Ils sont peu nombreux les jeux dont l’action prend place au Moyen Âge et qui misent sur le réalisme. C’est pourtant le cas de Mount & Blade, une série méconnue du grand public.

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Pas de magie et de créatures fantastiques dans Mount & Blade Warband ! En effet, le réalisme est de mise. Le joueur devra donc se contenter d’armes blanches et de jet pour partir à la rencontre de son destin ! C’est un résumé très succinct de ce que propose la saga des Mount & Blade. Cette dernière est l’oeuvre d’un petit studio indépendant situé en Turquie, “TaleWorlds Entertainment”. Fondée en 2005, cette boîte a commercialisé son premier jeu, Mount & Blade, trois ans plus tard. Il s’avère que la série connaît depuis lors un succès important, toutes proportions gardées. Aujourd’hui, la communauté est telle que le studio propose le portage d’une de ses galettes sur PS4 et Xbox One, à savoir Mount & Blade Warband.

Pas d’objectif ? Choisissez-en un vous-même !

On lance le jeu et le… texte apparaît. Effectivement, dans Mount & Blade Warband, il n’y a pas de cinématique d’introduction. A la place, un texte au cours duquel il vous est demandé de faire des choix. Vous opterez donc d’abord pour la région qui vous a vu naître. Ensuite, vous devrez définir vos origines. Avez-vous été le page d’un seigneur ? Ou plutôt un apprenti dans une forge ? Ou encore un étudiant dans une université ? Il est d’ailleurs déconseillé de prendre ces options à la légère puisque tous vos choix amèneront leur lot de conséquences. A ce propos, le jeu n’hésitera pas à vous prévenir : des origines nobles réduiront la difficulté et  à l’inverse, être de sexe féminin vous compliquera la tâche.

La deuxième étape demande au gamer de passer par un tutoriel. Celui-ci est très court et consiste en un entraînement au combat : épée, arbalète et lance sont donc au menu de cette initiation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ressent la volonté des développeurs de miser sur le réalisme. Dans les faits, tournez le joystick à droite pour parer à droite, tournez l’autre à gauche pour frapper à gauche, etc. Bref, après votre apprentissage, l’aventure commence et le joueur se retrouve sur une immense carte !

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Et c’est là, le premier point faible du jeu : si le soft propose une variété conséquente d’activités distillées au sein de villages et de château, il est assez complexe d’aborder le titre. De fait, la patience est de rigueur ! Concrètement, lorsque l’on commence une partie, aucun objectif n’est à atteindre. C’est au joueur de choisir ce qu’il veut faire et ce qu’il veut devenir. Autrement dit, on ne retrouve pas de scénario mais un ensemble de quêtes qui influeront sur le monde. Pour ce faire, vous devrez discuter avec des PNJ qui, via de nombreux dialogues, contribueront au background de l’univers qui vous entoure.

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Par exemple, un marchand vous demandera de réunir des volontaires pour protéger son village. Vous devrez donc partir dans d’autres lieux afin de réunir ces personnes. Cependant, ces dernières vous demanderont de l’argent en retour. Argent qui vous gagnerez en accomplissant d’autres quêtes. Il vous faudra alors choisir : attaquer des villages en tant que bandit ou vous forger une noble réputation. La première option vous permettra d’obtenir de l’argent plus vite mais la seconde vous offrira l’opportunité de vous approcher d’individus d’un rang plus haut que le vôtre. Et bien oui, n’espérez pas marier la fille d’un riche seigneur sans vous être bâti une sérieuse réputation dans son royaume ! Ensuite, il ne vous restera plus qu’à augmenter les caractéristiques de votre personnage, en plus de sa notoriété, pour partir à l’assaut de châteaux en passant par des combats assez palpitants.

En d’autres mots, les possibilités offertes par le soft expliquent à elles seules comment Mount & Blade a réussi à fédérer une importante communauté de joueurs. Cependant, c’est l’entrée abrupte dans le jeu qui en repoussera beaucoup d’autres. Ceux-ci auront l’impression d’être projetés un peu trop vite dans un titre où ils auraient préféré être un peu plus guidés. Et ce n’est malheureusement pas le seul point faible du jeu.

