Deux ans après la PS5, la Xbox Series et la Switch 2 accueillent enfin la seconde partie du remake de Final Fantasy VII. Un retard qui s’explique par l’exclusivité signée à l’époque par Square-Enix avec Sony. Si la sortie a tant tardé sur Xbox et Switch, c’est avant tout une affaire d’exclusivité. Le virage multiplateforme de l’éditeur japonais sous sa nouvelle direction garantira la sortie du prochain épisode en simultané sur les trois plates-formes. Pour ceux qui seraient passé à côté, ce Rebirth n’est donc pas un nouvel épisode mais la seconde partie du remake de Final Fantasy VII, un épisode culte de la saga sorti sur PSOne. Le premier épisode racontait les aventures de Cloud Strife, un mercenaire anciennement SOLDAT de la Shinra, une entreprise gérant l’apport d’énergie à travers toute la planète et en particulier dans le terrain de jeu de ce premier épisode : la ville de Midgar. Engagé par le groupe écoterroriste “Avalanche”, Cloud découvre que la Shinra cache de sombres secrets et qu’elle participe activement à la destruction de la planète en y pompant des ressources à outrance. Démarre alors une aventure dans laquelle le sort du monde est en jeu, impliquant également l’antagoniste culte qu’est Sephiroth, le SOLDAT légendaire qui partage un passé commun avec le héros. De nouveaux éléments venaient aussi complexifier les choses et insinuer que cette trilogie n’allait pas nécessairement être une reproduction identique de Final Fantasy VII. En témoigne l’importance des fileurs, ces entités mystérieuses jamais apparues auparavant et vaincues à la fin de Remake. Rebirth, lui, reprend directement après la fin de son prédécesseur. Cloud, Tifa, Barret, Aerith et Red XIII arrivent dans la ville de Kalm après une longue route. Le héros en profite pour raconter son histoire commune avec Sephiroth et comment ce dernier est devenu l’antagoniste que l’on connaît. Ce flashback bien connu des fans sert de tutoriel à ce deuxième jeu, permettant d’ailleurs de brièvement contrôler le soldat légendaire. Suite à cela, le jeu s’ouvre en nous laissant vagabonder dans la ville de Kalm complètement réimaginée. De nouveaux événements se produisent cependant très vite, et celles et ceux qui détestaient les changements apportés par Remake risquent d’être un peu déçus. Le scénario est pourtant palpitant et approfondit de nombreux moments de l’original en ajoutant beaucoup de contexte. Les fans de Final Fantasy VII savent à quoi s’attendre, mais le titre réserve aussi de nombreuses surprises et prend le temps d’aborder en profondeur les relations entre les personnages principaux. Tout comme Remake savait si bien le faire, Rebirth capture l’ambiance de l’épisode original à merveille, n’hésitant pas à alterner entre des moments très sérieux et des passages beaucoup plus légers et absurdes. Abordons tout de suite la question épineuse de l’accessibilité. Si le projet se vend comme un “Remake” de Final Fantasy VII en trois parties, il en est aussi une réécriture qui ajoute de nouvelles choses et qui prend en compte de nombreux éléments installés dans l’univers étendu développé après la sortie du jeu original. Le scénario de Rebirth reste compréhensible sans trop de contexte (une vidéo résumant Remake est d’ailleurs disponible dans le menu principal, même si elle manque clairement de détails), mais il est probablement plus sage de connaître l’univers de Final Fantasy VII, le scénario du jeu original ainsi que les nombreux spin-offs pour saisir toutes les subtilités de ce deuxième opus. Reste une question que tout possesseur de Xbox se posera : cette version apporte-t-elle quelque chose de neuf ? La réponse est honnête : non, ou presque. Il ne faut pas s’attendre à une édition “augmentée” façon director’s cut. Aucun contenu scénaristique inédit, aucune nouvelle zone, aucun nouveau personnage. Le seul véritable ajout est une fonctionnalité optionnelle baptisée “Streamlined Progression”, déjà introduite dans Final Fantasy VII Remake Intergrade : une sorte de mode assisté qui peut accorder PV, PM et jauge ATB illimités, infliger 9 999 points de dégâts ou faciliter l’obtention des compétences d’armes, afin de se concentrer sur le récit. Notez que cette option a aussi été déployée sur PS5 et PC pour aligner toutes les versions. S’y ajoutent la prise en charge du Xbox Play Anywhere et du Cloud Gaming, ainsi qu’une démo gratuite couvrant les deux premiers chapitres. Pratique, mais on reste loin d’un vrai prétexte à la double acquisition pour qui a déjà bouclé l’aventure sur PS5. La structure de Final Fantasy VII Rebirth se veut très différente de son prédécesseur. Là où Remake nous forçait à rester sur les rails du scénario durant la majorité de l’aventure, ce volet propose bien plus de liberté. Pour la première fois, nos protagonistes ne sont plus cloisonnés dans Midgar mais explorent le monde extérieur. Le titre alterne alors entre des passages scénarisés très dirigistes et la possibilité de se perdre dans de très grandes zones ouvertes. Si elles sont parfois un peu vides, ces dernières offrent de nombreuses activités annexes déblocables en activant des tours. Un procédé peu original, mais bien justifié par l’univers présenté ici, et qui offre un rythme très différent de Remake. L’exploration est encouragée par un nouveau système