Crédits : Tech Transparency Project

5 fournisseurs d’Amazon auraient des liens avec les camps de concentration Ouïghours

Selon un rapport publié lundi, Amazon travaille encore avec des entreprises chinoises accusées de recourir au travail forcé. Et ce, malgré les avertissements publics concernant leurs pratiques de travail.

Une enquête du Tech Transparency Project démontre les liens entre 5 fournisseurs d’Amazon et les camps de concentration ouïghours. Ce groupe de recherche est dirigé par l’organisation à but non-lucratif Campaign for Accountability.

Pour rappel, au cours des deux dernières années, plusieurs rapports ont documenté le recours d’Apple à des fournisseurs liés au travail forcé en Chine. Dans cette dernière enquête, Amazon rejoint le club des accusés.

Une liste rouge de fournisseurs

En guise de mise en contexte, le rapport du TTP intervient quelques mois après la signature par le président Joe Biden de la loi bipartisane Uyghur Forced Labor Prevention Act. Le texte interdit toutes les importations en provenance du Xinjiang, et ce, en raison des problèmes de travail forcé.

“Les résultats soulèvent des questions sur l’exposition d’Amazon à la répression de la Chine à l’encontre de la minorité ouïghoure du Xinjiang – et sur la mesure dans laquelle le géant du commerce électronique vérifie de manière adéquate ses relations avec ses fournisseurs“, écrivent les chercheurs du Tech Transparency Project.

Plus précisément, selon le rapport, trois fournisseurs de la liste publique des fournisseurs d’Amazon ont directement recours au travail forcé de la population ouïghours. Les deux autres font eux-mêmes appel à des sous-traitants investis dans cette opération.

Cinq fournisseurs et une filiale

En clair, les cinq accusés sont Luxshare Precision Industry, AcBel Polytech, Lens Technology, GoerTek et Hefei BOE Optoelectronics. Ces fournisseurs contribuent à la fabrication d’appareils de la marque Amazon et de produits vendus sous des marques maison comme Amazon Basics.

D’autres conclusions du rapport précisent que la liste des fournisseurs d’Amazon comprend également une filiale d’AcBel Polytech. Il s’agit d’une entreprise basée à Taïwan qui aurait fait travailler de force des ouvriers du Xinjiang dans une usine de Wuhan, en Chine.

À savoir que gouvernement chinois a déjà été accusé par des groupes de défense des droits de l’homme d’opprimer systématiquement les Ouïghours, notamment en détenant jusqu’à un million d’entre eux.

Camps d’internement et travail forcé

En Chine, des programmes appelés “transferts de main-d’œuvre” organisent le déplacement des travailleurs de la région autonome ouïgoure du Xinjiang vers des usines situées dans d’autres régions du pays.

Selon les experts, ces programmes sont souvent coercitifs et liés à un réseau de camps d’internement et de rééducation de masse de Pékin. Par exemple, dans certains cas, les travailleurs ouïghours ne peuvent pas quitter les usines ou rentrer chez eux de leur propre gré.

Amnesty International estime que la Chine détient actuellement environ un million de prisonniers dans des camps d’internement. Ils seraient contraints de renoncer à leur religion et soumis à des travaux forcés dans des usines.

L’or du Xianjiang

Le Xinjiang est une région à prédominance musulmane, située à l’ouest de la Chine.

Elle fournit environ 85 % du coton de la Chine. Tout en sachant que le pays produit plus de 20 % de l’offre mondiale de coton. De même, elle produit presque la moitié du polysilicium chinois. Il s’agit du matériau de base utilisé pour la fabrication des panneaux solaires.

La réponse d’Amazon

Amazon a refusé de commenter ces accusations.

Pour le moment, l’entreprise s’est contentée d’une déclaration officielle. “Amazon se conforme aux lois et règlements de toutes les juridictions dans lesquelles elle opère, et attend de ses fournisseurs qu’ils adhèrent à nos normes de chaîne d’approvisionnement. Nous prenons au sérieux les allégations de violation des droits de l’homme, y compris celles liées à l’utilisation ou à l’exportation de travail forcé. Chaque fois que nous trouvons ou recevons des preuves de travail forcé, nous prenons des mesures”, a déclaré Erika Reynoso, une porte-parole de la société.

Dans les faits, Amazon affirme que ses fournisseurs produisent des appareils Amazon et des biens pour les marques privées Amazon. À savoir, Amazon Basics et Amazon Essentials. Mais la société ne précise pas de quels produits il s’agit.

Ces dernières années, Amazon n’est pas la seule entreprise américaine à avoir été visée par ce type d’accusation. En effet, en 2021, une enquête menée par The Information pointait du doigt sept fournisseurs d’Apple. Le texte les accusait d’avoir des liens avec des programmes de travail forcé chinois.

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