Des graphismes en retard d’au moins… 10 ans !

Pour commencer, rappelons que le jeu de base avait déjà plusieurs années de retard en matière de graphismes à sa sortie. Et les portages sur PS4 et Xbox One démontrent que c’est toujours le cas ! Les visages sont laids, la carte correspond à une étendue de couleurs parsemée de petits châteaux, etc. Seules certaines façades de maisons peuvent être considérées comme étant de qualité moyenne, mais c’est bien là la seule note positive concernant l’esthétique du jeu.

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Et ceux qui arriveront à s’y habituer devront faire face à bien d’autres menus défauts. Dans cet ordre d’idée, on regrette que certains environnements soient vides. En effet, certains châteaux forts ne présentent que trois PNJ : un garde, le seigneur du lieu et son épouse. De plus, il n’est pas possible de circuler en troisième ou même, en première personne, entre ces différents endroits puisque sur la carte, vous contrôlerez une flèche. Flèche que, à l’image d’une souris de PC, vous devrez faire glisser pour cliquer sur le lieu vers lequel devra se diriger votre personnage.

Néanmoins, ces aspects négatifs ne bloqueront l’immersion que des joueurs néophytes qui se seront faits une mauvaise représentation de Mount & Blade. Concrètement, cette série n’a rien à voir avec Skyrim par exemple. Outre le fait que le jeu n’incorpore pas d’éléments fantastiques, il faut aussi prendre en compte ceci : il se destine à des joueurs patients qui tiennent à faire grandir leur notoriété et qui jouent avant tout pour faire ce qu’ils veulent sans être balisés par une quelconque trame scénaristique. Ainsi, si dans un Skyrim, la quête principale vous demandera de devenir l’enfant de dragon pour mettre fin aux retours de ces créatures mythiques, Mount & Blade ne vous demandera… rien. En d’autres mots, nous sommes face à un jeu de type sandbox (sans objectif précis et avec la possibilité de modifier certains aspects du titre) qu’il faut apprécier pour son vaste lot d’opportunités à saisir et non, pour ses graphismes d’un autre temps.

Les +

  • La possibilité de choisir ce que l’ont veut faire et ce que l’on veut devenir
  • Les combats réalistes et palpitants
  • La variété des missions à accepter
  • Le background de chacun des personnages

Les –

  • Des graphismes indignes pour la Xbox One et la PS4
  • Une entrée en matière trop abrupte
  • Des châteaux trop vides
  • La navigation sur la carte trop simpliste

Mount & Blade est le fruit du travail d’un studio indépendant mais il constitue surtout la preuve qu’indépendant n’est pas synonyme de jeu sans intérêt. Dans ce titre de type sandbox, le joueur se voit offrir l’opportunité de se forger une réputation dans un univers réaliste. Guère de démons et de pouvoirs magiques au menu ! Vous devrez vous contenter de votre fidèle destrier pour traverser les différentes contrées et de votre épée (ou arbalète, arc à flèches, etc.) pour terrasser vos ennemis. Dans les faits, il sera demandé au joueur de discuter avec bon nombre de PNJ qui offriront leur aide ou quémanderont celle de votre personnage. Les missions sont variées et nombreuses, ce qui constitue clairement l’intérêt du soft.
En effet, on ne retrouve pas de chemin balisé puisqu’il n’existe pas de scénario et de quête principale dans cet épisode. C’est à vous de choisir ce que vous tenez à accomplir et quel objectif vous vous fixez ! Seuls quelques points empêchent ce titre d’être bien plus apprécié comme ses graphismes ou encore son entrée en matière trop rude. Mais passé outre ces quelques défauts, on se retrouve face à un bon jeu de type sandbox avec une durée de vie conséquente puisque, encore une fois, c’est au joueur de choisir quand il veut arrêter sa quête pour… en réaliser une autre !

14/20

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