D’un coté la BEA (Belgian Entertainement Association) réclame une répression sévère du téléchargement illégal, qui selon l’association, est le grand responsable de cette baisse des ventes. D’un autre coté Jeremy Zimmerman, co-fondateur du site “La Quadrature du Net” défend farouchement la liberté des internautes en arguant que les pirates sont les plus grands acheteurs de musiques, vidéos et jeux et que la cause de cette baisse serait liée à un mauvais choix stratégique de la part des industries.

« La crise du CD ? Il suffit de regarder dans le passé, chaque technologie a connue une montée en puissance et un déclin inévitable, il faut donc adapter les fichiers musicaux aux besoins actuels des consommateurs, », clame Jeremy Zimmerman grand défenseur des libertés des internautes. « L’industrie doit faire des choix stratégiques, elle doit innover, car les MP3 existent depuis 1995, il est temps de passer à autre chose ! »,explique t-il.

Pour Zimmerman , les chiffres des industries sont souvent utilisés à tort, car ils ne tiennent pas compte des autres formes de musiques comme les concerts ou encore le cinéma. Les ventes de tickets de concerts et de cinéma ont explosés ces dernières années en France et ne cessent d’augmenter. D’après Zimmerman le secteur de la musique n’est pas en danger: « Il n’y a jamais eu autant de musique produite », souligne t-il. « Il est juste dommage de voir que les radios diffusent un nombre très limité de titres ». « Il faut savoir que l’offre de l’industrie musicale est très limitée, médiocre et peu adaptée aux demandes du public d’aujourd’hui. La loi Hadopi à un effet contre productif, car il est prouvé que les pirates sont ceux qui achètent le plus de musique et de vidéos ». conclut-t-il

D’après le directeur de BEA le problème est autre part. Il souhaite qu’à l’image de la France la Belgique doit adopter une législation plus sévère en matière de téléchargements illégaux, si elle veut sauver le marché du divertissement qui va de pire en mal. Pour lui il n’y a pas dix mille solutions ; il faut que le secteur s’adapte aux habitudes des consommateurs de films de jeux vidéos et de musique. Les autorités doivent également réagir pour protéger l’économie et les emplois du secteur du divertissement.

« Il faudrait une meilleure applications de la législation existante pour lutter plus efficacement contre l’offre illégale et gratuite. Des mesures fiscales moins sévères devront également être appliquées pour stimuler la production et la distribution locale, tel que le font déjà les Etats-Unis où la TVA est de 0% pour certains secteurs du divertissement. », explique-t-il.

Enfin le directeur explique qu’il serait également intéressant de promouvoir une collaboration à l’échelle internationale avec les fournisseurs d’accès Internet et du reste des entreprises du divertissement( les imprimeries, studios d’enregistrement, fabriquant de matériel sonore etc), ainsi qu’un développement au niveau de l’offre créative.

Bien que les deux camps aient chacun des arguments opposés, il y a point sur lequel ils sont tout deux d’accord; il est capital que les industries de divertissement changent de stratégie et s’adaptent aux besoins réel des consommateurs d’aujourd’hui.

Claire Champougny (st.)