Les développeurs ont pris de nombreux risques pour réinventer une série qui perd, à chaque épisode, un peu plus de ses lettres de noblesse. Cet opus réussit-il le pari osé de proposer du neuf tout en conservant l’esprit de la saga Final Fantasy ?

final-Fantasy-XV-26092016-image-1

Une équipe de développement sous pression

L’attente fut longue pour ce Final Fantasy XV pour lequel les équipes de Square Enix commencèrent à travailler dès 2004. Tout d’abord, il fut annoncé sous le nom de “Versus XIII”, ensuite, le titre changea de dénomination pour prendre celle connue de tous aujourd’hui. Enfin, ce quinzième épisode vécut quelques péripéties négatives au point que le développement dût presque reprendre à zéro en 2013…

Les problèmes de délais, de budgets, de savoir-faire… sont ainsi devenus, au fil des ans, monnaie courante pour ce soft. Dès lors, la question que l’on pouvait logiquement se poser était la suivante : Final Fantasy XV se relèverait-il de son développement chaotique ? Réponse.

Un Final Fantasy… différent !

Le prince Noctis part, accompagné de ses trois plus proches amis, épouser Lunafreya, une amie d’enfance. Mais tout ne se passe pas comme prévu : en cours de route, il apprend que sa patrie est tombée au combat et que son père, le roi Regis, n’y a pas survécu… C’est à peu de chose près le point de départ du titre, ou du moins, ce qu’il nous est permis d’en dévoiler dans cet article afin d’éviter les spoils.

luna
Les premières choses qui frappent avec ce nouvel opus, ce sont les différences qui existent avec ce que les fans connaissent de la saga.

En premier lieu, il n’y a pas de longue cinématique d’introduction afin de vous en mettre plein les yeux. Au contraire, le joueur est initié à l’art du combat via plusieurs tutoriels. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il découvrira la première cinématique du jeu. Et c’est d’ailleurs l’atout majeur de ce Final Fantasy : les graphismes. Si ces derniers ont toujours été très beaux dans chaque épisode, ils sont cette fois sublimes ! Les visages sont expressifs, les décors extérieurs donnent envie de s’arrêter de jouer pour les admirer et les monstres constituent, eux aussi, une petite claque graphique !

ff 1
En deuxième lieu, les combats voient leurs systèmes encore être modifiés. Pendant ceux-ci, vous incarnez Noctis mais vous pouvez également demander à vos coéquipiers d’enchaîner telle ou telle attaque afin de réaliser un combo nécessitant plusieurs personnages.

A cela, s’ajoutent également les attaques Eclipses : elles consistent en la capacité de projeter son arme et de s’y téléporter. Très bien pensée, cette technique permettra à Noctis de lancer son épée vers un ennemi pour s’y déplacer en un instant et surprendre la cible en question, soit l’équivalent des attaques surprises des épisodes passés en quelque sorte.

Cependant, force est d’admettre que les combats sont brouillons et qu’il est parfois difficile de discerner qui fait quoi dans la mêlée. Aussi, le côté stratégique est sous-exploité. Pour de nombreux combats, il suffira de se munir de plusieurs potions et autres Queues de Phénix pour s’en tirer sans encombre.

ff combat
En troisième lieu, l’univers dans lequel le joueur est transporté ne semble, de prime abord, pas intégrer la magie des Final Fantasy. Il suffit de jeter un œil aux héros pour s’en rendre compte. Ce boys band au style K-Pop s’éloigne fortement de ce qu’on avait pu découvrir dans Final Fantasy XIII et ses prédécesseurs. Ajoutons les architectures qui, pour certaines, pourraient être directement issues de notre monde. Ainsi, ne vous inquiétez pas si un restaurant ou une station-essence, semble tout à fait réaliste et non empreint d’une certaine fantaisie. Ce n’est que lorsque le propriétaire du lieu vous demandera de partir chasser un bestiau qui fait fuir ses clients que vous pourrez en être sûr : il s’agit bien d’un Final Fantasy.

