Un robot développé pour mener des entretiens d’embauche impartiaux est en cours de tests en Suède. Il est le premier spécimen du genre.

Et si les entretiens d’embauche étaient réalisés par une intelligence artificielle afin d’assurer une évaluation impartiale ? Un concept intéressant qui pourrait toutefois déranger les plus réticents à la technologie. Tengai, c’est le prénom du premier robot au monde à faire passer des entretiens d’embauche.

Il a vu le jour grâce à Furhat Robotics, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle et la robotique sociale, dans le cadre d’un projet de recherche mené au sein du KTH Royal Institute of Technology de Stockholm.

Actuellement en phase de tests en collaboration avec l’un des plus grands cabinets de recrutement de Suède, TNG, le robot Tengai est le résultat de quatre années de développement. Du haut de ses 41 cm, le robot arbore des traits humains. Il est capable d’imiter la façon de parler d’une personne ainsi que ses expressions faciales subtiles. Des aspects qui le rendent plus humain et donc moins effrayant pour les candidats qui passent l’entretien d’embauche d’après le scientifique en chef du projet, Gabriel Skantze.

L’objectif du projet est de pouvoir réaliser des entretiens d’embauche en évitant tous biais inconscients que des humains peuvent avoir malgré, parfois, leurs bonnes intentions. L’aspect humain est tout de même conservé par le fait que le robot imite notre comportement facial via son propre visage.

Pour le cabinet de recrutement TNG, collaborer avec le robot Tengai est l’occasion d’éviter les rejets de certains candidats basés sur des aspects non pertinents que les recruteurs ont inconsciemment. « Cela prend généralement environ sept secondes à quelqu’un pour faire une première impression et environ cinq à quinze minutes à un recruteur pour prendre une décision. Nous voulons contester cela », indique la directrice de l’innovation chez TNG, Elin Öberg Mårtenzon.

Mener des entrevues avec une intelligence artificielle permet d’éviter les préjugés sur le sexe, l’âge, l’appartenance ethnique, l’éducation, le physique ou même la fois. Les questions sont toujours les mêmes et sont formulées de la même manière aux candidats. Ensuite, les recruteurs reçoivent les retranscriptions textuelles des entretiens et se basent sur les réponses des candidats pour faire un choix. Une sorte de blind-test plus objectif.

Le projet est prometteur d’après Furhat Robotics et TNG, à tel point qu’une version anglophone est en cours de développement et pourrait être opérationnelle d’ici le début 2020. À terme, la startup espère développer une version assez sophistiquée pour que le robot soit capable de sélectionner tel ou tel candidat sans aucune intervention humaine.