La vente de faux pass sanitaires explose en Belgique

Avec l’obligation du pass sanitaire en Wallonie prévue ce 1er novembre, les réseaux sociaux voient se multiplier les offres pour vendre de faux Covid Safe Tickets.

Alors que les mesures autour du pass sanitaire se renforcent en Belgique, avec une généralisation du Covid Safe Tickets en Wallonie à partir du 1er novembre, comme à Bruxelles depuis ce 15 octobre, de nombreux antivaccins ont décidé de contourner les règles en se procurant de faux pass via les réseaux sociaux. L’obligation de devoir présenter la preuve de vaccination pour aller dans un bar, dans un restaurant ou pour aller voir un concert, a fait apparaître un marché noir similaire aux pays où le pass est déjà obligatoire.

« Besoin d’un certificat de vaccination Covid-19 sans vous faire vacciner ? Nous sommes la solution. Obtenez un certificat avec un code QR valide et vérifiable et déplacez-vous en toute liberté à travers l’Europe et partout dans le monde », peut-on lire dans de nombreuses publications sur les réseaux sociaux.

Snapchat regorge de comptes proposant de faux pass sanitaires.

Un phénomène mondial

Tous les pays où le certificat Covid est en place sont touchés par le phénomène. En moyenne, un faux certificat est vendu entre 100 € et 500 €. On trouve ainsi des marchés noirs de pass sanitaire aux États-Unis, en Ukraine, en Australie ou encore en Italie. En France, près de 36.000 pass sanitaires frauduleux circuleraient sur le territoire. La Belgique n’est évidemment pas épargnée.

« Il y en a beaucoup plus qu’on ne le croit », raconte un organisateur d’événement au journal Sudinfo. « Parfois, ce sont de faux CST (Covid Safe Ticket), parfois aussi les gens essaient de rentrer avec le QR Code d’un test périmé, ou avec la photocopie du QR Code d’un copain, etc. J’ai même déjà vu une personne essayer de rentrer dans une soirée avec le QR Code d’un test… qui était positif. »

Une faille du système exploitée

Édouard Bliek, directeur des opérations chez Stedy, un cabinet de conseils en sécurité informatique, détaille quelques techniques utilisées : « Il est presque impossible de générer un QR Code valable, puisqu’il faut détenir la clé privée de la sécurité sociale, ce qui est très compliqué à moins d’être un génie de l’informatique. Cela passe donc généralement par la revente de son propre QR Code ou bien de certains copiés à partir de photos de pass sanitaires qui ont été montrés à la télé ou sur les sites internet qui parlaient du sujet. »

Ce type de fraude est permis par une des failles de ces QR Code : la vérification. « Au moment où vous entrez dans un bar, vous présentez votre QR Code, mais personne ne contrôle votre identité puisque cette partie est réservée aux dépositaires de l’autorité publique. Donc quand vous le présenter on ne sait pas si c’est vraiment vous. Alors de nombreux jeunes vaccinés se repassent leur code entre eux, par le biais d’une simple capture d’écran », explique Édouard Bliek.

En cas d’interpellation, une personne en possession d’un faux pass sanitaire s’expose à d’importantes poursuites pour faux et usage de faux. Les fraudeurs et les revendeurs risquent jusqu’à cinq ans de prison et s’exposent à une amende de 2.000 €. Les médecins fournissant de faux pass risquent quant à eux de se voir radier de l’Ordre des médecins.