Facebook entre en Bourse

C’est sans conteste l’événement financier le plus attendu de 2012 : Facebook a déposé mercredi son dossier d’entrée en Bourse, révélant qu’il envisageait de mettre sur le marché pour environ 5 milliards de dollars de titres, ce qui pulvérise tous les records pour une entreprise de la net-économie. Une étape importante est franchie.

Le réseau social numéro 1 n’a pas signalé la date prévue de cette opération, qui s’annonce comme le plus gros événément financier sur les marchés boursiers. L’entrée en bourse de Facebook est en effet un événement exceptionnel en raison de sa taille. Si le réseau social lève 5 milliards, cela donnerait une valorisation pour la société d’environ 80 milliards de dollars. Ce serait la plus grosse introduction jamais réalisée dans le monde de l’internet et l’une des plus grosses tous secteurs confondus. A titre de comparaison, Google n’avait vendu « que » pour 1,67 milliard de dollars de titres en 2004.

845 millions d’utilisateurs

“Nous ne construisons pas de services pour gagner de l’argent, nous gagnons de l’argent pour construire de meilleurs services”, a déclaré le patron fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, dans une lettre aux investisseurs accompagnant le dossier, comme pour avertir les investisseurs et rassurer ses utilisateurs. Des rumeurs parlent d’une levée de fonds espérée de 10 milliards de dollars.

Le document fourni par Mark Zuckerberg révèle quelques chiffres intéressants. Facebook revendique 845 millions d’utilisateurs actifs par mois et 483 millions par jour. C’est respectivement 39 et 48% de plus que l’année dernière. La version mobile du site séduit quant à elle 425 millions d’utilisateurs. Huit ans presque jour pour jour après le lancement du site dans une chambre d’étudiant à l’université Harvard, le site revendique un chiffre d’affaires annuel 3,71 milliards de dollars pour 2011, doublé en un an. Le bénéfice s’établit à 668 millions.

Facebook vaut-il autant d’argent ?

Facebook n’a pas indiqué dans ce dossier le nombre de titres qu’il comptait mettre en vente, ni leur prix, ne permettant donc pas d’évaluer sa valorisation théorique. Le montant total indiqué pour l’opération n’est que théorique, et, selon les analystes, il a des chances d’être revu en hausse à l’approche de l’opération, une fois que la direction et les banques qui la conseillent auront jaugé plus précisément l’intérêt des  investisseurs.

Les médias américains ont évoqué ces jours derniers une valorisation comprise entre 75 et 100 milliards de dollars, soit environ la moitié de la capitalisation boursière du principal rival de Facebook, Google, son aîné de six ans valorisé à 189 milliards et au chiffre d’affaires dix fois plus gros (38 milliards). Ces montants, gigantesques, suscitent beaucoup d’interrogations et parfois de scepticisme. Facebook vaut-il autant d’argent ? La question divise les spécialistes. La hantise de la création d’une nouvelle bulle internet similaire à celle qui avait finalement éclaté au début des années 2000 est toujours bien présente…

J.-F.M, avec G.D, AFP