Facebook : “Nous pensons que notre croissance va baisser”

Surprenantes déclarations que celles de Facebook à la veille de son entrée en bourse. Le groupe estime que sa croissance va “continuer de baisser au fil des prochains mois.” L’entreprise se veut prudente et indique devoir augmenter ses efforts pour conserver un taux de croissance acceptable, grâce notamment aux pays émergents.

Il y a environ 2 milliards de personnes utilisant Internet sur Terre. Cela représente précisément l’objectif de Facebook qui souhaite “les connecter tous ensemble.” Un objectif qui parait compliqué mais que Facebook affirme faisable puisque certains marchés très réactifs affichent déjà un taux de pénétration supérieur à 80%. En réalité, le plus gros travail reste à faire dans les pays en voie de développement, comme l’Inde ou le Brésil par exemple, où Facebook est en progression mais souffre d’un manque de popularité. Un très gros travail devra être effectué dans ces pays pour convaincre le public de l’intérêt du réseau social. Il en va de même de la Chine, qui refuse catégoriquement l’arrivée de Facebook sur son réseau en raison de différentes caractéristiques du site qui permet par exemple de créer des événements ou des rassemblements qui pourraient conduire à des émeutes ou aller contre l’ordre public d’après le gouvernement chinois. Si Facebook souhaite pénétrer le marché chinois un jour, il devra tout comme Twitter accepter de mettre à disposition une plate-forme simplifiée et répondant à toutes les exigences du gouvernement chinois.

Cette croissance dans les pays en voie de développement est pratiquement devenue une obligation, puisqu’au fil des mois, le site attire de moins en moins de nouveaux utilisateurs. Les pays à fort taux de pénétration ne peuvent plus progresser, et les pays en voie de développement trainent la patte. Par comparaison, en septembre 2009, le site enregistrait 33,3% de nouveaux utilisateurs actifs quotidiennement, et 26% de nouveaux utilisateurs actifs mensuellement. En décembre 2011, ces taux de croissance avaient chuté à 5,7 et 5,6% respectivement. En réalité, depuis 2009, la croissance de Facebook n’a cessé de diminuer, soulevant de nombreuses questions sur l’avenir de la société.

Dans les statistiques dévoilées par le réseau, on remarque que Facebook a encore beaucoup de champ libre. Il devra néanmoins arborer une politique agressive dans certains pays où le réseau social peine encore à convaincre. C’est le cas de marchés à très fort potentiel comme le Japon (15%), la Corée du Sud (15%), la Russie (15%), l’Allemagne, l’Inde et le Brésil (20 à 30%). La compagnie estime par ailleurs que le nombre d’utilisateurs devrait également augmenter avec l’augmentation des connexions à Internet dans les pays émergents. L’accès aux réseaux mobiles et les smartphones devrait également faciliter la tâche du géant américain. Néanmoins, Facebook se veut prudent : “Nous pensons que notre croissance va baisser au fil des mois […] ce qui pourrait amener les investisseurs à se méfier de nos actions, et avoir pour conséquence une baisse de leur valeur.” Des paroles sincères qui révèlent une transparence quasi-totale au niveau des résultats mais qui n’en soulèvent pas moins de nombreuses questions !

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