Jusqu’ici spécialisé dans les smartphones “budget”, Huawei lance aujourd’hui une nouvelle offensive vers le haut de gamme avec le Mate S, un smartphone au design très élégant qui n’est pas sans rappeler l’excellent HTC One M9. Face à des concurrents de plus en plus agressifs au niveau des prix, le fabricant chinois n’hésite pourtant pas à jouer la carte du luxe en commercialisant le Mate S au tarif de 649€. Une augmentation de prix de l’ordre de 150€ par rapport au Mate 7 qui se justifie difficilement sur le papier…

Un smartphone au design élégant

Le design est très clairement le plus gros atout du Mate S. - Crédit photo : E.F.
Le design est très clairement le plus gros atout du Mate S. – Crédit photo : E.F.

Lorsqu’on évoque la marque Huawei, on ne pense pas forcément à ses terminaux haut de gamme, mais davantage à ses smartphones low-cost qui ont inondé le marché depuis quelques années. La marque chinoise est pourtant parvenue à proposer quelques modèles haut de gamme aux performances impressionnantes comme le Mate 7 ou le P8. Avec le Mate S, Huawei poursuit sur sa lancée et signe un modèle au design très élégant, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’excellent HTC One M9. Un énorme fossé sépare le Mate S de son prédécesseur au niveau de la qualité de fabrication. D’une part parce que le métal utilisé dans la conception du boitier est beaucoup plus résistant, et d’autre part que le design de la phablette a beaucoup évolué. Et dans le bon sens, puisqu’on retrouve désormais un écran AMOLED (au lieu de la technologie IPS) Full HD sensiblement incurvé sur les bords qui n’a pas grand chose à envier aux écrans qui équipent les smartphones de Samsung. Très lumineux, l’écran du Mate S est sans nul doute l’une des plus grandes réussites du fabricant, qui s’érige aujourd’hui comme un concurrent très sérieux à Apple et Samsung sur le marché du mobile.

Des évolutions minimalistes

Si le Mate S supplante sans difficulté le Mate 7 d’un point de vue purement visuel, la nouvelle phablette de Huawei ne bénéficie malheureusement que d’améliorations mineures au niveau du hardware. Au niveau de la puissance tout d’abord, Huawei a remplacé le processeur Kirin 925 du Mate 7 par le nouveau processeur maison Kirin 935. Si celui-ci reste d’une fluidité exemplaire, on regrettera tout de même que l’augmentation tarifaire ne s’accompagne pas de l’utilisation d’un processeur SnapDragon ni d’un gain substantiel de RAM (on passe de 2 à 3 Go de RAM, à l’heure où la concurrence utilise majoritairement 4 Go). Alors certes, le Mate S n’a pas à rougir face à la concurrence, mais il est tout de même regrettable de constater une telle augmentation tarifaire avec une fiche technique quasi-identique.

Le constat continue de se ternir au niveau de la photographie, puisque le Mate S embarque comme son prédécesseur un capteur de 13 mégapixels (qui a au moins le mérite d’être stabilisé), identique au P8, qui offre un résultat relativement bon à défaut d’être exceptionnel. On appréciera tout de même l’évolution notable de la colorimétrie, beaucoup moins terne que sur le Mate 7, qui rend les clichés beaucoup plus vivants que par le passé.

A l’inverse du capteur dorsal, le capteur frontal bénéficie de quelques améliorations judicieuses. Huawei a opté ainsi pour un capteur de 8 mégapixels, qui vient remplacer le capteur de 4 mégapixels du Mate 7, et qui parvient à s’imposer comme l’un des meilleurs capteurs pour selfies que nous ayons eu la chance d’essayer. Certes, il faudra réduire la résolution à 6 mégapixels pour obtenir un format standard (et pas l’horrible format 4/3 proposé par défaut), et ne pas s’attendre à des miracles dans les environnements mal éclairés, mais grâce à son “mini-flash” frontal, le Mate S parvient à supplanter la plupart de ses rivaux dans ce domaine. On notera par ailleurs qu’au niveau logiciel, Huawei propose désormais un mode “Pro” pour les photographes professionnels qui permet de régler manuellement la balance des blancs, la durée de l’exposition ou les ISO.

