Moscou demande à Twitter de stocker les données personnelles des Russes en Russie

Les autorités russes ont demandé au site de microblog Twitter de stocker les données personnelles de ses utilisateurs russes sur le territoire ruse, en vertu d’une loi entrée en vigueur en septembre mais dont il était jusque là exempté.

Crédit photo : AFP
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Ce revirement concernant le stockage des données, sujet de plus en plus sensible en Europe, a été confirmé mercredi à l’AFP à Vadim Ampelonski, le porte-parole de l’agence russe de contrôle des médias Roskomnadzor.

Depuis le 1er septembre, la loi oblige les réseaux sociaux, les services de messagerie et les moteurs de recherche russes comme étrangers à stocker les données personnelles de leurs utilisateurs de nationalité russe sur un serveur en Russie, dont l’emplacement devra être transmis aux autorités russes. Dans le cas contraire, l’agence Roskomnadzor pourra bloquer l’accès à ces sites et services.

En juillet, cette autorité avait pourtant affirmé que la loi ne s’appliquerait pas à Twitter, celui-ci n’étant pas considéré comme collectant les données personnelles de ses utilisateurs.

«Il y a quelques mois, Twitter a changé ses conditions d’utilisation (…) et collecte désormais, selon nous, des données personnelles», a expliqué le directeur de Roskomnadzor Alexandre Jarov, cité dans les médias russes.

Il a indiqué que des courriers avaient été envoyés à Twitter, mais aussi à Facebook «pour savoir s’ils comptaient stocker les données personnelles de leurs utilisateurs sur le territoire russe», sans réponse.

Contacté par l’AFP, Twitter n’a pas souhaité faire de commentaire.

La préparation de cette loi controversée, qui accompagne la préoccupation croissante des utilisateurs, mais intervient aussi dans un contexte de tour de vis à l’égard de l’internet russe par les autorités, avait déjà donné lieu à un bras de fer entre Twitter et Roskomnadzor.

Un responsable de cette agence avait été jusqu’à menacer le réseau américain de fermeture pure et simple, avant d’être sévèrement rabroué par le Premier ministre Dmitri Medvedev, assidu aux réseaux sociaux, qui lui avait conseillé «d’allumer son cerveau».

AFP