Test – Isonzo : le FPS qui vous plonge au coeur du conflit italo-autrichien

Après Verdun et Tannenberg, le petit studio néerlandais BlackMill Games nous livre déjà son troisième titre. Isonzo s’inscrit dans sa série “WWI”, qui nous fait revivre les plus grandes batailles de la 1ère Guerre mondiale. Direction cette fois les Alpes, pour un conflit sanglant opposant l’armée Italienne et l’Empire austro-hongrois.

Après l’excellent Tannenberg, BlackMill Games nous propose de retourner au front avec Isonzo, un nouveau jeu de guerre multijoueur se jouant exclusivement à la première personne, qui s’intéresse cette fois aux combats menés entre l’Italie et l’Empire austro-hongrois dans les Alpes.

Les bombardements et attaques au gaz peuvent faire de gros dégâts…

Le jeu tout entier s’architecture autour du mode Offensive, dans lequel les joueurs joindront l’une des deux factions pour soit protéger des lignes de défense, soit tenter de mener à bien l’offensive. Un concept qui se rapproche de celui de Battlefield. La faction en défense devra maintenir ses positions et éliminer un maximum d’ennemis en renforçant si possible ses défenses. La faction qui attaque devra remplir plusieurs objectifs : comme faire sauter une position ou capturer un avant poste, avant de tomber à cours de renforts (généralement, 250 hommes). La partie se déroule en plusieurs actes, jusqu’à la défaite d’une des deux factions.

Isonzo se démarque ainsi de ses ancêtres. Verdun était davantage axé sur une guerre de position. Tannenberg proposait des batailles beaucoup plus mobiles sur le front est. Isonzo mélange les deux aspects avec des combats alpins qui viennent ajouter un peu de verticalité aux affrontements. On retrouve des combats de tranchées, des zones de jeu plus ouvertes et surtout des environnements globalement beaucoup plus verticaux que dans les précédents jeux. Et c’est sans aucun doute au niveau de son level-design que le jeu brille le plus. La plupart des niveaux proposent de s’affronter dans des décors alpins idylliques. Qui deviendront peut-être votre tombe… Au fil des bombardements, des attaques aux gaz toxiques et des charges mortelles. La ligne de front se déplace tout au cours de la partie, avec des changements d’environnements qui peuvent surprendre puisqu’on passe d’une guerre de tranchés à des affrontements urbains, puis en pleine nature dans certains cas. Les niveaux sont d’ailleurs propices aux actions menées sur plusieurs fronts à la fois. La faction qui prendra le contrôle des mitrailleuses fixes et des points de renforts sur son parcours sera souvent celle qui remportera la partie. Attention toutefois, il convient de bien communiquer entre coéquipiers et de mener des actions sur plusieurs fronts en simultané, ce qui n’est pas toujours évident.

Le champ de bataille évolue tout au cours de la partie.

On le sent, BlackMill maîtrise désormais parfaitement la formule. Le level-design d’Isonzo frôle l’excellence. Comme ses prédécesseurs, Isonzo se veut aussi une expérience historiquement très proche de la réalité, avec des champs de bataille réalistes et qui mettent en avant des combats qui se sont réellement produits. Si vous n’avez jamais joué à un jeu de la série, vous risquez d’être surpris au départ. Il est vrai que le titre peut se montrer sans pitié avec les débutants. Le gameplay reste exigeant. Une balle suffit à vous mettre au sol. Et vu que le jeu met en scène des combats mêlant plusieurs dizaines d’unités, des bombardements et des tirs d’artillerie, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver quand on débute. Le gameplay du jeu se veut réaliste : les armes de la Première Guerre mondiale manquent de précision et sont lentes à recharger. Mais Isonzo n’en reste pas moins très fun. La plupart des armes viennent avec un chargeur de cinq ou six balles, qui permet d’éliminer quelques ennemis. Lorsque vous manquez de munition, rien ne vous empêche toutefois de partir au corps à corps, à la baïonnette.

Le gameplay du titre reste technique.

Pas de battle royale donc, pas de deathmatchs non plus, ni même de vrai mode solo. Isonzo est un jeu entièrement fondé sur son mode Offensive. Et c’est d’ailleurs ce qui fait son charme. L’intégralité du jeu a été basé sur ce concept, qui est poussé plus loin que dans les précédents volets, qui représentaient des batailles sur des cartes fixes. La grande nouveauté dans cet épisode, c’est cette ligne de front qui progresse et nous ouvre les portes de nouvelles zones de jeu dès qu’un objectif est rempli. En ce sens, le jeu est très bien pensé puisqu’il offre une excellente rejouabilité avec ses parties qui durent 30 à 40 minutes et qui peuvent être rejouées plusieurs fois dans les deux camps.

Comme dans les précédents titres de la franchise, il est possible de prendre le contrôle de plusieurs classes aux attributs bien différents les unes des autres. De l’unité d’assaut aux ingénieurs, qui coupent les fils barbelés, en passant par les tireurs d’élite. Mieux, avec l’expérience acquise, le joueur débloque de nouvelles armes pour ses unités, et davantage d’équipement. Le joueur ne devra d’ailleurs pas se contenter de foncer sur le champ de bataille puisqu’il faudra aussi utiliser des attributs particuliers : poser du fil barbelé, ordonner de barrages d’artillerie, envoyer du gaz moutarde sur les lignes ennemies. De par sa construction, le jeu se veut également stratégique.

