Surfant sur le succès du colossal Monster Hunter World, God Eater 3 s’annonçait comme l’un des titres les plus séduisants de ce début d’année. Sorti depuis longtemps au Japon, le titre débarque avec quelques mois de retard Europe. Avec ce nouvel opus, l’éditeur japonais tente de séduire un nouveau public avec une aventure exigeante tout en restant accessible au plus grand nombre.

Pour atteindre son objectif, Bandai Namco propose le nouvel épisode de God Eater sur PS4 et Steam plutôt que sur PS Vita, comme à son habitude – logique en soi puisque la console est désormais officiellement “morte”. Et pour cette version européenne, les anglophiles profiteront d’une adaptation anglaise sous-titrée français.

Monstres divins et soldats d’élite

La licence de God Eater est née en 2010 sur PSP et a connu un véritable succès au Japon et ailleurs. Adaptée en manga et série, God Eater compte aujourd’hui 6 jeux vidéo (3 titres principaux et 3 remakes). La série nous plonge dans un futur post-apocalyptique où l’humanité court à sa perte. Une extinction due à l’apparition des “Oracle Cells”, des cellules vivantes qui ont peu à peu englouti les êtres vivants, les transformant en des créatures tordues et féroces, les Aragamis ou “dieux violents”.

La fin inexorable de notre civilisation a été ralentie grâce à une technologie capable d’incorporer les Oracles cells aux êtres humains. Désormais, les survivants capables de vivre avec ces parasites vouent leur existence à renverser les Aragamis, grâce à des armes surpuissantes, les God Arc.

Un avenir apocalyptique des plus sombres

Ce 3ème opus se révèle dès les premiers instants beaucoup plus sombres que les précédents. Les soldats d’élite que sont les God Eaters sont réduits à de simples armes de destruction chargés de repousser les monstres. Les mutations touchent désormais les plus jeunes, les Adaptative God Eaters. Des enfants-soldats pour lesquels les autres survivants n’ont aucune considération.

L’histoire principale se distille entre les cinématiques et les phases préparatoires, avant les missions. Enfermés dans des cellules, attendant les ordres pour aller tuer des Aragami, les tueurs de dieux sont réduits à l’esclavage dans un endroit sombre et lugubre, où les plus jeunes se meurent peu à peu. Si l’ambiance est parfaitement pesante, soulignée par une direction artistique des plus bels effets, les séquences où l’on doit discuter avec les différents PNJ restent quelque peu répétitives et lassantes.

God Eater 3 se veut accessible au grand public – heureusement pour nous, nous sommes justement néophytes à l’univers. Si la mécanique de jeu se révèle effectivement accessible grâce à une succession de missions extrêmement courtes à vocation tutoriel, l’histoire s’avère plus compliquée à pénétrer. Les tenants et aboutissants sont forcément moins essentiels pour un novice.

Des bases sans saveur

Emprisonné dans une salle avec d’autres mangeurs de dieux, notre héros pourra discuter avec les autres PNJ, mais également faire des allées et venues entre le terminal et le tableau de commande. Le premier lui sert à gérer son équipement, activer l’une ou l’autre compétence, fabriquer et améliorer des objets et découvrir des informations essentielles sur ce futur apocalyptique. Cette base de données rend donc accessible l’histoire de God Eater aux nouveaux venus, encore faut-il qu’ils se donnent la peine de lire la multitude de domaines (histoire, personnage, mécanique de jeu).

Le tableau de commande, quant à lui, permet de visualiser et d’accepter les missions. Passage obligé pour avancer dans l’histoire. Une mécanique qui persiste même lorsque les soldats d’élite échangent leur prison pour un vaisseau allié.

Dans l’idée de se rendre accessible, le début de l’aventure sera progressif avec une multitude de très courtes missions vouées à nous faire ingurgiter toutes les combinaisons de touches à connaitre pour venir à bout des Aragamis. Une succession de tutoriels indigestes qui sera véritablement compliquée à assimiler. La présence des commandes sur l’écran principale, en surimpression, rendra d’ailleurs les combats difficiles puisqu’ils inondent tout bonnement la visibilité.

Une fois passée cette étape pédagogique, les missions deviennent heureusement plus vastes et les ennemis plus intéressants à affronter. On quitte d’ailleurs la prison pour d’autres lieux, avec des personnages plus causants que le gardien.

Au fur et à mesure que l’aventure progresse, la difficulté ne fait que croître ce qui rend justice à la longue initiation des combats.

Explorations et massacres

Outre les cinématiques et discussions entre les personnages, God Eater 3 reprend le principe de base de ses prédécesseurs, à savoir la chasse aux monstres. Le joueur devra parcourir des sortes de mini-cartes afin de dénicher et massacrer les Aragamis, tout en récupérant quelques objets ici et là. Une aventure forcément limitée dans l’espace et dans le temps qui ne permettra pas au joueur d’explorer les environs comme bon lui semble.

Les différentes cartes se montrent toutefois particulièrement bien réalisées, avec un level-design intelligent. On regrette juste leur étroitesse.

