Très attendu, The Last Guardian a intrigué bon nombre d’observateurs via ses trailers, et à raison, puisque le titre propose un concept original en comparaison de ce que l’on trouve habituellement sur le marché.

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Un jeune enfant se réveille dans un temple en ruine. A ses côtés, une créature dont on dit qu’elle est “mangeuse d’hommes”. Dès les premières secondes, l’univers envoûte le joueur. Autrement dit, aucun doute possible : The Last Guardian est bien l’oeuvre de Fumito Ueda. Cet homme à qui l’on doit les affrontements contre de gigantesques colosses dans Shadow of the Colossus ou encore la fuite émouvante d’une forteresse des deux protagonistes de Ico. En d’autres termes, Ueda est un artiste qui a laissé son empreinte sur PS2 et PS3 grâce aux deux opus précédemment cités. Est-ce encore le cas avec ce nouveau jeu vidéo ?

Un univers envoûtant

Que ce soit dans Ico ou dans Shadow of the Colossus, il y a des caractéristiques que l’on retrouve dans tous les jeux de Fumito Ueda et elles sont toutes relatives à l’univers que ce dernier dépeint. Dans cet ordre d’idée, la bande-son joue parfaitement son rôle. Tantôt, une mélodie viendra accentuer l’immersion, tantôt, c’est le silence qui enveloppera le joueur. Dans ce dernier cas, seul le bruit des pas du personnage seront perceptibles.

Concernant ce dernier, le héros qu’il nous est offert de contrôler est un jeune enfant. Sa démarche est hasardeuse et ses mouvements sont particulièrement bien pensés. Vous n’incarnez pas Lara Croft ou Nathan Drake et ça se voit : le jeune enfant risque de trébucher lorsqu’il court, il éprouve des difficultés à se mouvoir sur une corniche… Soit encore un élément qui renforce l’univers poétique dans lequel le personnage évolue.

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D’ailleurs, toujours en ce qui concerne l’environnement, le joueur se rendra compte que les développeurs ont une nouvelle fois mis à l’honneur d’immenses architectures. A tel point que lorsque vous vous retrouverez en haut d’un pilier par exemple, le vide qui vous entoure n’en sera que plus imposant. Mais n’ayez crainte, vous ne tomberez pas facilement puisque vous n’êtes pas seul.

En effet, vous êtes accompagné de Trico. Une créature ailée que vous trouverez endormie à vos côtés au tout début du jeu. Après lui avoir enlevé ses entraves, elle deviendra votre compagnon de voyage. Le jeu se base donc sur nos deux compères et la relation qui les unit devient très vite le principal intérêt du soft.

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Vous courez de couloirs en salles quand, soudain, un mur vous empêche de continuer. Le héros devra monter sur le dos de Trico qui, d’un bond, vous fera passer de l’autre côté du mur qui vous bloquait le passage quelques instants plus tôt. La complicité des deux protagonistes est donc essentielle dans ce jeu. D’ailleurs, on constate rapidement qu’un travail d’envergure a été réalisé sur ce point. Dans les faits, la bête gémit quand elle est se retrouve bloquée, elle passe la tête par un trou pour vous observer quand vous en êtes séparé, penche la tête sur le côté quand elle est étonnée… En d’autres mots, elle réagit comme… elle le devrait ! Mais, il y a un “mais”.

Vous devrez lui donner des ordres : la direction qu’elle doit prendre, où elle doit s’asseoir, etc. Si la plupart du temps, il ne faudra que quelques secondes pour passer à la prochaine étape du titre, cette phase sera bien plus compliquée lorsque Trico se refusera à obtempérer. Effectivement, il s’agit de l’un des points négatifs de The Last Guardian. L’intelligence artificielle de Trico n’est pas au point et il faudra parfois se montrer persévérant et passer de longues minutes à pousser la créature à exécuter l’ordre demandé. Une chance que ce souci ne se répète qu’à quelques rares reprises tout au long de l’aventure.

Une histoire qui se vit

Mais l’aventure justement, quelle est-elle ? On comprend très vite que le jeune héros cherche une sortie afin de rejoindre son village. Trico, quant à lui, se lie d’affection pour le protagoniste central et le suit comme un animal dévoué.

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Côté scénario, seule la voix off vient rythmer l’histoire. Elle correspond aux pensées du héros et prend le ton d’un conteur. Autrement dit, la voix raconte et c’est par ce biais que le joueur aura quelques indices afin d’évoluer dans le dédale de couloirs et de pièces des différents temples qui constituent l’environnement du titre. D’ailleurs, cette aide n’est pas toujours nécessaire puisque le soft n’offre pas un challenge des plus relevés. En effet, on retrouve très peu d’énigmes. L’objectif est, tout simplement, de trouver le chemin par lequel se faufiler pour avancer dans la prochaine pièce. A cet égard, signalons que quelques bugs (un objet pas à la bonne place par exemple) et des problèmes de caméra viendront ralentir la progression mais jamais, ces soucis ne vous empêcheront d’atteindre votre objectif.

Précisons que le jeu a mis beaucoup de temps à sortir. Sans cesse repoussé, son développement ne fut pas simple. Bien au contraire. D’ailleurs, cela se ressent quelque peu sur les graphismes affichés. Le titre ne pousse pas la console dans ses derniers retranchements et certaines textures observées de près affichent un rendu assez pauvre. Dans cette optique, il est préférable d’y jouer sur PS4 Pro que sur PS4.

Alors oui, pour évoluer dans The Last Guardian et en voir le bout (comptez une grosse dizaine d’heures), il faut comprendre ce en quoi consiste le jeu. Loin des standards vidéoludiques habituels, cette oeuvre offre une bouffée d’air frais au marché du jeu vidéo. Preuve en est encore avec les affrontements : le héros ne combat pas. De fait, pour vaincre ses opposants, il devra appeler Trico qui les détruira d’un coup de patte. Ce sont tous les ingrédients qui composent le titre qui nous font dire qu’il est à réserver à un public à la recherche d’originalité.

Les +

  • la relation qui se construit entre les deux protagonistes centraux.
  • La bande son magistrale.
  • L’univers envoûtant.
  • Le comportement de Trico qui fait sans cesse penser à celui d’un véritable animal.

Les –

  • Les problèmes de l’intelligence artificielle de Trico.
  • La caméra pas toujours au point.
  • Quelques rares bugs assez ennuyeux.

The Last Guardian est à réserver à un public averti. Non pas pour une violence accrue mais plutôt pour son côté original. Autrement dit, les fans de vitesse et d’action n’y trouveront certainement pas leur bonheur. Ici, le jeune enfant qui fait office de héros devra, avec son compagnon Trico, trouver son chemin au sein des temples qui l’entourent. Si quelques bugs se répètent tout au long de l’aventure, il s’avère finalement qu’ils sont mineurs en comparaison du nombre de points forts que présente le titre.
Fumito Ueda a une nouvelle fois réussi à offrir aux joueurs une oeuvre dont il serait réducteur de considérer uniquement comme un énième jeu vidéo. La gestuelle du héros, les réactions de Trico, les sons et la musique… Tout contribue à absorber le joueur dans un univers dont il est complexe de ressortir.

16/20

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