Considérées autrefois comme un “marché porteur”, les montres connectées ont aujourd’hui bien du mal à séduire le consommateur, la faute en grande partie à l’inefficacité des constructeurs… Explications. 

C’est un fait, si les fabricants de smartphones se bousculaient il y a quelques années pour nous livrer de nouveaux modèles de montres connectées tous les six mois, c’est le calme plat aujourd’hui sur le marché des wearables. Plusieurs facteurs expliquent cette perte d’engouement.

Une autonomie désastreuse

Soyons clairs : si les consommateurs sont prêts à recharger chaque nuit leur smartphone, ils n’ont certainement pas l’envie de procéder de façon identique pour leur montre connectée… Et c’est un fait, aujourd’hui encore, la majorité des montres connectées disposent d’une autonomie désastreuse. La majorité des modèles tiennent un à deux jours tout au plus. Les chiffres le prouvent, la plupart des acheteurs rangent leur montre au placard un mois seulement après en avoir fait l’acquisition. Il suffit de faire un tour sur les plates-formes de ventes de deuxième main pour s’en convaincre : les montres connectées ont bien du mal à convaincre les acheteurs et leur autonomie n’y est pas pour rien.

Une espérance de vie très courte

Autre gros défaut des modèles connectés : une espérance de vie très courte liée à un cycle de mise à jour réduit. Vu le prix auxquelles elles sont proposées, les montres connectées n’offrent pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un bon retour sur investissement. N’espérez – de façon générale – pas les tenir plus de deux ans. Soit, parce que l’écran se sera fissuré, soit parce que le support logiciel se sera arrêté. Les propriétaires de la montre Pebble se reconnaîtront dans ce commentaire. Un an après la sortie de la dernière montre Pebble, le support s’arrêtait et il devenait impossible de télécharger applications et watchfaces. Et puis bien sûr, il y a la question de la batterie. Contrairement aux montres mécaniques, les modèles connectés sont alimentés par une batterie qu’il faut recharger et qui a par nature une durée de vie limitée dans le temps. Si celle-ci meurt au bout de trois ans, impossible de la réparer. Direction donc le magasin spécialisé pour lui trouver une remplaçante…

Une qualité de service déplorable

Vous aurez tôt fait de le remarquer : chaque OS a ses exclusivités et il est difficile de ne pas être déçu en achetant une montre connectée. Si vous venez de craquer pour la dernière montre de Fitbit par exemple, vous remarquerez ainsi très vite qu’il n’existe aucune appli Spotify compatible avec le système. Pour écouter de la musique, il vous faudra passer par Deezer. Quid si vous aimez Spotify? Il faudra changer d’abonnement et recommencer vos playlists. Même topo pour ce qui est des applis de fitness, de course ou des services. Avec les montres connectées, le consommateur n’est pas roi, il subit le diktat des développeurs et il doit donc effectuer une véritable étude de marché avant de passer à la caisse, pour s’assurer que les services qu’il utilise sont disponibles sur la montre qu’il prévoit d’acheter.

A cela s’ajoute un autre facteur qui a son importance : toutes les montres ne sont pas compatibles avec tous les modèles de smartphones. De manière générale, c’est souvent votre smartphone qui définit la montre que vous vous procurerez. Si vous disposez d’un iPhone, vous vous procurerez probablement une Apple Watch – parce que les modèles sous Android n’offrent pas des fonctionnalités étendues. Inversement, si vous avez un smartphone Android, vous ne pourrez par utiliser une Apple Watch… Le vice va même plus loin pour certaines marques de montres qui ne tournent qu’avec certains modèles de smartphones. Vous l’aurez compris : il faut faire très attention avant de craquer, sous peine d’avoir droit à une mauvaise surprise…