de craft ou par certaines mécaniques de combat, et traverser l’univers de Final Fantasy VII à dos de Chocobo est très agréable. On prend aussi part à de très nombreux mini-jeux dispersés dans ces zones ouvertes ou dans les villes. Côté gameplay, le titre reprend la majorité de ce qui faisait le charme de son prédécesseur, mais apporte des changements plus que bienvenus. Il propose un système de combat mélangeant des éléments de jeu d’action avec une couche de stratégie. Nos attaques, esquives et gardes sont utilisées en temps réel, mais cela ne suffira généralement pas à venir à bout des gros ennemis, qui nécessitent un peu plus de réflexion. Nos actions remplissent petit à petit des jauges que l’on dépense dans des compétences propres à chaque personnage, des objets ou des matérias. Ces dernières s’équipent à nos armes et donnent la possibilité de réaliser différents types d’actions, notamment de la magie. Le but est de comprendre les faiblesses des ennemis avant d’effectuer les bonnes actions pour les déstabiliser et en finir. Un système qui fonctionne toujours aussi bien qu’en 2020, encore enrichi par les nouvelles matérias et plus précis manette en main. De petits ajustements rendent l’action plus dynamique, comme la garde parfaite accessible à tous les personnages, qui permet aux aficionados de jeu d’action de s’y retrouver davantage. Chaque personnage jouable possède ses propres spécificités, et les quatre héros du premier épisode sont rejoints par d’autres figures emblématiques de l’original : Red XIII, accessible dès le départ, ou encore Yuffie, que l’on avait déjà pu contrôler dans le DLC de Remake. Rebirth introduit également un tout nouvel arbre de compétences presque entièrement dédié aux actions synchronisées. Cette mécanique permet à deux personnages d’agir ensemble, gratuitement, en effectuant des attaques inédites dont les spécificités varient selon la combinaison. Une nouvelle jauge fait son apparition, dépensable dans des compétences synchronisées, des attaques en tandem plus puissantes encore. Ce deuxième épisode nous laisse ainsi encore plus de choix dans notre approche des combats. Le titre propose un mode facile, un mode normal, ainsi qu’une difficulté supplémentaire s’adaptant à notre niveau. Rebirth a manifestement revu sa copie sur le sujet, puisqu’il paraît souvent beaucoup plus simple que le premier. C’est notamment le cas des affrontements contre les nombreux ennemis des zones ouvertes, mais les boss ainsi que les combats issus des quêtes annexes et des contrats de chasse relèvent le niveau et demandent réellement de planifier nos stratégies. Tout comme Remake l’a été, Rebirth est un véritable bonbon pour les fans de l’épisode original, qui peuvent désormais se balader dans des décors que nous n’avions vus qu’à travers la technologie de la PS1, et revivre des scènes cultes avec une mise en scène très travaillée. Sur Xbox, le portage tient ses promesses, mais non sans nuances. Sur Series X, le mode “graphismes” affiche un 4K natif à 30 images par seconde jugé stable et soigné, comparable à la PS5 de base ; le mode “performance” à 60 images par seconde, lui, souffre encore de trop nombreuses chutes et de bugs, le framerate plongeant parfois dans les 40. Curieusement, la Series S s’en tire même parfois mieux que la Series X côté fluidité, et la recommandation est claire : mieux vaut jouer en 30 images par seconde. Une analyse technique conclut d’ailleurs que la PS5 reste la meilleure plateforme console pour profiter du jeu, même si la version Series S demeure une très bonne expérience. On retrouve par ailleurs quelques textures datées ou soucis d’éclairage déjà présents sur les autres supports. Il est en revanche toujours difficile de reprocher quoi que ce soit à la bande-son, qui offre des morceaux originaux très sympathiques ainsi que de nombreuses reprises des excellentes musiques d’origine. S’il n’invente pas grand-chose, reprenant une structure et de nombreuses idées qui ont marché ailleurs, Final Fantasy VII Rebirth réussit tout de même l’exploit de faire passer l’épisode précédent, au demeurant très bon, pour un simple brouillon. Rebirth est une amélioration sur à peu près tous les plans et une expérience qu’on ne peut que conseiller aux fans de RPG japonais. Son arrivée tardive sur Xbox ne change rien à l’essentiel : deux ans après, le voyage reste l’un des plus marquants du genre. À condition d’accepter qu’il s’agit ici d’un simple portage — fidèle, mais sans la moindre nouveauté pour celles et ceux qui l’auraient déjà parcouru ailleurs. Conclusion Deux ans après la PS5, la Xbox Series et la Switch 2 accueillent enfin l’excellent Final Fantasy VII Rebirth, seconde partie du remake attendu de Final Fantasy VII. Et le studio réussit brillamment son pari, livrant un RPG ambitieux, visuellement très réussi et beaucoup plus riche que son prédécesseur. Quitter Midgar est aussi l’occasion de proposer de nombreuses zones ouvertes à traverser à pied, à bord de véhicules ou à dos de Chocobo. Ces grands espaces parfois un peu vides réservent tout de même de très nombreuses activités et mini-jeux qui diversifient l’expérience. Côté combat, le système de Remake est de retour dans une version améliorée avec une difficulté ajustée, ce qui permet encore plus de possibilités.