Si l’on parle beaucoup de la voiture autonome depuis quelques temps, rares sont encore les modèles de véhicules qui disposent de fonctionnalités qui leur permettent de réduire les interactions entre le conducteur et le véhicule. Au volant d’une Série 7 durant une semaine, nous avons poussé dans ses derniers retranchements le bolide de BMW pour tenter de mieux comprendre combien de temps il faudra encore avant d’avoir un véhicule parfaitement autonome entre nos mains…

Crédit photo : E.F.
Toutes les fonctionnalités “autonomes” sont activables directement depuis le volant du véhicule – Crédit photo : E.F.

De BMW à Tesla en passant par Volvo, tous les constructeurs automobiles ou presque ont présenté au cours des derniers mois leur vision de la « voiture du futur ». Seul point commun entre tous les véhicules : ils ne nécessitent aucune intervention humaine pour circuler sur les routes. S’il ne s’agit encore que de prototypes, la réalité se rapproche petit à petit de la science-fiction puisque les fonctionnalités qui permettent de réduire le rôle du conducteur du véhicule sont de plus en plus nombreuses sur les nouveaux véhicules. Certains modèles, comme le Model S de Tesla, ont même droit à des mises à jour qui permettent au conducteur d’installer un mode semi-autonome sur leur véhicule.

Au volant de la nouvelle Série 7 de BMW, nous avons tenté de comprendre où l’on en est exactement aujourd’hui et surtout quels sont encore les freins au déploiement des premiers véhicules autonomes…

Cruise Control amélioré

Un voyant indique au milieu que la voiture suit les marquages au sol, et a une limite de vitesse fixée à 120 km/h - Crédit photo : E.F.
Un voyant indique au milieu que la voiture suit les marquages au sol, et a une limite de vitesse fixée à 120 km/h – Crédit photo : E.F.

Si vous avez acheté un nouveau véhicule au cours des cinq dernières années, il y a de fortes chances qu’il intègre déjà un mode « Cruise Control », qui permet de garder une vitesse fixe une fois sur l’autoroute. Sur la plupart des véhicules, cette fonction ne prend néanmoins pas en compte le comportement des autres automobilistes, ce qui signifie que si un véhicule venait à changer de bande sans prévenir, le conducteur devrait réduire manuellement la vitesse de son véhicule.

La nouvelle Série 7 de BMW est équipée de plusieurs caméras qui permettent d’anticiper ce type de comportement et de réduire automatiquement la vitesse du véhicule lorsqu’un autre véhicule vient s’intercaler dans une file, le tout en respectant les distances de sécurité. L’objectif est véritablement de réduire le risque de carambolage à grande vitesse et de permettre à l’automobiliste de laisser retomber son attention pour changer un CD par exemple ou encoder une adresse dans le système de navigation. Dans la pratique, nous avons pu tester le système de « Cruise Control amélioré » de BMW sur plusieurs autoroutes allemandes, à des vitesses oscillant entre 90 et 180 kilomètres par heure. Que ce soit par temps dégagé ou sous de fortes averses, le système s’est révélé d’une efficacité redoutable puisque le véhicule conserve systématiquement ses distances de sécurité et adapte la vitesse à celle des autres automobilistes, évitant ainsi tous les accrochages potentiels.

Grâce à un bouton, situé sur le guidon, le conducteur peut fixer la vitesse de croisière et le véhicule se chargera de réduire et augmenter la vitesse en fonction du trafic. Vu qu’il est également capable de détecter la vitesse maximale autorisée sur un tronçon, le véhicule peut également adapter sa vitesse en fonction des panneaux de circulation.

Suivre la route

Les fonctionnalités "semi-autonomes" apportent un réel confort à la conduite - crédit photo : E.F.
Les fonctionnalités “semi-autonomes” apportent un réel confort à la conduite – crédit photo : E.F.