D’ailleurs, les quêtes annexes, quant à elles, ne donnent pas vraiment envie de s’y attarder. Certaines d’entre-elles constituent des prétextes pour en apprendre plus sur les possibilités du soft. Par exemple, pour enseigner la pêche à Noctis (chaque personnage possède une spécialité, celle de Noctis est la pêche), il suffira de parler à un chat qui fera part au héros de sa… faim. Cette mission fera alors office de tutoriel, tout simplement. D’autres sont des plus banales et se concentrent sur l’élimination de monstres ou la recherche d’un objet. Elles auront néanmoins le mérite de vous faire découvrir l’open world dans lequel vous évoluez.

ff pêche
FF XV : un vrai Final Fantasy ?

Si le soft est très différent de ses prédécesseurs, il n’en reste pas moins un Final Fantasy. Combats variés entre monstres et fantassins, gain d’expérience et de points de compétence obtenus à la fin d’une quête, arbres d’évolution similaires à ce que l’on pouvait voir avec le sphérier de Final Fantasy X, trésors à dénicher, etc. font partie des éléments inhérents à la saga et sont, de ce fait, intégrés à ce quinzième titre.

Et si cela ne suffisait pas, le son permet lui aussi de s’en assurer : lors de la conduite de la voiture, le moyen de locomotion de nos héros, vous pourrez choisir la chanson que vous désirez écouter. Et parmi la playlist, on retrouve les thèmes de Final Fantasy I, VII ou encore du XIII.

A ce propos, les doublages sont de très bonne qualité et en français, qui plus est. Ce qui constitue sans aucun doute l’un des points forts du soft puisque la bande son renforce clairement l’immersion. D’ailleurs, concernant cette dernière, le scénario aurait dû, comme d’accoutumée pour la saga, transporter le joueur directement dans un autre univers. Or, ce n’est de toute évidence pas le cas. L’histoire est tout juste plaisante et peut même être considérée comme étant “moyenne” lorsqu’on la compare aux précédents FF. Néanmoins, les relations qui existent et qui évoluent entre Noctis et ses trois compères sont plutôt bien travaillées et permettent de développer de l’empathie envers le quatuor.

ff quatuor
Dans cette optique, les membres de ce dernier n’interagissent pas que dans les cinématiques puisqu’ils s’entraident lors des combats et n’hésitent pas à dialoguer lors d’un trajet en voiture. Et oui, vous avez bien lu : dans cet opus, les héros roulent en voiture, et ce la plupart du temps. Il ressort autant de positif que de négatif de cette nouveauté. En effet, il est appréciable de pouvoir choisir l’un des coéquipiers du héros pour la conduite. Ce qui permet au joueur de se contenter d’écouter les conversations du groupe ou d’admirer les paysages. Par contre, la voiture ne permet pas d’aller où l’on veut. Elle se cantonne à suivre un tracé préétabli sur la route, ce qui aura tendance à créer une certaine frustration.

Enfin, concernant la durée de vie, comptez entre 20 et 30 heures pour finir ce Final Fantasy XV. Il est déjà loin le temps où l’on critiquait un RPG qui se finissait en moins de 40 heures…

Les +

  • Les graphismes sublimes.
  • La bande son (voix françaises, musiques, bruitages) parfaite .
  • L’exploration au rendez-vous avec ses trésors, ses monstres, etc.
  • Le développement des relations entre les personnages.

Les –

  • Un univers un peu moins fantastique qu’auparavant.
  • Des combats trop brouillons.
  • Un scénario pas assez marquant.
  • Seulement 25 heures de jeu…

En définitive, ce Final Fantasy XV reste un jeu que tout fan de RPG se doit d’essayer, ne serait-ce que pour le changement de direction osé par les développeurs. Alors oui, le soft a plusieurs carences, comme sa durée de vie ou son scénario trop peu développé mais, finalement, il offre une histoire plaisante agrémentée de presque tous les ingrédients qui ont fait le succès de la série : des personnages qu’il est possible de faire évoluer, des graphismes magnifiques et un univers envoûtant. De plus, il faut admettre que Square Enix a eu le courage d’essayer de renouveler cette série emblématique pour la destiner un peu plus au grand public. Les développeurs ont pris des risques et si ceux-ci ne portent pas tout le temps leur fruit, ils ont au moins le mérite d’exister. 

15/20

3 Commentaires

Comments are closed.