Crédits : Elisa Ventur

Une nouvelle arnaque aux faux emplois cible les jeunes

De plus en plus d’étudiants sont les cibles de hackers par le biais de fausses offres d’emploi.

Des chercheurs en cybersécurité mettent en garde les universités et les étudiants. Dans le viseur, plusieurs tentatives de fraude ciblée par email sur le thème de l’emploi. Elles pourraient coûter des milliers d’euros aux victimes.

“Ces types de menaces peuvent faire perdre aux gens leurs économies ou les inciter à participer à une opération criminelle sans le savoir”, indique la société Proofpoint. 

Les étudiants, une cible de choix

Sur Internet, des cybercriminels se font passer pour des recruteurs et des employeurs, rapportent des chercheurs en sécurité informatique de Proofpoint. L’objectif de cette fraude est d’attirer des étudiants à court d’argent avec une fausse offre d’emploi.

Pour cela, les arnaqueurs utilisent la promesse d’un travail à domicile pour collecter des données personnelles, voler de l’argent. Parfois même, ils essaient de convaincre les victimes de participer à des activités illégales telles que le blanchiment d’argent. Cette arnaque cible presque exclusivement les étudiants. Selon l’Internet Crime Complaint Center du FBI, les victimes déclarent avoir perdu en moyenne près de 3.000 euros.

Dans un communiqué de presse, Proofpoint a partagé plusieurs exemples d’offres d’emploi frauduleuses. Par exemple, un poste d’assistant personnel pour l’UNICEF et des emplois de mannequin pour des marques de mode telles que Zaful et Fashion Nova.

Un faux poste d’assistant personnel de direction Unicef. Crédits : Proofpoint
Fausse offre d’emploi de mannequin pour la marque Zaful. Crédits : Proofpoint

4.000 tentatives par jour

Cette arnaque gagne de l’ampleur, et ce, surtout depuis la pandémie de coronavirus et la situation précaire de nombreux étudiants. Ainsi, les étudiants installés à l’étranger, en manque d’argent ou tout simplement ouverts au travail à domicile sont des cibles considérées comme faciles par les cybercriminels. C’est ainsi que 95 % des personnes ciblées sont inscrites dans un établissement d’enseignement supérieur. Et, principalement, dans des lycées et des universités.

En chiffres, la société enregistre quotidiennement près de 4.000 tentatives d’escroqueries par email. Celles-ci impliquent souvent de faux chèques de salaire et des demandes d’argent par virement bancaire et Bitcoin. La majorité des victimes sont des étudiants américains. Mais la société rapporte également des cas en Europe et en Australie.

La précarité étudiante en Belgique

En 2019, le cabinet Marcourt a commandé une enquête à SONECOM-BDO sur les conditions de vie des étudiants de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles. D’après les résultats de cette dernière, 36% des étudiants sont en situation de précarité objective. Autrement dit, ils font régulièrement face à des problèmes financiers et bénéficient d’un ou plusieurs dispositifs d’aides sociales. Si l’on calcule 36% du dernier relevé de la population étudiante de l’ARES, cela fait 73.800 étudiants.

En tout, 80.000 jeunes qui n’ont pas recours à une aide sociale déclarent eux-mêmes avoir déjà dû renoncer à un repas ou un soin de santé pour payer leurs études, indique le site inforjeunes.be. Ainsi, dans l’espoir de trouver un emploi et de “s’en sortir”, de nombreux étudiants risquent de tomber dans le piège des arnaques à l’emploi.

Détecter l’arnaque

Tout d’abord, il faut noter qu’un “vrai” employeur n’enverra jamais de chèque de paie ou de virement bancaire avant le premier jour de travail de l’employé. De même, aucun patron ne demande de lui envoyer de l’argent pour acheter des articles. Et encore moins avant que son employé ait commencé son contrat.

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