Gilles de Kerchove, le coordinateur pour la lutte antiterrorisme au sein de l’Union européenne évoque dans un document confidentiel le danger que représentent les messageries cryptées comme Telegram ou Megachat, qui permettent d’échanger des messages à l’abri des oreilles indiscrètes.

© AFP
© AFP

La récente attaque des locaux de Charlie Hebdo nous a rappelé qu’aussi efficaces puissent être nos services secrets, il est parfois impossible d’empêcher l’impensable. Si la plupart des attaques planifiées sont déjouées par les services secrets, qui interceptent des messages échangés entre les terroristes et analysent des coups de fil pour repérer les menaces potentielles, les messageries cryptées, qui permettent d’empêcher des agences comme la NSA, le FBI ou la CIA de lire le contenu des messages, seraient devenues un véritable danger pour la sécurité intérieure. Selon Gilles de Kerchove, le coordinateur pour la lutte antiterrorisme au sein de l’Union européenne, “La Commission devrait être invitée à étudier de nouvelles règles obligeant les entreprises d’Internet et de télécommunications opérant dans l’Union Européenne à fournir sous certaines conditions telles que décrites dans les lois nationales et dans le plein respect des droits fondamentaux l’accès aux communications par les autorités nationales compétentes (par ex. partager les clés de chiffrement).”

Avec ces nouveaux logiciels, qui sont disponibles légalement sur l’App Store, le Google Play et le Windows Store, les propriétaires de smartphones peuvent en effet sécuriser facilement leurs communications pour empêcher les autorités d’intercepter et analyser leurs conversations. Une menace réelle pour les unités antiterroristes qui ne peuvent plus accéder à toutes les données nécessaires dans le cadre d’une enquête et préconisent un changement rapide de la législation.

Selon toute vraisemblance, la thématique sera abordée ce 29 janvier avec les ministres de la Justice et de l’Intérieur des pays membres de l’Union Européenne.

Au Royaume-Uni, David Cameron avait déjà évoqué l’idée d’interdire les messageries mobiles cryptées. Son homologue américain, le Président Barack Obama, s’était lui aussi insurgé contre ces nouveaux logiciels qui pourraient représenter une menace pour la sécurité nationale.