Les décors alpins sont très plaisants.

Comme on l’a dit plus haut, Isonzo est typiquement le genre de FPS qui montre son potentiel sur la durée : lorsqu’on maîtrise bien sa classe, qu’on a amélioré son équipement, qu’on maîtrise les cartes et qu’on est capable d’anticiper les stratégies adverses, de préférence en équipe. Il y a vraiment de quoi passer des heures et des heures sur ce titre. Et, s’il est vrai que ce troisième jeu du studio est 10€ plus cher que son prédécesseur (29,99€), et qu’il n’offre pas forcément plus de contenus au lancement, les développeurs ont déjà annoncé une roadmap complète qui comprend de nouvelles armes, factions et cartes. Des DLC qui seront pour la plupart gratuits. Le suivi du jeu s’annonce d’ailleurs excellent avec la promesse de mises à jour pour améliorer l’IA des bots et améliorer la balance des combats. Les précédents jeux avaient d’ailleurs eu droit à un excellent suivi de la part des développeurs.

Le masque à gaz vous sauvera souvent la vie.

Autre atout du jeu par rapport à ses prédécesseurs : l’introduction du crossplay qui garantit une communauté très active. Car mine de rien, c’était l’un des principaux défauts du précédent volet, qui était vite mort sur certaines plates-formes, la faute à l’absence de joueurs dans les playlists. Trop souvent, il fallait se contenter d’affronter des bots dans des parties sans âme. A la sortie d’Isonzo, les serveurs étaient pleins à raz bord avec des dizaines de parties disponibles. Une bonne chose.

Inversément, au lancement, on a remarqué quelques bugs et crashs et surtout, une IA qui s’est révélée beaucoup moins convaincante que dans les précédents volets. Si dans certaines situations, les bots se débrouillent correctement, ils ont tendance à rester stationnés en un seul endroit et ne se comportent pas de façon très réaliste dans toutes les conditions… La diversité des maps y est certainement pour beaucoup, car on le sent, ils ne s’adaptent pas toujours au terrain.

On se prépare à lancer l’assaut…

Autre reproche que l’on adressera au jeu : la présence de seulement deux factions. Certes, cela s’explique par le réalisme historique, mais par rapport aux autres épisodes de la franchise, le casting est un peu léger. Les développeurs ont toutefois déjà promis l’ajout d’une troisième faction avec un futur DLC gratuit.

Techniquement aussi, le jeu déçoit (un peu). Isonzo est certes globalement joli, mais l’évolution par rapport aux précédents volets reste timide et le jeu ne nous a pas paru particulièrement optimisé pour les consoles new-gen. Attention toutefois à ne pas comparer le titre au dernier COD ou Battlefield. Isonzo est un jeu qui est développé par une toute petite équipe. Vu la taille des niveaux et la distance d’affichage, le résultat reste très convaincant. On ne joue de plus pas à ce titre pour en prendre plein les yeux…

Alors oui, Isonzo n’est pas une claque monumentale, tout était loin d’être parfait au lancement et oui, les amateurs de FPS regretteront sans doute d’être limités à une seule campagne, au coeur des Alpes. Ceci étant dit, le titre est une franche réussite à bien des niveaux. Blackmill maîtrise désormais parfaitement sa formule, la roadmap est alléchante et plusieurs défauts du jeu devraient rapidement être corrigés par le biais de mises à jour.

Conclusion

Après Tannenberg, le studio Blackmill frappe une nouvelle fois très fort avec Isonzo, un jeu de guerre à la première personne qui nous propose de revivre les grandes batailles de la Première Guerre mondiale en Italie, entre l’Italie et l’Empire austro-hongrois. Un conflit méconnu qui prend surtout place dans des décors majestueux. On le sent, le studio maîtrise beaucoup mieux sa formule. Le mode de jeu principal, baptisé “Offensive” propose de prendre part à des batailles qui confrontent un assaillant et un défenseur. Les combats sont extrêmement intenses : ils mettent en scène plusieurs dizaines de soldats sur un champ de bataille qui évolue continuellement, avec des bombardements, des tirs de mortier, du gaz moutarde… Chaque partie dure entre 30 et 40 minutes. Et très vite on se rend compte de l’incroyable rejouabilité du titre. Très stratégique, le titre propose des affrontements tactiques extrêmement prenants, avec des déroulements totalement différents d’une partie à l’autre. Le concept est bien rôdé, la réalisation est soignée et le contenu assez généreux. A 29,99€, voici un excellent FPS multijoueur pour s’occuper cet hiver entre amis. 

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Isonzo

Gameplay 9.0/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 7.0/10
Bande son 9.5/10
Finition 7.5/10
8.2

On aime :

Un excellent level-design

Un gameplay toujours aussi technique

Des combats intenses

Le charme des paysages alpins

Le crossplay

On aime moins :

Quelques bugs, crashs

Seulement deux factions

Plus cher que ses ancêtres (29,99€)