Test – Tiny Tina’s Wonderlands : Borderlands au pays du fantastique

Après Borderlands 3, Gearbox Software nous revient avec un nouveau projet ambitieux. Tiny Tina’s Wonderlands se présente comme un spin-off fantaisiste de Borderlands, qui troque l’univers post-apocalyptique de la série culte du studio pour un univers médiéval-fantastique. 

Vous vous souvenez peut-être de cette extension délirante de Borderlands 2, qui nous proposait de partir à la découverte d’un monde fantaisiste, bien loin de l’univers sombre de Borderlands. “Tiny Tina et la Forteresse du Dragon” était reconnu comme l’un des meilleurs DLC de la série. Et c’est sans doute ce qui a poussé le studio Gearbox Software à nous proposer un spin-off complet, qui reprend dans les grandes lignes le concept d’un Borderlands pour l’appliquer dans un univers médiéval-fantastique.

Il va falloir looter, partout, tout le temps.

Alors bien sûr, réduire Tiny Tina’s Wonderlands à une copie de Borderlands serait bien sûr très réducteur. Certains éléments du gameplay changent en effet du tout au tout. Exit le “monde ouvert” – ou plutôt partiellement ouvert – de Borderlands, Wonderlands propose une progression plus classique, avec des niveaux dans lesquels il est très difficile de se perdre. Comme Borderlands, Wonderlands mise tout sur la coop à quatre joueurs. Le jeu a véritablement pensé dans ce sens : quatre joueurs progressent à travers des niveaux ultra-linéaires en massacrant toutes sortes de monstruosités tirées d’univers fantaisistes, des trolls aux wyverns. Si on retrouve bien des armes contendantes – typiques des RPG -, les combats au corps à corps manquent cruellement de profondeur et surtout ont tendance à vite tourner en la défaveur du joueur. Il sera beaucoup plus efficace dans Wonderlands d’utiliser des armes à feu pour massacrer ses ennemis. Ennemis qui d’ailleurs utiliseront régulièrement des armes à feu aussi. Ne cherchez pas une explication, il n’y en a pas! On est bien ici dans un univers fantaisiste. Les arcs à flèches et glaives ont toutefois avoir été remplacés par des mitrailleuses lourdes et shotguns. En ce sens, Wonderlands est très proche de ce que proposait déjà Borderlands. Le loot fait partie des composantes essentielles du gameplay. Il faudra continuellement ramasser des armes et objets, ouvrir des coffres et fouiller les cadavres des adversaires pour faire évoluer son armement. La force du jeu, c’est bien entendu les très nombreuses combinaisons d’armes à disposition du joueur.

En solo, Wonderlands n’est guère très intéressant à parcourir avec son level-design très pauvre, ses séquences de jeu ultra-scriptées et surtout sa faculté à déborder le joueur avec des hordes d’ennemis qui se ruent sur lui… En coop, il se présente sous un regard complètement différent et peut à ce titre se révéler très fun. A condition bien sûr de trouver les bonnes personnes pour vous accompagner dans cette quête…

On vous avait prévenu : l’univers du jeu est assez particulier…

Si Wonderlands sait se montrer entraînant dans ses gunfights, et notamment ses combats de boss, le titre souffre néanmoins d’une structure très vieillotte, avec ses niveaux ultra-linéaires qui se réduisent à de longs couloirs reliant deux arènes. Le loot est partout, et pour ceux qui y sont allergiques, Wonderlands se transformera vite en un véritable cauchemar. Quant au gameplay, si les gunfights sont efficaces, on a cette désagréable sensation de jouer à un titre d’il y a dix ans, qui n’a pas su évoluer avec son temps. Ca reste plaisant à jouer, mais Wonderlands est beaucoup trop répétitif, bourrin et simple pour passionner les amateurs de FPS.

Les seules réelles originalités du jeu viennent de son univers décalé. Exit le post-apocalyptique, place ici à un monde fantaisiste. Le concept du jeu est simple : Wonderlands, c’est une partie de jeu de rôle interactive dans laquelle des protagonistes de Borderlands se lancent dans une aventure aux quatre coins du royaume. L’histoire est contée par une narratrice, la fantasque Tina, qui est très probablement l’une des plus grosses têtes à claques de l’histoire du jeu vidéo. Comme dans Borderlands, l’humour est au raz des pâquerettes. On nous ressert les mêmes blagues encore et encore jusqu’à plus soif et il faut bien l’avouer, il est très difficile de s’intéresser à ce récit médiéval, qui nous est narré par une adolescente surexcitée. Il y a toutefois quelques bonnes idées dans tout cela, comme la capacité de la narratrice à changer le scénario en cours de partie en dessinant par exemple un pont pour éviter au joueur un long voyage et donner ainsi un peu de dynamisme au récit. Globalement, le character design et l’univers du jeu sont également très séduisants. Le cel-shading fait également des merveilles avec des décors très jolis et des personnages et créatures admirablement modélisés eux aussi. L’ennui, c’est que si le jeu est décent techniquement, il manque aussi cruellement de détails. Les textures au sol sont souvent très basiques et en dehors de quelques panoramas stylés, le jeu a du mal à impressionner.

