Selon une étude réalisée par un chercheur de la Munich School of Management et un chercheur de la Copenhagen Business School, la mort de Megaupload n’aurait eu aucun effet sur les revenus des grosses productions. En revanche, le cinéma indépendant souffrirait d’un réel manque de visibilité depuis la disparition du service…

Megaupload, le service de téléchargement fermé en début d’année par le F.B.I., fait encore parler de lui. Alors que sa réouverture fait déjà grincer les dents des majors de l’industrie, certains cinéastes et labels doivent en réalité se frotter les mains à l’idée de voir leurs films et albums téléchargés illégalement. Une étude de deux jeunes chercheurs montre en effet que si la fermeture de Megaupload n’a eu aucun impact sur les revenus des super-productions hollywoodiennes, le cinéma indépendant, lui, a beaucoup souffert de sa disparition. La visibilité offerte par Megaupload, qui représentait 4% du trafic web mondial à l’heure de sa fermeture, permettait à de nombreux films ne bénéficiant pas de gros budgets marketing de bénéficier du bouche à oreille de milliers d’internautes ayant eu l’occasion de le visionner “illégalement”.

Si l’étude en elle-même pourrait tout à fait être remise en question par une autre étude, menée dans un contexte géopolitique différent, elle tend à démontrer que ceux qui avaient le plus à perdre à l’ère digitale ne sont pas les petits artisans mais bel et bien les gros studios. Le retour de Megaupload en début d’année 2013 sera certainement l’occasion de vérifier cette théorie.

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1 COMMENTAIRE

  1. […] La SABAM part du postulat qu’un téléchargement illégal constitue une vente perdue de support physique (ou électronique). Cette vérité, martelée depuis des lustres par le lobby de la propriété intellectuelle, a déjà été largement démontée à de nombreuses occasions. L’étude réalisée en 2009 par l’Institut de recherche néerlandais TNO (enregistrement gratuit pour télécharger le rapport), dont la crédibilité est indiscutable, semble plutôt démontrer le contraire. En effet, selon le rapport “une chanson téléchargée ne correspond pas à une vente de moins. Les téléchargeurs ne pourraient se permettre d’acheter autant de CD au prix actuel, soit qu’ils n’en ont pas les moyens, soit qu’ils aient d’autres priorités budgétaires”. Le rapport montre aussi que “le téléchargement permet de découvrir de nouveaux artistes et peut donc conduire à l’achat de CD”. Notons aussi que le téléchargement illégal concerne de plus en plus des oeuvres pour lesquelles il n’existe pas d’offre légale. De même, les victimes du téléchargement illégal ne sont pas forcément celles qui se plaignent le plus. […]

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