Crédits : AFP

Pourquoi les faux comptes Twitter sont un problème pour Elon Musk

Elon Musk a posé des conditions à son rachat de Twitter. Il attend que le réseau social lui confirme la proportion de “faux comptes” ou de “spams” parmi les utilisateurs. Explications.

Les résultats financiers de Twitter sont parus fin avril. Dans le document, la plateforme indique comptabiliser environ 229 millions d’utilisateurs réguliers. Moins de 5% de faux comptes seraient donc présents sur la plateforme et ce taux n’aurait pas évolué depuis une dizaine d’années. Le 16 mai, lors d’une conférence à Miami, le patron de Tesla a indiqué que ces comptes fake pourraient en fait être beaucoup plus nombreux. “20% de faux comptes et de spams, c’est quatre fois plus que ce que Twitter affirme, mais le vrai chiffre pourrait être bien supérieur”, a tweeté le milliardaire le lendemain de la conférence.

Mais qui sont ces faux comptes ?

Tout d’abord, il faut savoir que Twitter n’impose pas à ses utilisateurs de s’inscrire en utilisant leur véritable identité. Ainsi, la plateforme autorise les profils automatisés, parodiques et les pseudonymes.

Les faux comptes sont principalement des “bots”, donc des comptes automatisés derrière lesquels se cache un robot. Même s’ils peuvent avoir un objectif informatif ou distrayant, le problème de ces bots est que leurs créateurs peuvent s’en servir à des fins malveillantes. Par exemple, pour faire de la propagande ou harceler des utilisateurs. Une autre pratique controversée consiste à “acheter” des abonnés pour accroître sa visibilité. À ce propos, le réseau social a lancé une vaste opération de ménage en 2018. Résultat ? Twitter avait supprimé des dizaines de millions de comptes. Mais là ne sont pas les seules raisons de la réticence du milliardaire face au rachat.

Pourquoi posent-ils problèmes ?

D’un point de vue financier, ces “faux comptes” ont un impact direct sur les résultats de l’entreprise. Premier point, dans l’espoir de diversifier ses revenus, Twitter a commencé à proposer des abonnements payants. Deuxièmement, le modèle économique du réseau dépend principalement de la publicité, qui est elle-même dépendante du nombre d’utilisateurs. Et un utilisateur “monétisable”, donc qui rapporte, est un utilisateur qui est exposé à des publicités. Les bots étant des robots, ils n’en font pas partie. Ainsi, dans l’hypothèse où Twitter aurait revu ses résultats à la baisse et que la proportion de faux comptes serait en réalité plus élevée que 5%, cela pourrait avoir un impact sur la publicité et donc, fausser les prévisions de revenus liées aux abonnements payants.

 

Dans l’un des épisodes de la saga Twitter/Elon Musk, le milliardaire a tweeté “le directeur exécutif de Twitter a refusé hier de prouver que moins de 5 % des comptes étaient des faux”. Il a ajouté, “jusqu’à ce qu’il le fasse, la transaction ne pourra pas aller de l’avant”.

Ironiquement, Business Insider titrait fin mai que, selon deux groupes de recherche, les abonnés d’Elon Musk sur Twitter étaient probablement à 23% des faux comptes ou des comptes de spam. Pour le moment, Elon Musk refuse toujours de poursuivre le rachat.

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