Télécoms : Stéphane Richard accuse Bruxelles de faire “beaucoup de dégâts”

La politique de concurrence de la Commission européenne a provoqué “beaucoup de dégâts” notamment dans le secteur des télécoms, dénonce dans le Figaro lundi le PDG d’Orange Stéphane Richard, en évoquant aussi un “acharnement” contre son groupe.

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Depuis vingt ans, Bruxelles ne sait faire qu’une seule et unique chose: de l’antitrust. Bruxelles semble ne pas comprendre que le monde a changé, que nous ne sommes plus les anciens monopoles historiques depuis longtemps mais que nous sommes plongés dans un monde ultra concurrentiel“, fustige M. Richard.

Pour lui, “dans le transport aérien, l’énergie, les télécoms, Bruxelles fait de la concurrence sauvage l’alpha et l’oméga de la politique économique. Cette idéologie a provoqué beaucoup de dégâts“.

Cette politique a “déjà largement fait le jeu des Asiatiques en mettant en oeuvre une régulation visant uniquement à baisser les prix et en mettant sous pression les équipementiers et fabricants européens comme Alcatel ou Nokia”.

Stéphane Richard prévient par exemple qu’une nouvelle baisse des prix des appels passés depuis l’étranger (roaming), réclamée par l’UE, affecterait son groupe. Cela “représenterait une perte sèche pour Orange de 300 millions d’euros de marge“, estime-t-il.

Le PDG d’Orange qualifie les inspections surprise, le 11 juillet, de la Commission européenne dans les locaux de plusieurs groupes de télécommunications européens, dont le sien, l’allemand Deutsche Telekom et l’espagnol Telefonica, “d’acharnement”.

“C’est la quatrième fois depuis que je suis à la tête du groupe que les autorités de concurrence mènent ce type d’opération. Difficile de ne pas y voir une forme d’acharnement”.

L’UE soupçonne ces opérateurs dont l’allemand Deutsche Telekom et l’espagnol Telefonica, d’avoir enfreint les règles européennes en matière d’abus de position dominante dans un conflit avec l’américain Cogent.

Il est stupéfiant que la Commission se fasse ainsi la complice d’un acteur américain contre des entreprises européennes qui emploient et investissent massivement en Europe. Aux Etats-Unis, la réciproque ne risque pas d’arriver“, estime M. Richard.

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