Les batteries au sodium pourraient être l’avenir des voitures électriques

L’augmentation du nombre de voitures électriques fait craindre une pénurie de lithium à l’industrie énergétique d’ici une dizaine d’années. Le sodium fait partie des alternatives sérieusement envisagées.

Le nombre de voitures électriques produites et vendues augmente d’année en année. Jusqu’à présent fabriquées à base de lithium, les batteries des voitures électriques pourraient toutefois être amenées à se transformer dans les prochaines années afin de répondre aux risques de pénurie de matières premières.

Pour comprendre la différence entre ces deux types de batteries, il faut revenir à leur origine. Lorsque les batteries ont commencé à apparaitre il y a une cinquantaine d’années, les scientifiques de l’époque pensaient que les batteries à base de sodium étaient l’avenir. Mais un autre type de batterie est apparu pour lui voler la vedette : les batteries à base de lithium.

Plus léger et moins volumineux, le lithium était plus facile à travailler. En 1991, la première batterie lithium-ion rechargeable est commercialisée par Sony dans ses caméras portables. Très vite, l’industrie tout entière emboite le pas et délaisse les batteries à base de sodium.

Une pénurie attendue pour 2030

Mais alors, pourquoi revenir aux batteries au sodium ? Pourquoi des entreprises comme la société chinoise CATL, un des plus grands fabricants de batteries au monde, ont-elles annoncé se tourner activement vers le sodium ?

Et bien tout simplement à cause de l’augmentation du nombre de véhicules et d’appareils électriques. Car qui dit augmentation du nombre de voitures électriques, dit augmentation du besoin en matières premières. Les experts estiment que d’ici la fin de la décennie, le monde rencontrera une pénurie de lithium. D’autres métaux rentrant dans la composition de ces batteries, comme le nickel et le cobalt risquent eux aussi de rencontrer des difficultés d’approvisionnement.

Le lithium n’est pas extrêmement rare, mais les gisements sont concentrés dans des endroits difficiles à exploiter. De son côté, Elon Musk a indiqué que l’approvisionnement en nickel serait une des plus grandes préoccupations pour l’avenir des batteries des véhicules électriques.

De nombreux avantages

Contrairement au lithium, le sodium est très facile à obtenir. On le trouve pratiquement partout, comme par exemple dans l’eau de mer. Il est généralement extrait du carbonate de soude. Cette large disponibilité permettrait à des pays qui ne disposent pas d’usines pour concevoir des batteries à grande échelle de lancer leurs propres chaines de production. Autre avantage, le sodium est moins cher que le lithium. Il est également plus performant par temps froid.

Wood Mackenzie, une société de conseil spécialisée dans les ressources naturelles, estime que les batteries au sodium coûteront 40 % de moins que les batteries lithium-fer-phosphate (LFP). Il faudra toutefois attendre que la production de batterie au sodium augmente drastiquement.

De son côté, CATL annonce que le sodium jouera un rôle majeur dans l’avenir électrifié. À partir de 2023, la société commencera notamment à placer des cellules de sodium à côté de celles de lithium dans les blocs de batteries qui alimentent les voitures électriques.