Après l’excellent Gwent, CD Projekt nous livre un second jeu de cartes inspiré de l’univers de The Witcher, qui propose cette fois de vivre une aventure passionnante tout en partant à la découverte de la Lyrie.

Les Polonais de CD Projekt n’en finissent plus d’étendre l’univers de The Witcher. Après l’excellent Gwent, qui permettait aux joueurs de The Witcher de s’affronter à travers le fameux jeu de cartes présent dans le troisième opus, le studio polonais nous livre un second jeu de cartes, qui reprend en grande partie les mécanismes de Gwent, mais ne propose toutefois cette fois qu’une aventure solo. Exit donc le multijoueur et place cette fois à un titre purement narratif, qui devrait combler les passionnés de jeux de cartes.

Car, n’ayons pas peur de le dire, Thronebreaker est une totale réussite. Tout d’abord parce que le jeu de CD Projekt ne se contente pas – comme d’autres – de proposer des défis sans aucun fil conducteur. Dans Thronebreaker, le joueur incarnera Meve, la reine de Lyrie et de Rivie, qui devra guider ses troupes face aux forces de Nilfgaard. Si le fil conducteur du jeu reste simple, Thronebreaker propose une aventure très riche sur le plan narratif, avec de nombreux dialogues à découvrir, des enjeux incertains et un jeu de pouvoir qui rappelle les meilleures saisons de Game of Thrones. La force du jeu, c’est de permettre au joueur de progresser selon ses désirs dans l’aventure. Chaque décision qu’il prendra impactera donc directement le scénario du jeu.

Mélangeant brillamment plusieurs styles de jeu, Thronebreaker propose de parcourir une vaste carte en incarnant directement la reine de Lyrie. L’approche est audacieuse pour un jeu de cartes, mais le concept fonctionne parfaitement, en grande partie grâce à la direction artistique audacieuse du studio, qui a choisi d’opter pour le cel-shading, en donnant à son jeu l’aspect d’un dessin-animé.

L’intégralité de l’aventure se déroulera donc de cette façon, le joueur contrôlant les déplacements de son personnage sur une vaste carte. Il pourra ainsi décider de récupérer denrées et or, qui lui permettront d’améliorer ses cartes et de se procurer de nouveaux éléments, de dialoguer avec les nombreux PNJ qui peuplent l’univers de Thronebreaker, et de décider des futurs affrontements.

Thronebreaker se permet même de lorgner un petit peu du côté du jeu de gestion et de stratégie en permettant au joueur de gérer ses ressources, de recruter de nouvelles troupes et d’aider la populace. Malheureusement, l’idée n’est que trop peu exploitée et son potentiel gâché par le manque d’ambition de CD Projekt, qui aurait probablement mieux fait de tirer un trait sur cet aspect. Rien de bien vilain en soi, mais on ne peut que penser que le jeu aurait pu être encore meilleur si cette composante avait été davantage travaillée.

S’il mélange différents styles de jeu, Thronebreaker reste avant tout un jeu de cartes. Le joueur passera de ce fait la plupart de son temps à affronter des ennemis à travers une série de défis variés qui lui permettront de récupérer de nouvelles cartes pour améliorer son deck. Si Thronebreaker n’offre pas une grande liberté de choix au joueur en ce qui concerne son deck, c’est parce que le jeu se veut avant tout un titre narratif. Le joueur aura certes la possibilité de crafter ses propres cartes et d’acquérir de nouvelles cartes tout au cours de l’aventure, mais CD Projekt n’a jamais eu l’ambition de créer un jeu de cartes à collectionner. A l’inverse, le jeu de CD Projekt se positionne davantage comme un jeu purement technique, dans lequel le joueur devra apprendre à maîtriser chacune de ses cartes et à créer des combos entre elles. Dans Thronebreaker plus que dans n’importe quel autre jeu de cartes, ce sont les synergies qui impacteront le plus le déroulement d’un combat. Ainsi, certaines de vos unités verront leur stats augmenter lors du déploiement d’autres forces sur le champ de bataille. Certaines cartes permettront également d’activer des compétences spéciales de certaines de vos unités. Autrement dit, il faudra du temps pour mémoriser les synergies entre les différentes cartes et en tirer parti.

