Le Premier ministre britannique David Cameron s’est demandé comment il pourrait bloquer les réseaux sociaux et services de messagerie des émeutiers. Une telle mesure est-elle possible en Belgique ?

« Lorsque les gens utilisent les réseaux sociaux pour des actions violentes, nous devons les en empêcher », a déclaré David Cameron au lendemain des émeutes qui ont secoué  la Grande-Bretagne.

En Belgique, la police du Net, la Federal Computer Crime Unit (FFCU), agit au cas par cas. « On ferme ce qu’on veut, mais pas ce dont on a envie, déclare la porte-parole de la FFCU, il faut d’abord une commission rogatoire d’un magistrat ». Avec cette autorisation, les agents sont libres d’intervenir en ligne. Les recherches de délits ne sont dès lors pas pro-actives. « Il faut que le site ou la personne en question soit lié à une investigation, nous n’avons pas le personnel nécessaire pour simplement observer le réseau en continu », explique la FFCU. Ce qui n’empêche pas le hasard d’intervenir parfois : « Nous avons des bons contacts avec les réseaux sociaux comme Facebook par exemple. Il arrive qu’un de nos agents tombe sur un profil douteux, en désaccord avec les conditions d’utilisation du site. Nous les tenons au courant et eux se chargent alors de bloquer l’utilisateur en tort. »

Selon Damien Van Achter, journaliste spécialisé dans les médias sociaux, contrôler ces derniers est techniquement faisable, mais difficilement imaginable. « Il s’agirait d’un système préventif extrêmement onéreux. L’idée serait de rediriger le trafic entier vers des filtres ne laissant passer que ce qui est défini comme acceptable. Ce qui provoquerait un fort ralentissement du débit », explique-t-il. Le système sera comparable à ce qui a été mis en place en Chine, où une page Internet met de 13 à 16 secondes pour se charger. Et si un tel filtrage est possible, il devrait d’abord être autorisé par le Parlement. « Ce serait politiquement très dur, contestable et contesté, précise Van Achter, et de toute manière contourné par ceux qui utilisent le réseau à des fins illégales, si ça passait. »

M. C. (st.)

10 Commentaires

  1. Non, ce n’est pas coûteux. Le principe du Real-Time Blackhole list de Paul Vixie (1997) consiste en une session BGP qui attire le trafic vers des destinations déterminées et les redirige vers Null0. C’est facile, c’est efficace et ça ne coûte rien. Le problème n’est pas technique mais de savoir si c’est souhaitable.

  2. Monsieur Van Achter ferait bien de suivre quelques cours de sécurité réseau et le stagiaire du Soir d’interroger un véritable expert avant de pondre des inepties techniques!!

  3. @Marc> ça ne permettrait que de censurer, par bloccage ou redirection, une liste arbitraire de sites, soit pour tous, soit pour une population idetifiée;
    un filtrage dynamique permettant d’analyser le contenu de la page pour savoir s’il faut l’afficher en totalité ou en partie, ou la bloquer, au cas par cas, serait couteux
    (et dans tous les ce serait toujours contournable en ne passant pas par les serveurs DNS controlés)

    • (TCHEU!!) …voire en passant à travers via une connexion cryptée dans un tunnel TCP, etc. Ce ne sont pas les moyens simples qui manquent pour passer outre ce genre de blocages… Regardons ce qui s’est passé en Egypte : il n’a pas fallu 8 jours pour que les communications passent outre les blocages imposés par le gouvernement.

  4. Je pense que le passage important dans cet article est celui-ci:

    “Ce serait politiquement très dur, contestable et contesté, précise Van Achter, et de toute manière contourné par ceux qui utilisent le réseau à des fins illégales, si ça passait.”

    Le reste n’est que prétexte à couper des cheveux en quatre.

  5. En effet, je suis d’accord, le reste n’est que couper un cheveux en 4…

    Mais IPv6 n’a pas comme seule vocation a augmenter le nombre d’adresses disponible, une surcouche est déjà prête pour une redirection d’urgence, les états ont bien compris les enjeux et se sont emparés du consortium mais le ver était déjà dans le fruit…et la killer faille est là, elle sera exploitée conformément au plan, wait and see et n’oubliez pas que la compréhension n’est pas nécessaire à la collaboration

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