinaisons sont nombreuses et totalement injustifiées. Après avoir sélectionné l’objet, il faut garder appuyée une touche et en sélectionner une autre pour signaler le sens du mouvement à réaliser. Des étapes qui n’ont aucune raison d’être qu’il aurait été préférable de simplifier ou de justifier avec de vraies exigences d’agilités de la part du joueur. 

Certains puzzles – ou code à trouver – demandent parfois un nombre d’éléments incohérents et sont d’autant plus compliqués à rassembler que le jeu n’est pas très précis. Le contexte d’enquête et d’infiltration exigera également du joueur de se montrer prudent pour ne pas se faire repérer par les autres personnages présents dans les différents lieux. Mais heureusement, les personnages semblent profondément aveugles ou stupides puisqu’ils ne remarquent même pas quand un objet important a disparu du bureau où ils se trouvaient. La lumière de la lampe torche ou la mauvaise cachette de notre journaliste ne les embêtent aucunement. À croire que l’intelligence artificielle était en option.

En parallèle de ces problèmes, les (très) nombreux bugs présents dans le jeu viennent de nouveau entacher l’expérience. Les PNJ apparaissent sans prévenir à côté de vous, contrairement à certains objets qui disparaissent. Les bugs continuent avec Harvey qui se coince dans un coin ou un mur et ne sait plus en sortir, des éléments de décors incontournables sans raison, des traductions incomplètes ou mal traduites – mais on y reviendra. Toute une série de problèmes qui viennent s’ajouter à la longue liste des aspects tristement négatifs de The Occupation qui avait pourtant vraiment de quoi plaire.

Traduction bâclée

The Occupation sauve un peu les meubles avec son ambiance visuelle et sonore, mais le constat reste décevant. Les plants et les décors sont beaux, mais semblent dater de quelques années. Même constat pour les personnages et leurs expressions.

L’univers est sombre – trop sombre –, malgré la possibilité de modifier les contrastes. Les décors semblent être faits carton. Tout est fixe et manque de fluidité dans les animations.

Pour ce qui est du son, on ressent une certaine pression de par le contexte tendu, mais cela ne sauve en rien le titre. Disponible uniquement en anglais version sous-titrée, les dialogues changent parfois subitement d’une langue à l’autre sans raison. Les expressions anglaises sont traduites approximativement et les accents sont remplacés par des points d’interrogations, ce qui rend la compréhension du texte et l’immersion compliquées. Certes, le jeu n’est facturé “que” 30€, mais ce n’est pas pour autant que le travail devait être bâclé… 

Conclusion

Avec ce nouveau titre narratif, White Paper Games n’arrive pas à la cheville de l’excellence de son premier jeu. Malgré un scénario bien ficelé qui fait écho à la réalité et sa progression en temps réel, The Occupation donne l’impression de ne pas avoir été terminé et d’être sorti un peu trop à la hâte. Si le concept est excellent, la réalisation graphique laisse à désirer et la localisation frôle la catastrophe. Une petite déception puisque The Occupation avait toutes les cartes en mains pour être une pépite. Le prix doux du jeu fera tout juste passer la pilule auprès des plus enthousiastes… 

The Occupation

5.6

Gameplay

6.0/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

5.5/10

Bande son

6.0/10

Finition

4.5/10

Les + :

  • Un scénario dystopique politique prenant
  • Quelques très bonnes idées
  • Un prix doux (30€)

Les - :

  • De nombreux bugs
  • Des traductions médiocres
  • Une réalisation d'un autre âge
  • L’intelligence artificielle des PNJ est inexistante
  • Chaque action exige trop d’étapes pour être réalisée