Très techniques, les affrontements forceront le joueur à recommencer parfois plusieurs fois d’affilée le même combat pour progresser dans l’aventure, jusqu’à trouver la bonne combinaison. Si les habitués de Gwent apprécieront le challenge, il faut reconnaître que certains passages pousseront les joueurs les plus désinvoltes à lâcher le pad au bout d’une demi-douzaine d’essais. Thronebreaker aurait en ce sens gagné à proposer plus de combinaisons gagnantes – et de liberté dans son gameplay – pour se présenter comme un titre moins frustrant et moins casse-tête.

Loin d’être un simple copié-collé de Gwent, Thronebreaker n’hésite pas à bouleverser les mécanismes du jeu de cartes en adaptant régulièrement les règles du jeu, en multipliant ou réduisant les manches selon les scénarios et en changeant régulièrement le terrain de jeu, de sorte à ne pas enclaver le joueur dans certaines de ses habitudes. Les objectifs changeront également radicalement d’une mission à l’autre, un peu à la façon des missions solo d’Hearthstone. Au total, ce sont plus de 30 heures de jeu qui attendent le joueur. Inutile de le préciser, il y a largement de quoi s’amuser dans Thronebreaker.

Si le titre se destine à la base aux fans de The Witcher et de Gwent, Thronebreaker reste un titre stand-alone qui peut être parcouru sans devoir impérativement avoir joué à The Witcher ou Gwent précédemment. Le jeu de CD Projekt pourrait même se positionner comme une nouvelle porte d’entrée à l’univers de The Witcher pour les joueurs qui n’avaient pas encore testé l’un des titres de CD Projekt.

Comme les autres productions du studio, Thronebreaker a droit à une réalisation de haute volée, avec une bande sonore calquée sur celle de The Witcher, des doublages intégraux et une réalisation graphique digne d’une grosse production. Certes, il s’agit d’un “simple jeu de cartes”. La direction artistique lui confère toutefois un charme unique. CD Projekt a également apporté un soin tout particulier aux animations et aux “champs de bataille”, qui remplacent ici les traditionnelles tables de jeu, rencontrées dans la plupart des jeux de cartes.

Conclusion

Plus qu’un simple jeu de cartes, Thronebreaker séduit par la richesse de son gameplay, la complexité de ses affrontements et le charme de son univers. Spin-off de The Witcher, le jeu de CD Projekt mélange brillamment plusieurs genres. S’il reste avant tout un jeu de cartes très technique, Thronebreaker soigne sa dimension narrative, avec son scénario inédit, intégré à l’univers de The Witcher, qui tiendra les joueurs en haleine durant plus de 30 heures, et lorgne du côté du jeu de rôle avec ses séquences d’exploration en 3D et ses nombreux dialogues. Explosif, le cocktail a le mérite d’être très rafraîchissant. Sa direction artistique brillante, sa réalisation de haute volée et sa bande sonore d’exception lui confèrent également une identité unique, que de nombreux concurrents ne pourront que lui envier… Parfait complément à Gwent, Thronebreaker est un jeu absolument incontournable pour tous les passionnés du genre et les fans de The Witcher.

Thronebreaker : The Witcher Tales

8.3

Gameplay

9.0/10

Contenu

8.5/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

8.0/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Un gameplay riche et bien pensé
  • Une durée de vie extraordinnaire pour le genre
  • Un mélange de genres réussi
  • Un scénario réussi
  • Des cartes superbes et de jolies animations

Les - :

  • Les séquences "RPG", qui ne plairont pas à tout le monde
  • La difficulté, parfois trop corsée
  • Quelques idées mal intégrées