Entre les missions, le joueur se promène sur une carte qui rappelle celle des RPG old-school.

Autre bonne idée : les aspects hérités aux RPG. Comme Borderlands, Wonderlands vous permet de créer votre propre personnage, en choisissant chaque trait de son physique mais aussi sa classe et ses compétences spéciales. Le joueur est doté de sorts qui lui permettront parfois de se sortir de situations épineuses. En éliminant des ennemis, il gagne des points d’expérience qui lui permettent d’améliorer ses compétences. On retrouve également, comme dans un RPG, des familiers, qui peuvent venir lui prêter main forte. Et puis, surtout, il y a ces séquences de jeu amusantes durant lesquelles la vue passe à la troisième personne, et on évolue librement sur une carte du monde interactive. C’est là que vous choisirez vos missions et missions secondaires. Des références amusantes au genre qui donnent une identité propre à ce Wonderlands.

Et puis bien sûr, il y a la narration et la présentation, toutes deux travaillées, et elles aussi bourrées de références aux jeux de rôle. Le ton ne plaira toutefois pas à tous. De notre point de vue, c’est là le plus mauvais choix de Gearbox. Wonderlands s’adresse clairement à un public de trentenaires. L’humour et le ton utilisés semblent pourtant l’adresser à un public d’adolescents…

Si le jeu est techniquement assez propre, on est loin d’avoir une claque.

Clairement, si vous n’aviez pas accroché aux Borderlands, Wonderlands ne parviendra pas à vous convaincre davantage. D’autant plus que la formule a vieilli… C’est pratiquement un copié-collé de Borderlands, à la sauce fantaisiste. Les fans de la série de Gearbox seront toutefois aux anges avec ce spin-off, qui propose un univers très différent de celui de Borderlands et introduit quelques petites nouveautés séduisantes. Au prix plein, l’addition reste toutefois salée pour un “simple spin-off”. Et ce, bien que l’aventure soit assez longue pour vous tenir scotché à votre pad une grosse semaine. Dans Wonderlands, votre pire ennemi, ce ne sera pas la durée du jeu mais plutôt sa répétitivité… Avant de s’y lancer, mieux vaut s’assurer d’avoir les bons amis pour y jouer…

Conclusion

Spin-off de Borderlands, Tiny Tina’s Wonderlands est pratiquement un copié-collé de la formule de la série dont il est tiré. La principale différence vient ici de l’univers. Exit le monde post-apocalyptique de Borderlands, place à un monde fantaisiste, qui induit forcément quelques petites nouveautés comme la présence de sorts et le plein de références aux jeux de rôle. Wonderlands nous est d’ailleurs narré comme un jeu de rôle. Une petite originalité qui parvient à lui donner sa propre identité. Tiny Tina’s Wonderlands peine toutefois à se distinguer de son modèle, dont il reprend pratiquement tous les éléments : le moteur graphique avec ses visuels en cel-shading vieillissants, sa progression linéaire, ses gunfights intenses entièrement axés sur la coopération entre joueurs et jusqu’à son arsenal. Si Wonderlands propose quelques armes médiévales, vous y utiliserez principalement des pétoires de l’univers de Borderlands. Si la formule reste efficace à quatre joueurs, le jeu se révèle pénible à parcourir en solitaire. D’ailleurs, ceux qui n’avaient pas accroché à Borderlands auront sans doute toujours autant de mal à accrocher à ce Wonderlands pour exactement les mêmes raisons. Le loot est présent partout, tout le temps, et est l’une des composantes essentielles du gameplay. L’humour est également lourdingue, avec des dialogues très mal écrits. De par son ton, Wonderlands semble cibler un public d’adolescents. Et c’est bien dommage, vu le potentiel de son univers.

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Tiny Tina's Wonderlands

Gameplay 6.0/10
Contenu 7.0/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 6.5/10
6.6

On aime :

Une direction artistique très réussie

La personnalisation du héros

La coop' à quatre

Une bonne durée de vie

On aime moins :

Les combats au corps à corps au second plan

Un level-design pauvre, avec des décors très linéaires

Un humour qui semble cibler les teenagers uniquement

Peu intéressant en solo

Du loot, partout, tout le temps