Test – Hercule Poirot The First Cases : plongée dans l’univers d’Agatha Christie

Parmi les détectives les plus connus de la littérature, Hercule Poirot n’avait toutefois jamais vu ses histoires adaptées en jeu vidéo. L’ouvrage d’Agatha Christie est enfin décliné en jeu, sous la direction de l’éditeur Microids. 

L’éditeur français a confié au petit studio BlazingGriffin, auteur du sympathique Murder Mystery, l’adaptation de l’ouvrage d’Agatha Christie. Plus ambitieux que les précédents projets du studio, Hercule Poirot: The First Cases reste toutefois un petit projet, mené par une petite équipe en un temps record. Et cela se ressent puisque pratiquement tous les mécanismes de jeu sont hérités de la dernière production du studio.

Pour résoudre les énigmes, il faudra mener l’enquête pas à pas.

On se retrouve donc ici face à un jeu d’enquête qui lorgne du côté des point & click. Tout se déroule toutefois en temps réel. L’utilisateur déplace le détective du bout du stick à travers des environnements de taille très modestes. Il passe au peigne fin les décors à la recherche d’indices, dialogue avec les PNJ puis, par la pression d’un simple bouton, accède à une interface qui lui permet de tirer des conclusions sur base des indices, jusqu’à la résolution de son enquête. The First Cases est un jeu très chill. N’espérez pas y trouver une séquence d’action.

Il faut connecter les différents éléments pour résoudre l’enquête.

Côté mise en scène et scénario, le titre de BlazingGriffin surprend plutôt agréablement. L’histoire commence doucement, avec un tutoriel peu intéressant mais qui permet de se familiariser avec les mécanismes du jeu. Puis, l’aventure démarre. Le joueur y incarne un Hercule Poirot très jeune, au début de sa carrière. Invité à une réception par l’influente famille Van den Bosch, à l’occasion de l’annonce des fiançailles de leur fille, notre détective préféré devra enquêter sur le meurtre d’un invité dans un contexte assez particulier, puisqu’une tempête de neige sévit à l’extérieur, isolant les invités du reste du monde… Le scénario du jeu est plutôt réussi et joliment mis en scène à travers de courtes cinématiques riches en détails sur la contextualisation et des dialogues soignés entre les personnages. L’écriture est excellente et le scénario agréable à suivre.

Malgré son statut de petite production, le jeu a toutefois eu droit à d’excellents doublages en français et une très bonne bande sonore. Ce qui ne fait qu’aider le joueur à s’immerger dans l’univers d’Agatha Christie.

Visuellement, le jeu est propre, mais très simple.

Pad en main, on a en revanche beaucoup de mal à adopter la formule épousée par les développeurs. Car les mécanismes de jeu sont d’une simplicité et d’une répétitivité déconcertante. Dans chaque chapitre, il faudra procéder exactement de la même façon. Explorer les décors pour identifier chaque élément susceptible d’aider à faire progresser l’enquête, poser des questions aux PNJ, puis entrer dans l’interface qui vous permettra de connecter les différents éléments de l’enquête et ainsi progresser dans le scénario. Le concept aurait pu être plaisant si ces éléments n’étaient pas tous disposés d’une façon prédéfinie, de sorte à ce que le joueur puisse facilement identifier les éléments à interconnecter. Car il n’y existe pas de nombreuses connexions possibles. De façon générale, il est également relativement facile de créer des liens pelouse humide + traces de pas = le voleur a certainement du passer par là…

Le temps d’un ou deux chapitres, la formule fonctionne. Ensuite, difficile de ne pas ressentir de lassitude. Car on est finalement ici clairement sur un rail narratif et un jeu sans grande complexité. Les jeux d’enquête sont déjà assez rares… Les bons jeux d’enquête le sont encore plus.

L’ambiance est plutôt soignée.

En définitive, difficile de ne pas être déçu par l’aspect ludique de ce jeu, réussi artistiquement et scénaristiquement mais qui manque cruellement d’ambition – en particulier pour un jeu vendu 39,99€. La licence se paye cash… Et l’aventure n’est de surcroit pas bien longue.

Ceci étant dit, si son gameplay est relativement creux, Hercule Poirot: The First Cases n’en reste pas moins un jeu agréable à parcourir, qui parvient à séduire par son atmosphère soignée, ses dialogues riches et son scénario accrocheur. Esthétiquement, c’est loin d’être au niveau des standards actuels, mais c’est suffisamment joli pour qu’on ait envie de progresser. La galerie de personnages rencontrés a également suffisamment de charme pour intéresser les passionnés de littérature, qui se feront un bonheur de réexplorer la genèse des aventures de Mr. Poirot dans sa Belgique natale.

Conclusion

Avec The First Cases, Microids livre une adaptation fidèle de l’univers d’Agatha Christie en jeu vidéo. The First Cases s’intéresse aux premiers pas d’Hercule Poirot dans son rôle de détective, dans sa Belgique natale. Avec son scénario efficace, sa jolie galerie de personnages et ses dialogues soignés, le jeu est une jolie réussite sur le plan narratif. Un peu moins d’un point de vue ludique. Car le gameplay est assez creux. Il s’agira de se déplacer dans des environnements de taille modeste pour collecter des indices, dialoguer avec des PNJ, puis dresser ses propres conclusions en interconnectant les différents indices. Une formule répétitive mais qui manque surtout de piquant et de complexité, puisqu’on n’a souvent pas beaucoup de choix dans les connexions à établir. Malgré sa simplicité, le jeu reste toutefois plaisant à parcourir. Les excellents doublages des personnages lui donnent également un certain charme pour une petite production au budget modeste. 

Hercule Poirot: The First Cases

Gameplay 4.5/10
Contenu 6.0/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 8.0/10
Finition 7.5/10
6.5

On aime :

Une bande son très réussie : musiques et doublages en français

Joliment mis en scène

Le scénario est efficace

Pas déplaisant à parcourir

On aime moins :

Un gameplay répétitif et creux

Beaucoup trop cher (39,99€)

Pas bien long