Les indices d’impopularité s’accumulent en provenance du réseau social le plus fréquenté de l’Internet, certaines voix clament que le crépuscule de Facebook est proche.

La pieuvre Facebook est-elle en train de se vider de son encre ? Les multiples faux pas accumulés par le premier réseau social mondial semblent être en train de lasser les utilisateurs. Les plaintes de ces derniers à l’encontre de la firme de Mark Zuckerberg portent d’ailleurs leurs fruits. Cette semaine, un juge californien a donné son accord pour que Facebook procède à un dédommagement pécuniaire dans le cadre d’une plainte collective. En outre, pour la première fois en 2012, le nombre d’utilisateurs de Facebook a décru aux Etats-Unis.

Mis sous pression par les investisseurs fâchés d’avoir payé pour un titre qui n’a jamais retrouvé la valeur de son entrée en bourse, les petites mains de Mark Zuckerberg jouent aux apprentis sorciers. Publicités jugées intrusives par les associations de consommateurs, sélection des contenus affichés sur les murs d’actualités, publications sponsorisées aléatoires… Les tentacules de Facebook agacent dans tous les coins.

« Nouveau cap d’indécence »

L’exemple le plus récent : la reconnaissance faciale automatique. Le tollé mondial à l’encontre de cette pratique a poussé Facebook à annuler cette fonctionnalité. Un faux pas, grave, mais pas isolé. Plus généralement, l’intrusion toujours plus insidieuse de Facebook dans la vie privée de sa principale source de revenus – les données des utilisateurs – dérange et énerve.

Vous aussi, vous avez noté que votre « fil d’actualités » était de moins en moins rempli ? Que certaines des informations de vos amis vous avaient échappé ? Le site DangerousMind (repris sur le blog de Lionel Davoust) a relevé que, dorénavant, pour que votre annonce de mariage ou la naissance de la petite dernière soit vue par tous vos amis, il fallait… payer. Autrement, une sélection aléatoire s’opère et seule une partie de vos amis peut suivre vos pérégrinations. Un « nouveau cap d’indécence », selon le blogueur Lionel Davoust.

Le point de vue exprimé par Bradley Horowitz – cadre de Google+, réseau social concurrent – jeudi dernier a résumé tout haut ce que bon nombre d’utilisateurs pensaient tout bas. « Encombrer les flux d’actualités avec de la publicité et des planifications, ça emmerde les utilisateurs et ça frustre les annonceurs », a-t-il déclaré lors d’une conférence à New York. « Facebook est le réseau social du passé ». Cela devrait être plus facile, jugeait-il, de sélectionner à qui l’on s’adresse quand l’on publie du contenu.

Coïncidence, le jour suivant, Facebook publie une vidéo didactique qui explique soigneusement comment ne rendre ses photos accessibles qu’à un petit nombre de ses amis. « Synchronisez vos photos, gardez-les privées », écrivent les experts marketing de Facebook dans une vidéo pleine de bonne humeur, sur fond de petite musique entraînante.

Vote controversé

Outre cette vidéo, Facebook fait (semblant de faire) des efforts. Dans le cadre d’une « mise à jour de la politique d’utilisation des données », la pieuvre a demandé aux utilisateurs de voter (c’est ici, pour ceux qui disposent d’un compte). Un vote pour ou contre des modifications concernant deux domaines : la politique d’utilisation des données et la déclaration des droits et responsabilités (cocasse : lesdites modifications impliqueraient notamment la suppression du droit de vote des utilisateurs).

Si le cap des 300 millions de votants n’est pas franchi, le vote ne sera que considéré comme « consultatif » donc… Facebook peut se permettre de « vous encourager à voter » dans un e-mail envoyé mercredi à tous les utilisateurs, les risques de révolution sont limités. En trois jours, quelque 360 000 personnes ont donné leurs avis, refusant (évidemment) à une écrasante majorité tous les changements proposés.

La présence, de moins en moins marginale, de Google+, le lancement officiel cette semaine du réseau social de Microsoft so.cl (prononcez « social »)… Autant de concurrents bienvenus face au monopole de Facebook. Cela suffira-t-il à en précipiter la chute ?

Valère Gognat/Le Temps

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