SEGA : la fin d’un mythe ?

Chez SEGA, rien ne va plus. Le géant du jeu vidéo, qui faisait figure de société emblématique dans le milieu du jeu vidéo depuis plus de 20 ans déjà vient de fermer ses locaux dans près de 10 pays, dont la Belgique. Après un premier trimestre 2012 catastrophique, l’entreprise se lance dans une restructuration qui pourrait sonner le glas de la marque au hérisson bleu d’ici quelques mois…

Même Sonic semble incapable de sauver SEGA du gouffre.

Il y a 10 ans encore, personne n’aurait imaginé voir SEGA tomber progressivement dans l’oubli. La marque au hérisson bleu, connue de tous pour les multiples franchises cultes qu’elle a créées, comme Sonic bien sûr, mais aussi Golden Axe, Shenmue ou encore Outrun, semble faire face à la plus grave crise de son histoire.

Petit rappel des faits. Après l’échec relatif de sa Dreamcast, dernière console en date de SEGA, la firme japonaise s’était réorganisée et avait décidé de se concentrer sur le développement de jeux pour d’autres supports. Il faut dire qu’à l’époque, Sony venait tout juste de rentrer dans la guerre des consoles et Microsoft s’apprêtait à débarquer sur le marché. Depuis, la marque a progressivement perdu de sa splendeur, avec des suites sans saveur tentant désespérément de faire perdurer le mythe, l’exploitation de licences juteuses qui s’est transformée en de cuisants échecs (Iron Man 1 & 2 notamment), des exclusivités en veux-tu en voilà qui n’ont pas fonctionné et un gros retard technique sur les studios occidentaux qui ont beaucoup plus vite adopté les nouveaux moteurs graphiques tels que l’Unreal Engine, désormais utilisés par la plupart des studios de développement.

Vers le tout digital?

En mars dernier, SEGA annonçait la mauvaise nouvelle en enregistrant des pertes extraordinaires. A court de liquidités, la firme devait réagir, et c’est désormais chose faite. SEGA vient en effet d’annoncer la fermeture de ses locaux en Australie, en Allemagne, au Benelux, en France, en Autriche, en Suisse et en Espagne. Pour autant, cela ne signifie pas que SEGA disparait, mais plutôt que les opérations sur ces marchés seront traitées par un autre éditeur, KOCH Media. On sait que l’entreprise peut compter sur le succès de certaines de ses franchises pour se relancer, Football Manager, Total War, deux sagas développées en Europe, et Sonic, qui reste la franchise majeure du studio. Le reste? Pour SEGA, le digital semble plutôt bien marcher, aussi bien sur smartphones que sur consoles de salon. Beaucoup pensent dès lors que l’entreprise va recentraliser ses activités autour de ces deux segments.

Ce qui est certain, c’est que la firme n’a plus les moyens de mettre en chantier de grosses licences. Les fans de Shenmue, Panzer Dragoon ou Crazy Taxi risquent donc de ne jamais connaitre de suites à ces séries cultes. Il en va de même pour les nouvelles franchises et les marchés de niche. Plus que jamais, la sortie d’Anarchy Reigns semble être remise en question, et l’avenir de SEGA risque bien de dépendre du succès de grosses franchises comme Alien, dont SEGA prépare un reboot depuis quelques années déjà. Un titre occidentalisé qui pourrait redonner des couleurs à la firme si les ventes sont suffisamment élevées. Mais cela sera-t-il suffisant? Nous l’avons vu lors de l’E3, SEGA n’a pas grand chose à montrer et l’avenir semble tout tracé pour la firme, qui devra absolument miser ce qui lui reste sur des franchises susceptibles de rapporter gros et sur le digital.

Le line-up de titres annoncés pour 2012/2013 reste désespérément pauvre.

Les licenciements ont commencé

On le sait, SEGA ne communique pas beaucoup sur sa situation interne. C’est tout juste si on sait lorsque l’entreprise ferme un studio et licencie 200 employés. Difficile dans de telles conditions de faire les comptes. Une rumeur lancée le mois dernier laissait entendre que SEGA allait abandonner le marché européen, rumeur immédiatement démentie par SEGA UK, qui affirme que ce n’est pas pour demain la veille. Quitter l’Europe? Pas tout à fait. En revanche, SEGA a officiellement annoncé qu’il quittait une demi-douzaine de marchés, dont le Benelux, l’Allemagne et l’Australie, qui représentaient une part importante de ses activités. Un mal nécessaire pour rester en vie.

La firme semble bien mal embarquée pour réussir son tour de force et l’aventure pourrait bel et bien tourner au vinaigre… Plus que jamais, 2012 sera donc déterminant pour le mythe SEGA, qui, a l’image de Kodak, ne semble pas avoir su prendre les dispositions pour s’adapter au marché.

[ Source : Digital Trends ]