Il se présente comme la suite spirituelle de “Planescape: Torment” et se dénomme “Torment : Tides of Numenera”. Les RPG old-school ont la cote et le studio InXile compte bien en profiter avec ce nouveau soft.

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Les RPG old-school reviennent sur le devant de la scène depuis quelques années avec des titres comme Divinity : Original Sin ou encore Pillars of Eternity. Ils ont en commun la vue isométrique, des scénarios aboutis et un univers riche. Parmi ces jeux, on retrouve Torment : Tides of Numenera qui souhaite être considéré comme le digne successeur de Planetscape : Torment, un titre sorti en 1999 et encensé par les critiques.

Ce nouvel opus (sorti sur PS4, Xbox One et PC), s’il se classe dans la catégorie “RPG old-school”, se démarque tout de même de la concurrence, notamment par la présence de milliers de lignes de dialogues donc chacune peut avoir un impact sur la suite des événements.

Jouer et lire : une combinaison gagnante

Dès les premières minutes de jeu, le ton est donné : le joueur se retrouve face à un écran noir dans lequel est incorporée une zone de texte. Les lignes de dialogues s’enchaînent et la seule manipulation à effectuer est de choisir ce qu’on l’on désire réaliser. L’opération n’est pas à prendre à la légère puisque chaque choix de dialogues ou d’action aura des conséquences dans Torment. Le simple fait d’ignorer une quête peut modifier l’histoire du monde qui vous entoure, là où dans un autre jeu, il est possible d’y revenir plus tard sans qu’il n’y ait de conséquences pour le background de vos personnages.

Pour preuve, les premiers choix à effectuer auront un impact sur la personnalité et les capacités de votre personnage. A ce propos, il existe trois classes déterminées : le Glaive qui occupe le rôle du guerrier, le Nano qui fait office de mage et enfin, le Jack qui présente des caractéristiques équilibrées.

Quand le joueur aura choisi ce qu’il veut être et quelles seront ses premières compétences, il se retrouvera après un tutoriel assez court dans la première ville du titre : Sagus.

Très vite, le joueur apprend qu’il est un reliquat d’un être mystique appelé “Dieu changeant”. Ce dernier est parvenu à devenir immortel en s’appropriant des corps humains. Et vous êtes l’un d’eux. Lorsque votre créateur n’a plus eu besoin de vos talents, il a laissé tomber votre corps comme une coquille vide. Votre mémoire vous fait défaut et vous partez donc à la recherche d’éléments qui pourraient vous aider à répondre à la question : “Qui suis-je ?” Autrement dit, le titre est un prétexte à une véritable quête d’identité qu’il faudra acheminer en parcourant bien des lieux.

Un background captivant

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Se balader dans une ville du soft constitue un véritable régal : chaque personnage secondaire à quelque chose à dire et la plupart ont une histoire à raconter. Tout cela crée un univers riche dont on veut toujours en apprendre plus. Que ce soit la cité en elle-même, le pouvoir en place ou une communauté précise d’individus, tout dans ce soft pousse le joueur à discuter encore et encore avec les PNJ. Et quel régal : les développeurs d’InXile ont accompli un travail remarquable sur les textes et sur la cohérence de l’univers de leur jeu.

Entre heroic-fantasy et science-fiction, le monde de Torment : Tides of Numenera mettra des aliens, des adeptes de la magies, des robots, des mutants, etc. sur la route du héros sans que jamais le joueur n’ait l’impression que l’un d’eux n’ait rien à y faire. De plus, il est possible de constituer une équipe et donc, en réalisant les bons choix, d’être accompagné par des PNJ rencontrés en cours d’aventure.

Par exemple, lorsqu’une petite fille est à la merci d’un kidnapping, vous pourrez choisir de ne pas vous en mêler, de tuer directement votre opposant, de persuader votre ennemi de rebrousser chemin, de le payer… Ensuite, si vous avez pris le parti de la fille en question, rien ne vous empêche de l’intégrer à votre équipe. Un personnage de plus représentera une aide utile notamment lors des combats.

