Internet Explorer, le navigateur web de Microsoft, est certes loin d’être une espèce en voie de disparition. Il a d’ailleurs repris des couleurs avec sa dernière incarnation, la version 9, qui s’adosse plus fermement que les précédentes aux standards du web. Mais ses parts de marché poursuivent un lent déclin, de mois en mois, depuis plusieurs années.

Selon StatCounter, un consultant en statistiques du web, le navigateur de Microsoft aurait déjà plongé sous la barre symbolique des 50 %. Bien sûr, les chiffres varient d’un bureau d’études à l’autre, en fonction de la méthodologie utilisée pour comptabiliser le nombre d’utilisateurs de chaque navigateur. Selon un autre bureau d’étude de marchés Net Applications, Internet Explorer a perdu 1,8 % de parts de marché sur le seul mois d’octobre pour descendre à 52,6 %. En commençant l’année, il détenait encore 59,3 % des parts du gâteau.

Une constante: l’érosion

Mais s’ils varient sur la part réelle d’Internet Explorer, tous les indicateurs s’accordent pour confirmer son érosion. Qui pourrait, un jour ou l’autre, le ramener à son niveau des années nonante, lorsqu’il était engagé, avec son concurrent Netscape, dans une guerre des navigateurs qui a finalement mis ce dernier sur la touche, ouvrant un boulevard au navigateur de Microsoft, qui allait culminer à plus de 95 % de parts de marché en 2003 et 2004.

Mais cette victoire sans appel du géant de Redmond allait aussi marquer le déclin de son navigateur. Faute de rival, et donc d’incitant à poursuivre les investissements, Internet Explorer allait devenir, durant plusieurs années, le parent pauvre des développements technologiques de la firme fondée par Bill Gates.

Firefox se tasse, Chrome en embuscade

Un désintérêt qui allait rendre du poil de la bête à la concurrence. À commencer par Firefox, l’héritier des sources du programme de Netscape, apparu en 2004. Il compte aujourd’hui 22,5 % d’utilisateurs.

La part de marché de Firefox s’est cependant un peu tassée depuis quelques mois et la régression d’Internet Explorer profite surtout à Chrome, le navigateur lancé il y a trois ans par Google. Rapide et obnubilé par la simplicité, il a déjà gobé 17,5 % du marché des navigateurs et ne montre guère de signes d’essoufflement. Sur les dix premiers mois de 2011, Chrome a conquis plus de 7 % de parts, selon Net Applications et, à ce train, il pourrait bientôt talonner Firefox.

Quant à Safari, le navigateur d’Apple, s’il ne détient qu’une part congrue sur le marché des ordinateurs, il est le leader absolu d’un marché en pleine explosion : celui des smartphones et des tablettes. Préinstallé sur chaque iPhone et chaque iPad, Safari, avec ses 62 % de parts, laisse loin derrière lui ses deux premiers poursuivants, Android Browser et Opera Mini, tous les deux sous la barre des 20 %. Un marché du mobile où Internet Explorer n’a pas encore réussi une percée significative.

Alain Jennotte