Test – Riders Republic : un condensé de fun

Après le sympathique Steep, Ubisoft Annecy nous revient avec un nouveau projet beaucoup plus ambitieux, qui rappelle, de par sa direction, l’excellent Extreme Sports sorti à l’époque sur Dreamcast…

Vous vous souvenez sans doute du sympathique Steep, un jeu de glisse développé par le studio Ubisoft Annecy qui n’était pas le jeu le plus populaire du catalogue de l’éditeur mais qui était parvenu à se forger sa petite communauté. Cinq ans plus tard, le studio français nous revient avec un nouveau jeu de sports extrêmes, plus ambitieux, puisque Riders Republic nous plonge non seulement dans un gigantesque monde ouvert, mais propose également de tâter de davantage de disciplines sportives que son ancêtre. Outre le ski, le ski alpin et le snowboard, on retrouve le VTT, le wingsuit, le wingsuit à réacteur et d’une certaine façon aussi le motoneige.

Le motoneige n’est pas une discipline sportive à proprement parler (dommage!), mais il vous servira à vous déplacer sur la carte.

Avant d’aller plus loin dans ce test, il convient toutefois de le préciser : les amateurs de simulation sportive peuvent passer leur chemin. Avec Riders Republic, Ubisoft a choisi la voie de l’arcade pure et dure. Cela se ressent jusque dans le ton du jeu, qui essaye d’être cool jusqu’à l’excès, jusque dans certains de ses défis qui vous feront dévaler des pentes avec un déguisement de direct ou livrer des pizzas dans un camp scout. Riders Republic n’est pas un titre qui se réserve à une niche. Le jeu se positionne d’ailleurs assez étrangement davantage comme une alternative à un Fall Guys avec ses courses de masse qui opposent jusqu’à une soixantaine d’adversaires à travers un parcours rempli de pièges et de bosses que comme une simulation de sport. Le monde ouvert qui vous accueille en est le reflet. Si Ubisoft a pris la peine de modéliser dans les moindres détails les plus grands parcs nationaux américains, ceux-ci ont été réorganisés sur une carte fictive qui les interconnecte tous pour offrir aux joueurs un vaste terrain de jeu.

Le wingsuit à réaction est très fun à diriger!

Qui dit monde ouvert dit souvent totale liberté d’action. Et Riders Republic ne représente pas une exception à la règle. Vous serez libre de vous promener librement sur cette gigantesque carte qui propose une étonnante diversité avec ses paysages inspirés de parcs nationaux tels que ceux du Yosemite, du Sequoia, d’Arches, de Zion, du Grand Teton ou encore de Joshua. Ceux-ci ont été modélisés avec une justesse impressionnante. On dénombre également peu d’absents, si ce n’est peut-être le pourtant très iconique Yellowstone National Park. Majoritairement, vous serez ici face à des paysages montagneux, verdoyants et désertiques. Pas de destinations tropicales pour l’instant, ni d’ailleurs de sports nautiques.

Si le jeu offre une jolie liberté d’action, en vous proposant d’explorer librement le monde, de participer aux compétitions de votre choix, de récupérer des trésors et d’admirer des panoramas, il propose néanmoins bel et bien un mode carrière structuré autour de six principaux championnats : les courses de VTT, les tricks de VTT, les courses de glisse, les tricks de glisse, le wingsuit et le wingsuit à réaction. Chaque discipline dénombre entre 15 et 30 événements. Le contenu est donc très solide. Il y a en effet largement de quoi se tenir occupé pendant plusieurs jours, voire semaines…

Les courses de masse vous feront affronter une soixantaine d’adversaires en temps réel.

Globalement, explorer ce vaste monde ouvert et participer à toutes les compétitions est un véritable délice. On ne se lasse pas de si tôt du concept. D’autant plus qu’on alterne ici entre toutes les disciplines et les paysages. Une progression non-linéaire qui joue donc tout à l’avantage du titre.

Bien sûr, toutes les disciplines ne se valent pas. On le sent, Ubisoft Annecy maîtrise tout particulièrement les sports de glisse. La conduite du VTT est beaucoup plus approximative, très arcade dans l’esprit, et pas suffisamment technique. Le wingsuit est fun à contrôler, mais également un peu trop facile à diriger selon nous. On notera d’ailleurs que les chutes ne sont guère très punitives puisque votre personnage se relèvera aussitôt ou respawnera avec un délai de 3 secondes… A moins de tomber sur des adversaires vraiment coriaces, difficile donc d’être abandonné par le peloton.

Le jeu tente parfois d’être cool à tout prix, quitte à se coller une image très (trop?) teenager.

