Pour les fans de stratégie sur PC, la série Commandos tient une place importante dans leur cœur. Près d’un quart de siècle depuis la sortie de Commandos 3: Destination Berlin, on se retrouve, enfin, avec un nouvel opus ! 22 ans. Vingt-deux ans se sont écoulés depuis la sortie du dernier jeu Commandos. Il y a bien eu Commandos: Strike Force en 2006, un FPS venu rebattre totalement les cartes de la franchise et qui a fait un petit flop, mais jamais depuis plus de 20 ans la franchise n’avait connu de nouvel épisode majeur dans la stratégie en temps réel. Commandos: Origins vient combler ce réel manque des fans. Si cet épisode revient aux “origines” de la saga, il faudra toutefois compter sur de toutes nouvelles équipes au développement. Pyro Studios et Eidos Interactive ne sont malheureusement plus, c’est Kalypso Media (Tropico) et son petit studio Claymore Game qui sont aux manettes du renouveau de la franchise. Avec Origins, on découvre notre section préférée à ses balbutiements. L’équipe est en pleine formation, et l’on se retrouve à devoir parcourir de multiples environnements pour aller recruter les célèbres commandos que l’on connaît : Béret Vert, l’Artificier, le Mécano, le Tireur d’Elite, l’Espion et le Nageur de combat. Tous se retrouvent pour une mission : tuer du nazi et contrecarrer les plans d’Hitler et de l’Allemagne. Tous ceux qui ont joué aux premiers jeux Commandos savent ce qu’est la frustration et le die & retry. Les premiers jeux étaient d’une difficulté incroyable, où il fallait calculer le moindre déplacement et s’assurer de ne laisser absolument aucune trace de son passage derrière soi. Tout le charme de la franchise est repris dans cet épisode, avec quelques nouveautés. Pour rassurer les fans de la première heure, oui. Oui, Commandos: Origins est bien le digne successeur de ses ancêtres et oui il hérite d’une difficulté sans nom. Oui, vous allez recommencer plusieurs fois la même mission parce que vous aurez laissé un cadavre derrière vous ou parce que vous serez entré dans le champ de vision d’un ennemi. Les premières minutes du jeu donnent d’ailleurs le ton. On démarre avec Thomas Hancock, l’Artificier, qui part en Afrique libérer le Béret Vert. C’est la toute première mission du jeu, qui fait également office de tutoriel et qui nous permet dès les premières minutes de découvrir la beauté et la richesse du jeu. C’est d’ailleurs dans cette introduction que l’on se rend compte du retour aux premières amours de la série : moins d’action et beaucoup plus d’infiltration. On retrouve d’ailleurs les angles de vision qui ont fait la renommée de la franchise et qui sont encore plus clairs et utiles que jamais. Pour le reste du gameplay, on se retrouve avec les mêmes fondamentaux que par le passé et qui n’ont jamais fait défaut à la franchise. Chaque Commando dispose de ses propres outils, armes et capacités et apporte son petit plus à une équipe très bien huilée. L’Espion est capable de revêtir l’uniforme des ennemis, le Béret Vert est le costaud de la bande et le Nageur est capable d’infiltrer une base depuis la mer. Le jeu nous fait passer d’une ville à un désert en passant par des paysages enneigés. Au rayon des nouveautés, cet épisode apporte toutefois le très réussi mode Commande. Lorsque vous vous retrouvez dans une situation où il faut faire agir de concert deux Commandos, ce mode vous permet de leur donner des ordres prédéfinis puis, une fois que vous les avez attribués, de les faire exécuter en même temps. C’est la vraie nouveauté et la bonne idée de cet épisode. Si on n’utilise pas le mode Commande à chaque action, il se révèle vraiment utile dans les situations les plus tendues. On remarquera aussi que le jeu est plus libre et laisse le libre choix de l’approche au joueur. Un level design habilement pensé et un gameplay tout particulièrement adapté permettent au joueur de choisir, à chaque instant, entre telle ou telle approche. Ca change des premiers épisodes où l’on n’avait d’autre choix que de suivre ces “niveaux couloirs”. Les cartes sont également bien plus vastes et plus intelligemment pensées et, surtout, très jolies ! Origins est incontestablement le plus beau jeu de la franchise et, bien qu’il ne soit pas aussi beau que les standards actuels, il tient bien la route. Toutes ces approches permettent de gonfler la durée de vie et de faire de Commandos: Origins le titre le plus long de la franchise. Comptez près de 30 heures pour en venir à bout, là où le premier épisode de la saga s’achevait en “à peine” 24 heures. Et pour le finir à 100% en récupérant tous les collectibles, vous pouvez bien compter une dizaine d’heures en plus. La toute première mission sert principalement de tutoriel pour apprendre les bases. Mais après tous ces points positifs, qu’est-ce qui empêche Commandos: Origins d’être un GOTY ? Pas grand-chose, si ce n’est quelques petites errances par-ci par-là des développeurs ou des “défauts” propres à la saga. On notera avant toute chose quelques petits bugs présents ici et là qui jaillissent de nulle part et qui nous obligent à relancer la sauvegarde. En parlant de sauvegarde, jamais la franchise n’avait proposé de sauvegarde automatique, et ça ne change pas avec cet opus. Si les fans hardcore y verront là un plus pour le gameplay, le novice y trouvera un manque bien présent, forçant parfois à recommencer toute une mission pour une simple errance. Il faut donc prendre le soin de sauvegarder au moindre mouvement afin d’éviter une frustration omniprésente dans ce titre. Enfin, et c’est le propre de la licence depuis la sortie du premier jeu en 1998, c’est d’une difficulté sans nom. Même le mode de difficulté le plus bas ne laisse que peu de place à l’erreur et il n’est pas rare de recommencer 4 ou 5 fois la même mission. C’est un titre qui est très compliqué, il faut savoir patience garder et ne surtout pas perdre pied. Conclusion Commandos: Origins réussit son pari de ressusciter avec brio une licence mythique de la stratégie en temps réel. En renouant avec les fondamentaux de la série — difficulté corsée, gameplay tactique, missions d’infiltration millimétrées — tout en y injectant quelques nouveautés bien pensées comme le mode Commande ou un level design plus ouvert, cet opus rend un hommage fidèle à ses prédécesseurs tout en modernisant la formule. Malgré quelques bugs et l’absence persistante de sauvegarde automatique, le plaisir est intact pour les vétérans, tandis que les nouveaux venus devront s’armer de patience. Un retour exigeant, mais profondément réussi.