Grâce à un autre bouton, le chauffeur peut activer un mode de conduite qui permet de garder la bonne direction. Grâce aux caméras, le véhicule est alors capable de détecter les marquages au sol et de suivre les lignes. L’ennui, c’est que si le système a une efficacité d’environ 90% sur l’autoroute, il n’est pas encore adapté à une conduite urbaine puisque le véhicule ne suivra pas les marquages au sol dans un rond-point ni ne braquera tout seul à droite à une sortie d’autoroute. Il s’agit en réalité davantage d’une sécurité qui permet d’éviter une catastrophe lors d’un long trajet… De ce fait, le véhicule corrigera automatiquement sa direction sur une route où les marquages sont correctement réalisés, et une sécurité s’activera, modifiant elle aussi la trajectoire du véhicule lorsque celui-ci passe sur un marquage en relief qu’il n’aurait pas détecté avec ses caméras. Certes, on ne peut pas encore décrocher les mains du volant, mais ce mode de conduite permet de rouler de manière beaucoup plus calme puisque l’erreur humaine est automatiquement corrigée par le véhicule, même lorsque l’on rencontre un virage modéré. Couplé avec le Cruise Control, ce mode de conduite donne un avant-goût de ce à quoi devrait ressembler un mode de conduite 100% autonome sur les autoroutes d’ici quelques années… On notera cependant que pour que le système soit 100% efficace, il faudra que les marquages au sol soient systématiquement parfaitement réalisés – ce qui est malheureusement loin d’être le cas en Belgique -, et que les panneaux routiers de travaux soient enlevés immédiatement une fois les travaux terminés – ce qui est là aussi loin d’être gagné en Belgique… Enfin, il serait intéressant de voir de quelle manière les constructeurs automobiles contourneront le problème des chantiers d’autoroute, où des bandes jaunes retracent systématiquement le chemin emprunté par les véhicules. Jusque-là, c’est en effet le seul cas de figure où le système de reconnaissance de BMW ne nous a pas franchement impressionnés… Prudence donc si vous roulez avec ce type de fonctionnalité activée !

La sécurité pour les piétons

Ce bouton permet d'activer une sécurité complémentaire pour éviter les piétons - crédit photo : E.F.
Ce bouton permet d’activer une sécurité complémentaire pour éviter les piétons – crédit photo : E.F.

Grâce à ses caméras, la Série 7 de BMW est également capable d’éviter les accidents mortels avec les piétons. Il suffit en effet de pousser sur le bouton dédié du tableau de mode pour activer un mode de conduite sécurisée qui ralentira automatiquement la vitesse du véhicule en ville, lorsque le véhicule détecte un piéton. Bien sûr, le véhicule ne sera pas capable d’éviter l’accident s’il est lancé à pleine allure, mais à faible vitesse, cette sécurité supplémentaire réduit considérablement les risques d’accidents en ville ou à la campagne.

Parking automatique

Enfin, on notera que le véhicule de BMW est également capable de se garer de manière totalement autonome une fois placé juste en face d’un emplacement de parking. Le conducteur peut ainsi sortir de son véhicule pour activer depuis son smartphone la fonction parking, qui permet de diriger en ligne droite le véhicule jusqu’à ce qu’il soit garé. Il va de soi que le pilote demeure responsable en cas d’incident, et que la fonction reste pour le moment limitée à un parking « en ligne droite ». D’autres constructeurs proposent néanmoins un mode parking entièrement automatisé qui ne requiert plus aucune intervention humaine.

Quels freins à la voiture autonome ?

Comme on peut le voir, les fonctionnalités autonomes sont déjà bien implantées et le dernier bolide de BMW illustre parfaitement les dernières avancées technologiques en la matière. Globalement, on remarque que la plupart des aides à la conduite sont liées à deux éléments primordiaux : l’intégration de différentes caméras dans la carrosserie du véhicule, et l’installation correcte de panneaux de circulation et de marquages au sol. Pour espérer un jour voir un véhicule autonome circuler sur nos routes, il faudra donc que le gouvernement prenne des mesures pour améliorer l’état de nos routes et des marquages, mais adapte également la législation qui reste aujourd’hui le plus gros frein à cette gigantesque avancée technologique. De ce fait, le mode « semi-autonome » de la Série 7 ne peut actuellement fonctionner sans que le conducteur ne garde au moins un doigt sur le volant. Bardé de capteurs, celui-ci est capable de détecter lorsque les mains du pilote ne sont plus en contact avec le volant. La prochaine étape consistera à lier le système de navigation aux fonctions de pilotage autonome pour se faire conduire d’un point A à un point B sans interagir avec le véhicule autrement que via l’écran tactile. Si la technologie permet en théorie aux constructeurs automobiles de transformer ce rêve en réalité, il faudra malheureusement attendre quelques années encore avant de voir des véhicules autonomes circuler sur nos routes, la faute à la lenteur habituelle des autorités compétentes et des pouvoirs publics…