Enfin, au niveau de l’écran, on notera que le constructeur a choisi de revoir à la baisse les dimensions de son flagship, qui passe du format 6″ à seulement 5,5″. Un choix cornélien qui se justifie en partie par la volonté du groupe de viser les marchés occidentaux avec un smartphone au look premium, beaucoup plus facile à prendre en mains que son prédécesseur. Si certains pesteront contre ce choix, la grande majorité des consommateurs occidentaux apprécieront sans doute le parti pris de Huawei, qui a adapté sa stratégie aux attentes du public.

Un lecteur d’empreinte digitale en avance sur son temps

Le lecteur d'empreinte digitale est situé sur le dos de l'appareil - crédit photo : E.F.
Le lecteur d’empreinte digitale est situé sur le dos de l’appareil – crédit photo : E.F.

Comme son prédécesseur, le Mate S est doté d’un capteur d’empreinte digitale qui est sans nul doute le capteur le plus rapide et le plus efficace que nous ayons pu essayer puisqu’il fonctionne même avec des mains moites et dans des conditions qui ne sont pas optimales. On notera par ailleurs que Huawei tente de donner une certaine utilité à ce capteur en intégrant des actions contextuelles. Lorsque le propriétaire du smartphone visionne des photos, il peut naviguer à travers la galerie en faisant glisser son doigt sur le capteur. De la même manière, le capteur peut également servir à actionner l’appareil photo, à répondre à un appel voire même à naviguer sur une page en l’utilisant comme trackpad. Si la fonction n’a rien de révolutionnaire, elle a le mérite d’apporter un petit plus à l’expérience-utilisateur et à donner ainsi un petit avantage à Huawei par rapport à la concurrence.

On notera par ailleurs que si l’interface-utilisateur des smartphones de Huawei reste très agréable à utiliser – notamment grâce à la présence de thèmes qui permettent de personnaliser l’interface de son smartphone, et de menus simplifiés -, aucune amélioration majeure n’est à noter par rapport à l’interface du P8. Le groupe chinois attend probablement l’arrivée du P9 pour dévoiler une nouvelle version de sa surcouche, EMUI. Comme toujours, les propriétaires du Mate S devraient également y avoir droit…

Un Wifi et une autonomie au rabais

L'interface-utilisateur reste identique à celle du P8. - Crédit photo : E.F.
L’interface-utilisateur reste identique à celle du P8. – Crédit photo : E.F.

Paradoxalement, si le Mate S est l’un des smartphones les plus véloces en 4G, le nouveau flagship de Huawei peine à tenir la cadence au niveau du Wifi, la faute à l’impasse sur la norme 802.11ac. Dans la pratique, on remarque d’ailleurs que le smartphone de Huawei s’en sort plutôt mal par rapport à des modèles concurrents puisqu’il est victime de nombreuses déconnexions au réseau Wifi alors que d’autres modèles, comme le Galaxy S6 s’en sortent très bien. Un parti pris plutôt étrange de la marque du groupe chinois, qui nous avait pourtant habitué à une connectivité irréprochable. On notera par ailleurs que le Mate S fait également l’impasse sur le port USB réversible que l’on retrouve pourtant chez plusieurs concurrents. Dommage, dans la mesure où Huawei aurait pu prendre une petite longueur d’avance sur Samsung et HTC. A l’inverse, le fabricant se démarque brillamment de ses condisciples en proposant un port Dual-SIM convertible à volonté en port microSD. Vu que la plupart des constructeurs ont adopté un simple port SIM pour leurs flagships et ont abandonné le port microSD, Huawei a sans doute une carte à jouer sur ce créneau…

Autre point sombre, si le Mate S affiche une autonomie qui s’inscrit dans la moyenne (environ une journée), il fait presque deux fois moins bien que son illustre prédécesseur, qui pouvait se vanter d’offrir une autonomie largement supérieure à la plupart de ses concurrents. Ceux qui avaient apprécié cette caractéristique chez le Mate 7 passeront donc leur chemin et attendront patiemment le lancement d’un éventuel Mate 8…

Conclusion

Plus élégant que son prédécesseur, le Mate S est une excellente alternative au HTC One M9 et au Galaxy S6 de Samsung. Si le nouveau flagship de Huawei bénéficie de multiples améliorations, celles-ci se font malheureusement aux dépens de certains de ses plus gros atouts. Divisée par deux, l’autonomie du Mate S s’inscrit désormais dans la moyenne. Le prix, lui, augmente de près de 150€… Sensiblement plus petit que son ainé, le Mate S a le mérite de bénéficier d’une finition quasi-irréprochable et d’être plus maniable que son prédécesseur. Ses excellentes performances en photographie en font également un smartphone de rêve pour les mordus de selfie…