Disponible depuis le mois de septembre 2017 en accès anticipé sur PC, le dernier jeu du studio belge Larian Studios débarque enfin sur consoles dans une version “définitive” qui embarque les derniers correctifs et ajouts. L’occasion de faire le point sur ce nouvel incontournable du jeu de rôle. 

Il faut l’avouer, l’industrie du jeu vidéo belge n’est pas vraiment florissante. Seuls les Gantois de Larian Studios semblent tirer leur épingle du jeu avec la franchise “Divinity”.

Enorme succès commercial, Divinity : Original Sin a logiquement conduit le studio à lancer le développement d’une suite, elle aussi financée sur la plate-forme de crowdfunding Kickstarter. Au total, les développeurs étaient ainsi parvenus à récolter plus de 2 millions de dollars sur la plate-forme de financement participatif – soit 4 fois plus que la somme que le studio belge cherchait à collecter.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les développeurs ne se sont pas reposés sur leurs lauriers! Loin d’être une simple suite, Divinity : Original Sin 2 ose innover, malgré l’excellence de son ainé.

Tout d’abord, au niveau de son scénario. Exit la chasse aux mages et le rôle de “bad guy” dans cette suite, qui inverse les rôles en plaçant le joueur dans la peau d’un mage traqué, capturé et mis derrière les verrous. L’aventure débutera ainsi à bord d’un gigantesque navire. Transformé en simple esclave, votre personnage devra tenter de survivre à l’attaque d’un gigantesque kraken.

Là où les développeurs de Larian font très fort, c’est justement dans l’approche très ouverte du genre. Car dans Original Sin 2 plus que dans n’importe quel autre jeu de rôle, les choix que vous ferez durant l’aventure influenceront vos futures interactions. Durant la première heure de jeu, le joueur pourra ainsi choisir de sauver certains passagers ou de fuir, auquel cas il sera traité comme un scélérat durant plusieurs heures de jeu, par les rescapés. Dans Original Sin 2, votre réputation vous précède et il est donc très important de choisir judicieusement le chemin à emprunter…

Riche en rebondissements, le scénario d’Original Sin 2 ne déçoit pas. Les quêtes sont nombreuses, le scénario beaucoup plus riche et sombre que dans les autres titres du genre et le joueur pourra incarner au total pas moins de 6 personnages différents, qui ont tous droit à une histoire différente. Le travail d’écriture est titanesque et Larian nous prouve une fois encore que Divinity n’a rien à envier à un Elder Scrolls au niveau de son univers.

Là où Larian fait très fort, c’est qu’en plus d’être un titre narrativement très riche, Original Sin 2 est également un véritable régal ludique. D’entrée de jeu, on remarquera ainsi l’immense liberté qui est laissée au joueur, tant dans les embranchements scénaristiques que dans la création de son personnage. Il lui sera ainsi possible de personnaliser son personnage dans les moindres détails, de son apparence à ses talents. Cette immense liberté, on la retrouve jusque dans la progression dans l’aventure principale. Le joueur pourra ainsi opter pour l’approche de son choix pour la résolution d’une énigme, ou d’une situation délicate. Chaque situation a au moins 3 à 5 solutions envisageables. De la manière forte à la manière douce, en passant par la manipulation d’individu, l’infiltration ou la perfidie. Vos choix seront toutefois la plupart du temps définis par les compétences boostées, qui impacteront fortement vos chances de réussite.

Proche d’un Diablo-like dans sa prise en main, Original Sin 2 se démarque toutefois de son modèle à bien des égards. Car si la prise en main reste relativement similaire à Diablo pour les séquences d’exploration et les dialogues, les combats sont eux calqués sur les J-RPG, avec un système de combat au tour par tour d’une richesse surprenante. Techniques, les affrontements nécessiteront une étude approfondie du terrain. Car pour remporter la partie, le joueur devra parvenir à tirer parti de son environnement, en plaçant par exemple l’un de ses personnages en hauteur pour arroser de carreaux ses adversaires. On notera au passage que la présence de compagnons d’aventure ajoutent un peu plus de richesse encore à un gameplay déjà bien fourni, qui passionnera les amateurs de RPG old-school. Mais le véritable talent de Larian, c’est justement de moderniser une recette déjà bien éprouvée avec des affrontements nerveux et très techniques.

Original Sin 2 fait également la part belle aux combos. Le joueur pourra ici laisser libre cours à sa créativité en créant des combinaisons meurtrières avec plus de 200 sorts différents à exploiter dans les affrontements. La multitude des classes, le bestiaire varié et la diversité des décors ne fera que rendre l’aventure plus passionnante.

Pour le dompter, il faudra toutefois être patient. Original Sin 2 fait partie de ces jeux qui ne montrent leur vrai potentiel qu’après de nombreuses heures de jeu. L’atout de Larian, c’est d’avoir rendu le début de l’aventure tout aussi passionnant que la suite et de proposer à un joueur de coopérer avec des amis à travers l’aventure. Original Sin 2 est en effet l’un des rares RPG à proposer un mode coop en bonne et due forme – en local ou en ligne!

Mieux encore, Larian introduit avec ce volet un nouveau mode multijoueur – Arena – qui propose des affrontements entre joueurs. Si celui-ci ne représente pas le cœur du jeu, il représente un joli ajout par rapport au premier volet et vient encore enrichir davantage en contenu un titre déjà très riche…

Pratiquement irréprochable au niveau de sa prise en main, riche en contenu et délicieusement technique, Original Sin 2 s’impose également comme un titre parfaitement au poil techniquement, avec une bande son très riche et une réalisation graphique solide. Certes, il ne sera pas rare de croiser quelques bugs et certes, Original Sin 2 ne rédéfinit pas quoi que ce soit – mais il n’en reste pas moins un titre très joli à l’ambiance sonore travaillée. La diversité de ses décors, ses effets de lumière soignés, son atmosphère travaillée en font un titre très agréable à parcourir, seul ou à plusieurs.

Les + :

– Une durée de vie faramineuse (+ de 60h!)
– Une réalisation solide
– La qualité d’écriture
– Jouable seul ou en coop (jusqu’à 4)
– Le mode Arène
– Des combats très techniques
– Un univers riche à explorer
– La difficulté au rendez-vous

Les – :

– La bête nécessite d’être domptée…
– Quelques bugs
– Le journal de quêtes, pas toujours très lisible

Conclusion

Pratiquement irréprochable, tant au niveau de son contenu que de sa réalisation, le nouveau jeu de Larian Studios est un titre absolument incontournable pour tous les amateurs de jeux de rôle. Son univers très riche, sa durée de vie extraordinaire, son système de combat technique à souhait, la présence d’un mode coop et sa qualité d’écriture en font un monument du jeu vidéo, à côté duquel les amateurs du genre ne pourront passer. Attention toutefois, il faudra y consacrer bon nombre d’heures pour en voir la fin…

18/20

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