Cartes bancaires : pourquoi la bande magnétique est mise à la retraite

Les cartes à bande magnétique seront retirées de la circulation d’ici 2033. 

En août dernier, Mastercard a annoncé qu’il mettrait définitivement à la retraite la carte à bande magnétique en 2033. En Europe, celle-ci pourrait même avoir totalement disparu d’ici 2025.

Créée à la fin des années 60 par le géant de l’informatique IBM, la carte à bande magnétique s’est très vite imposée comme le nouveau standard dans l’Amérique des années 70.

“Ces bandes magnétiques ont commencé à être rajoutées aux cartes plastiques durant les années 70. Le gros avantage, c’est qu’elles pouvaient être utilisées dans des terminaux, surtout pour des retraits d’argent” explique Henri Dewaerheijd, Country Manager de Mastercard Belgique. “Petit à petit on a pu développer des technologies qui ont fait qu’on a pu lire ces cartes dans des magasins. Et c’est comme ça que la carte moderne est née.”

Comme son nom l’indique, la carte magnétique fonctionne sur base d’un système d’aimants. L’écriture et la lecture de la piste magnétique s’effectuent à l’aide d’un petit aimant qui transforme un signal électrique émis par un système électronique, lorsque l’on fait glisser la carte dans un lecteur de carte. Le fameux “swipe”.

Petite révolution au cours des années 70 et 80, la carte magnétique présente toutefois quelques gros inconvénients: elle n’est pas à l’usure du temps, la bande magnétique s’abime à l’usage et il faut donc régulièrement remplacer la carte, l’utilisateur doit signer ses transactions manuellement et contrairement à celle qui lui succédera, elle est relativement facile à pirater.

Dans les années 90, la carte à puce débarque sur le marché. Beaucoup plus sécurisée, elle fonctionne de paire avec un code PIN choisi par l’utilisateur. Certaines informations qui se trouvaient précédemment sur le dos de la carte, sont désormais intégrées à la puce. Le tout est protégé par un système de chiffrage assez sophistiqué. Pour valider une transaction, l’utilisateur doit juste glisser sa carte dans un terminal de paiement et encoder un code PIN. Plus besoin de signature manuscrite donc. “C’est ce qui nous a permis d’éliminer la fraude pour de bon” explique Henri Dewaerheijd. Car les cartes magnétiques avaient la fâcheuse tendance à être régulièrement copiées. Contrairement à une carte à puce, les données ne sont en effet pas invulnérables. Elles sont lisibles et peuvent facilement être copiées. Une technique qui s’appelle le “skimming”.

Très rapidement, la carte à puce est devenue le modèle dominant. “Aujourd’hui, en Europe, il n’y a plus que ça. Aux Etats-Unis, la transition ne s’est faite qu’il y a dix ans.” C’est ce qui explique pourquoi, chez nous aussi, la bande magnétique est toujours présente sur des cartes à puce. “Il fallait toujours mettre ces infos sur les cartes pour les gens qui voyagent aux Etats-Unis.”

On estime aujourd’hui que 86% des paiements se font avec une carte à puce. En Europe, Mastercard ne proposera plus de cartes magnétiques à partir de 2024. La transition devrait être très rapide.