Armes et attaques divines

Pour arriver à bout de ces super-monstres, les God Eaters pourront compter sur leurs armes tout aussi puissantes. L’aspect équipementset compétence tient une place importante dans le titre très orienté “hack et slash”. Il faudra choisir les armes et pouvoirs de ses personnages – on peut activer les compétences des coéquipiers du personnage principal – afin de les faire gagner en puissance.

Outre leurs compétences, les soldats pourront se reposer sur les Armes divines, infectées par les mêmes cellules divines que les monstres. Celles-ci se développent au fil des combats et des niveaux, devenant toujours plus monstrueusement grandes et impressionnantes. Épées ou armes à feu, les armes prennent forme avec une attention particulière pour les détails. En fonction des ennemis ou de sa stratégie de combat, le joueur pourra préférer le corps à corps ou la distance pour venir à bout de ses ennemis.

Les lames se révèlent particulièrement offensives, s’illustrant dans des chorégraphies d’attaques de grande envergure dont la vitesse d’exécution peut être préjudiciable. Pour ce qui est des armes à feu, là, c’est le verrouillage des ennemis qui se montre capricieux. Leur utilisation dépendra de la jauge de PO qui se vide rapidement. Il faudra alors taper sur les ennemis à l’épée pour récupérer des PO.

Outre les attaques physiques, le joueur pourra faire appel à une sorte de magie pour venir à bout des ennemis. Les armes, possédées par une force supérieure, permettent de faire appel à des entités magiques ou divines particulièrement efficaces.

Le joueur pourra également faire appel aux Arts de Salve. Ces attaques puissantes se débloquent au fur et à mesure de la progression et sont de trois types : sol, saut, aérien. Nombreuses et variées, elles changent en fonction des armes sélectionnées. Leur puissance augmente à chaque utilisation et mission. Pour les utiliser, il faudra préalablement remplir une jauge de cellules d’oracles absorbée par l’arme des God Eater en massacrant les Aragamis.

Tous pour un, un pour tous

Dans ce nouvel opus, les destructeurs de dieux devront affronter des Aragamis surpuissants, les Aragamis de cendre. Une nouvelle espèce de monstres difficile à venir à bout pour laquelle le mode coopératif se montre particulièrement utile.

Le mode en ligne est l’occasion de mettre à l’œuvre “la symbiose”, un enchantement qui permet de s’associer aux autres joueurs. Un lien qui augmentera la puissance des attaques de tous, mais qui demande d’abord d’avoir ses jauges au maximum.

En dehors de parcourir les cartes accompagnées d’autres joueurs et d’arriver plus facilement à venir à bout de certains boss, le mode coopératif est tout à fait ordinaire. En revanche, arriver à lancer une partie en ligne est bien plus extraordinaire vu la maigre communauté de joueurs que compte l’univers de God Eater…

Des textures difficilement compatibles

Le contexte post-apocalyptique futuriste se traduit parfaitement dans les différents environnements. Que ça soit lors des affrontements ou dans les endroits sûrs, l’ambiance est pesante et glauque. Les décors traduisent parfaitement un sentiment de désespoir accablant.

Une ambiance perturbée par les personnages hauts en couleur qui ne semblent pas du tout sortir du même univers que les décors. Les environnements sombres et déchirés semblent d’ailleurs être faits dans une autre texture que les personnages, ce qui peut amener le joueur à une certaine confusion.

Étant donné que Bandai Namco tente de séduire davantage le marché européen avec God Eater 3, le titre propose une version anglaise de ses personnages. Un bon point pour les anglophiles. Malheureusement, en dehors des cinématiques, les dialogues sont uniquement écrits ce qui est impacte fortement et négativement l’ambiance.

Par ailleurs, le fait que notre héros – ou héroïne – n’ait pas droit à sa propre voix est d’autant plus regrettable. Sa personnalisation poussée (sexe, couleur et coupe de cheveux, vêtements, expression du visage) arrive à peine à redresser la barre.

Conclusion 

Surfant sur le succès de Monster Hunter World, God Eater 3 s’impose comme un épisode très abouti pour la franchise de Bandai Namco, mais qui peine encore à séduire, la faute à un budget sans doute trop limité. La plupart des dialogues ne sont pas doublés, les zones de jeu sont très petites et graphiquement, le jeu est loin de nous décrocher la rétine, malgré une direction artistique inspirée. Partir à la chasse au monstre reste toutefois un véritable plaisir, seul ou en coopératif. Plus accessible que ses ancêtres, God Eater 3 réalise également un bond en avant côté réalisation – et pour cause puisque pour la première fois le titre a été développé pour une console de salon, et non pas une console portable. Les bases d’un solide jeu sont là. Reste à présent à voir comment la franchise évoluera à travers les prochains volets…

God Eater 3

7.4

Gameplay

8.0/10

Contenu

8.0/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

6.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Un gameplay très riche, des affrontements titanesques
  • Un scénario efficace
  • Jouable en coop
  • Des décors variés
  • Une direction artistique inspirée

Les - :

  • L’absence de voix en dehors des cinématiques
  • Des cartes de taille trop réduite
  • Peu de joueurs en ligne
  • Difficile de s'y plonger si vous n'avez jamais touché à un God Eater