Ces derniers sont assez rares puisqu’il est possible de les éviter du premier au dernier grâce aux dialogues. A ce propos, les combats en tant que tels sont très classiques : lancer un sort, une attaque physique ou encore un cypher (un objet à usage unique). Néanmoins, deux particularités viennent s’immiscer dans les joutes. Tout d’abord, il est possible de discuter avec l’ennemi au milieu d’une confrontation afin de le persuader qu’il existe une autre solution. Ensuite, les personnages peuvent interagir avec le décor grâce à des points de puissance, de dextérité et d’intelligence.

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D’ailleurs, ces fameux points devront être utilisés tout au long de l’aventure : si le reliquat que vous contrôlez croit avoir déjà vu la machine qui se situe en face de lui, il peut tenter de s’en rappeler en faisant appel à sa mémoire, pour ce faire il devra user d’un point d’intelligence. Quand une autre situation vous demandera de déplacer un obstacle, vous pourrez dépenser des points de puissance. Cet usage doit être réfléchi car les points, dont la réserve augmente avec votre expérience, sont limités en nombre et en profiter n’est pas pour autant synonyme de succès. Et encore une fois, la réussite ou la défaite de votre entreprise influera sur le monde qui vous entoure.

Un monde qui d’ailleurs est régi par des flux dominants dont chacun dépend de vos actions et choix de dialogues. Par exemple, le rouge signifie que la tendance est celle des passions, de l’émotion ou de la prise de décision directe. Précisons que si les conséquences résultant des dialogues sont perceptibles, celles liées aux flux restent tout de même assez mineures. Dommage puisque les changements de flux sont souvent portés à l’attention du joueur comme si toute l’histoire allait s’en retrouver impactée.

Quelques défauts l’éloignent du statut de “hit”

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Torment n’est malheureusement pas parfait et certaines lacunes l’empêcheront de prendre la place de Planetscape Torment dans le cœur des fans.

Ainsi, si les graphismes, sans pour autant révolutionner le genre, sont d’assez bonne facture, plusieurs bugs viennent malheureusement ternir l’expérience de jeu. Lors de ce test sur PS4, la séquence d’introduction a permis d’observer de nombreux ralentissements. Un autre bug (une interaction que ne se déclenchait pas lors du tout premier combat) nous a obligé à relancer la console et à recommencer à zéro notre aventure. Néanmoins, hormis l’un ou l’autre petit ralentissement, nous n’avons plus rencontré de problèmes de ce type après la fin de la séquence d’introduction.

Concernant les animations, le moins que l’on puisse dire est que les villes visitées vivent : concrètement, chaque personnage vague à ses occupations et ne s’arrête que pour vous répondre ou interagir d’une façon ou d’une autre avec vous.

Côté sons, là aussi, on aurait aimé un meilleur traitement. La bande-sonore et l’ambiance sont ordinaires et ne font ni partie des points forts du jeu, ni des points faibles.

Néanmoins, malgré ces quelques défauts, Torment : Tides of Numenera devrait combler les fans de RPG old-school durant une bonne trentaine d’heures de jeu durant lesquelles ils se plairont à en apprendre plus sur un univers soigné et plein de secrets.

Les + :

– Un univers riche
– La plupart des quêtes annexes sont captivantes
– Les choix qui impliquent de nombreuses conséquences
– Une histoire fouillée et très prenante

Les – :

– Un peu court pour le genre RPG
– Des combats trop classiques
– Des bugs grossiers et évitables
– Une bande sonore assez fade

Conclusion

Torment : Tides of Numenera contentera à coup sûr tous les fans de RPG old-school avec son univers mêlant fantastique et science-fiction, ses personnages au background fouillé et surtout les multiples opportunités d’influencer l’histoire du monde dans lequel évolue le héros. Ce dernier justement est au cœur d’une histoire intrigante : reliquat d’un immortel du nom de “Dieu changeant”, il est en quête de son identité. Son épopée lui fera rencontrer bon nombre de PNJ qui auront tous à cœur de participer à la quête principale via de nombreux dialogues. Malheureusement, le jeu n’est tout de même pas parfait. A cet égard, on notera les quelques bugs présents sur les versions consoles ainsi que les combats jugés trop classiques. Dommage car ces quelques points négatifs l’empêchent d’être le hit tant attendu par tous les adeptes de Planetscape Torment. Cependant, ces derniers auraient tort de ne pas s’y essayer tant ce nouvel opus a des arguments à faire valoir.

15/20