Extrêmement fun à prendre en main, en grande partie de par l’excellence de ses tracés et les excellentes sensations de vitesse, Riders Republic manque toutefois de technicité dans son gameplay, qui se révèle finalement relativement facile à maîtriser. On aurait aimé un peu plus de complexité, ou au moins, quelques options de contrôle supplémentaires. Trop souvent, cela se résume à accélérer et foncer en ligne droite, en évitant l’un ou l’autre trou. Là où les choses se gâtent, c’est au niveau de la finition. Surtout, lorsque celle-ci affecte le gameplay, et notamment lors des fameuses courses de masse qui vous font affronter une soixantaine d’opposants à travers une série d’épreuves. Les débuts de partie représentent souvent un grand n’importe quoi. Soixante joueurs s’élancent à toute vitesse en ligne droite. Les chocs sont nombreux et projettent certains joueurs valdinguer dans les décors. D’autres sont – par miracle – épargnés. La gestion des contacts avec les autres joueurs est tout simplement catastrophique dans Riders Republic. Une fois, le choc vous expédiera contre un arbre. La fois suivante, vous traverserez l’autre joueur sans que cela n’affecte votre conduite… Les bugs sont nombreux dans le jeu, le clipping aussi. Les décors “pop” à l’horizon en permanence. Le jeu manque également cruellement de stabilité, avec une dizaine de crashs enregistrés en l’espace de 15 heures de jeu chez nous. On a (malheureusement) l’habitude avec les productions Ubi, et oui, le problème sera probablement réglé avec des mises à jour, mais pour les acheteurs day-1, l’expérience n’est clairement pas géniale…

Les sports de glisse font partie des plus réussis.

Côté technique aussi, le résultat déçoit – sensiblement. On ne s’attendait certes pas à la claque du siècle, mais il faut bien l’avouer, sur les consoles next-gen, Riders Republic est loin d’être au niveau des autres productions. Alors oui, on est face à un open-world, certains décors sont très jolis, certains visuels aussi, mais les modélisations de certains éléments visuels font peine à voir, en particulier les textures au sol qui “pop” à 20 mètres soudainement. L’explosion de couleurs à l’écran a tendance à jouer les cache-misère. Mais l’abondance de bugs graphiques et la finition désastreuse ne montrent clairement pas Riders Republic sous son meilleur jour.

Le joueur peut rapidement se remettre en selle en cas de chute, grâce au bouton rewind.

Côté bande son en revanche, Ubisoft Annecy a fait du très beau boulot avec une jolie variété de titres pour accompagner vos expéditions et vos courses, d’excellents doublages en français et une excellente spatialisation du son.

En définitive, difficile de ne pas être séduit par la proposition. Riders Republic a quelque chose de très rafraîchissant en lui. C’est fun, accessible, décalé, le terrain de jeu est extraordinaire, mais le titre a du mal à convaincre au niveau de sa finition. On l’espère de tout coeur, Ubisoft fera vivre ce projet – qui est peut-être l’un de ses plus charmants depuis des années – avec des correctifs qui viendront corriger les problèmes techniques et de potentielles expansions qui nous ouvriront peut-être les portes de nouveaux parcs et de nouvelles disciplines sportives. Si c’est le cas, Riders Republic pourrait s’imposer comme LE titre incontournable pour s’éclater entre amis.

Conclusion

Avec Riders Republic, Ubisoft nous livre un jeu de sports extrêmes terriblement fun à prendre en main. Riders Republic ne s’adresse pas aux amateurs de simulation mais au grand public. Le parti pris est résolument arcade. Avec sa jolie diversité de disciplines (courses de VTT, wingsuit, wingsuit à propulsion, ski, snowboard), Riders Republic offre une expérience rafraîchissante dans un vaste monde ouvert qui reprend des biotes des plus grands parcs nationaux américains. Avec son contenu très riche, le titre a de quoi vous occuper des jours durant. Ubisoft a toutefois un peu trop simplifié les commandes, en misant toute sa stratégie sur le fun. Comme souvent avec les productions de l’éditeur, le jeu est également rempli de bugs à la sortie. Crashs, clipping et bugs de collision font partie de l’expérience pour le moment… Si cela n’handicape pas trop la progression à travers le mode campagne, le mode “course de masse” qui oppose une soixantaine de riders à travers des défis, en prend un coup, avec des collisions trop aléatoires avec les autres joueurs. Dommage, car ledit mode pourrait bien devenir la colonne dorsale du jeu!

Riders Republic

Gameplay 7.5/10
Contenu 9.0/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 8.0/10
Finition 5.5/10
7.5

On aime :

La diversité des épreuves

Une carte gigantesque, remplie de paysages variés

La bande son, très solide

Les courses de masse

Du fun, que du fun!

On aime moins :

Des bugs en pagaille, du clipping partout

Quelques crashs du jeu

Un gameplay qui manque de profondeur

La lisibilité dans les courses de masse

Le ton ultra-teenager qui essaye d'être cool à tout prix