Le Kazakhstan affirme avoir signé un (faux) accord de signalements de contenus avec Facebook

Dans une déclaration présentée comme commune avec Facebook, le gouvernement kazakh a affirmé avoir eu accès à des outils indisponibles aux autres pays d’Asie centrale, ce que Meta a réfuté.

Le ministère de l’Information et du Développement social du Kazakhstan a ​​annoncé lundi une collaboration avec Facebook qui lui permettrait de signaler plus facilement les contenus jugés problématiques par le pays. Cette nouvelle survient après que le Kazakhstan ait indiqué qu’il pourrait bloquer les réseaux sociaux qui ne se plient pas aux règles du pays.

Le Kazakhstan affirme dans son communiqué avoir obtenu un accès direct à un canal de Facebook qui lui permet de signaler les contenus qu’il juge préjudiciables. « Le Kazakhstan est le premier pays d’Asie centrale à avoir accès à ce système », indique le ministère dans son communiqué, précisant qu’il s’agit d’une déclaration commune.

Meta a cependant démenti avoir réalisé toute déclaration commune avec le Kazakhstan. Le porte-parole de Meta, Ben McConaghy, a indiqué que le Kazakhstan ne disposait que de l’accès au système de signalement de contenus déjà utilisé par les gouvernements du monde entier pour signaler les publications qui selon eux, violent la loi locale. « Ce processus est le même au Kazakhstan que dans d’autres pays du monde », précise Ben McConaghy.

Facebook indique garder son indépendance

Il ajoute que les signalements sont analysés indépendamment des gouvernements afin d’être le plus impartial possible. « Nous suivons un processus mondial cohérent pour évaluer les demandes individuelles – indépendamment de tout gouvernement – conformément aux politiques de Facebook, aux lois locales et aux normes internationales des droits de l’homme ».

Jugé comme un état autoritaire, le Kazakhstan est actuellement en train de préparer des lois pour réguler les réseaux sociaux et en reprendre le contrôle. Le parlement du pays travaille ainsi sur un projet de loi qui permettrait au gouvernement de bloquer les réseaux sociaux et les applications de messagerie si leurs concepteurs n’ouvrent pas de bureaux dans le pays et n’y nomment pas des cadres kazakhs chargés d’examiner les plaintes des autorités.

Le gouvernement indique que cette loi doit permettre de renforcer la sécurité des enfants sur Internet et lutter contre la cyberintimidation. De nombreux opposants accusent cependant les autorités du Kazakhstan d’utiliser les enfants comme excuse pour réduire la liberté d’expression et empêcher les critiques du gouvernement sur Internet.