Brawlout vient marcher sur les plates-bandes de Super Smash Bros. et tenir tête à un mastodonte est un défi de taille. Ses développeurs veulent proposer une alternative à ce genre bien spécial, lancé par Nintendo il y a maintenant plus de 18 ans.

Développé par le studio Angry Mob Games, Brawlout est un jeu indépendant que l’on comparera très rapidement à la série des Super Smash Bros de Nintendo. Beaucoup plus ambitieux que les précédents projets du studio roumain (des titres mobiles), Brawlout était attendu au tournant comme l’un des challengers de la rentrée…

Les jeux figurant sur le marché de ce genre bien spécifique de jeux de combat sont de plus en plus nombreux, raison pour laquelle il est d’autant plus important de proposer une expérience différente et particulière afin de se démarquer.

Pour ses développeurs, Brawlout est un Party Fighting Game, c’est-à-dire qu’ils veulent permettre à tout un chacun de pouvoir s’amuser, sur un jeu simple et accessible et c’est la sensation que nous avons dès les premières minutes de jeu. La prise en main est directe mais il est toutefois nécessaire de passer par la case tutoriel, car les quelques particularités du jeu ne sont elles pas si simples à comprendre.

Le gameplay de Brawlout est simple et nous pouvons même nous permettre de dire qu’il en est même minimaliste, sans toutefois garantir une maîtrise aisée pour les personnes qui ne sont pas expérimentées. De plus, il est un peu trop facile d’en venir à utiliser un même coup à la suite ou une capacité particulière de manière excessivement répétée, tellement les possibilités de varier sa manière de jouer sont faibles, malgré un choix relativement large de personnages.

En parlant personnages, Brawlout peut donner l’impression de proposer une palette assez étendue, mais parmi les 24 personnages disponibles, plusieurs d’entre eux ne sont que des dérivés, réduisant ce nombre à seulement 9 personnages originaux en comptant les héros empruntés à d’autres séries emblématiques, comme Yooka Laylee – ou, dans un futur DLC, Dead Cells.

D’ailleurs, débloquer ces personnages dérivés, pour ne pas dire clonés, demandera du temps sans forcément apporter une relative fraîcheur. Pire, il sera même demandé pour certains d’entre eux d’upgrader sa version du jeu pour la Deluxe, ajoutant au passage différents modes de jeux, mais nécessitant de payer 10€ supplémentaires.

En termes de personnages invités, il est possible de retrouver le Drifter, provenant du sulfureux Hyper Light Drifter, Juan Aguacate, issu de Guacamelee! ainsi que Yooka provenant du jeu éponyme. Il est à noter que viendra se rajouter le personnage principal du fameux metroidvania, Dead Cells, cet automne, et ce gratuitement !

Question mode de jeux, nous retrouvons ici les standards avec la possibilité de jouer en solo face à l’intelligence artificielle du jeu, un mode Party multijoueurs, un autre pour jouer en ligne et un mode arcade. Ce dernier, également qualifié de mode tour, est ce qui s’apparente le plus à un mode histoire et dont le but est le plus simple : gagner tous les combats à la suite. La narration quant à elle, ne se résume qu’à quelques lignes de dialogues entre chaque combat. Une fois victorieux, notre maigre récompense ne se résume qu’à quelques lignes de dialogue supplémentaires agrémentées de plusieurs images.

Pour ce qui est du jeu en ligne, les opposants se font rares et il faut généralement s’armer de patience pour trouver un adversaire. Cela peut ne durer que quelques minutes, mais il n’est pas rare de devoir attendre plusieurs dizaines de minutes pour enfin croiser un joueur. Fort heureusement, les développeurs ont eux la riche idée de laisser la possibilité de jouer face à l’IA du jeu lors de cette (trop longue) attente. Une fois un adversaire trouvé il ne restera plus qu’à espérer que la qualité de la connexion soit au rendez-vous, ce qui est à priori loin d’être chose aisée malgré une connexion en très haut débit fibrée.

Concernant le mode de jeu principal de Brawlout, le mode Party, il est possible de jouer jusqu’à 4 joueurs qui sont remplaçables, si on le désire, par l’lA du jeu. On retrouve dans ce mode la possibilité de jouer chacun pour soi ou en équipe ainsi que d’autres paramétrages très classiques, comme la possibilité de jouer en ayant un certain nombre de vies, ou un compte à rebours ou les deux en même temps.

La seule réelle originalité est apportée par le contenu du mode Deluxe avec les modes : Ceinture en or, Mort subite, Coup secret et Épidémie. Ce contenu supplémentaire apporte une bonne dose de fun, mais peine à justifier la dizaine d’euros supplémentaires au jeu. Ces différents modes de jeux devraient même faire partie du jeu de base tellement il est rapide de se lasser du titre.

Au niveau des graphismes, le jeu est simple, mais toutefois soigné malgré des ombrages un peu trop grossiers, limitations techniques de la version console obligent. Les terrains de jeux sont relativement satisfaisants graphiquement parlant, mais reste eux aussi simplistes et ne permettent pas d’ajouter une diversité au gré des différentes parties, malgré quelques trop rares interactions et se limitant qu’à de petites destructions.

D’ailleurs il faudra s’armer de patience lors de chaque début ou fin de partie, car les temps de chargements sont longs et récurrents et il n’y a aucune possibilité d’en esquiver la présence répétée. Il aurait été apprécié de retrouver la possibilité d’enchaîner les parties avec les mêmes réglages afin de les éviter. On reste donc sur une impression globale mitigée et l’envie de vouloir jouer de manière régulière au jeu est vite remise en question, tellement on fait vite le tour des possibilités que nous réserve le titre d’Angry Mob Games.

Les + :

– Gameplay accessible
– Techniquement propre
– Graphismes soignés
– Direction artistique cohérente
– Roster de personnage éclectique
– Certains DLC gratuits

Les – :

– Tarif élevé
– Gameplay trop limité
– Contenu pauvre
– Personnages clonés
– Cartes peu originales
– Multi en ligne à revoir
– Chargements longs et répétés
– DLC Deluxe onéreux

Conclusion

D’apparence sympathique, Brawlout est au final plutôt décevant sans être toutefois désagréable manette en main. Sa réalisation reste propre sans atteindre des sommets et manquera rapidement de profondeurs aux yeux des joueurs les plus acharnés. Son contenu rachitique ne donnera pas forcément l’envie d’y rejouer de nombreuses fois et son tarif en freinera probablement plus d’un. Dommage, car sur le papier le titre avait de nombreux atouts et avec une meilleure réalisation et plus de contenu, il aurait pu en contenter plus d’un.

11/20