Test – Castlevania Advance Collection : les épisodes GBA enfin portés sur les autres plates-formes

Pour le trente-cinquième anniversaire de sa saga, Konami nous livre une nouvelle compilation de quatre épisodes de la série culte des Castlevania. 

S’il faudra encore se montrer patient avant de pouvoir enfin mettre la main sur un nouvel épisode de la franchise, qui n’a plus connu de nouvelle entrée depuis… 2014, les fans de Castlevania sont depuis quelques années chouchoutés avec une série animée brillante sur Netflix mais également une compilation des premiers volets de la série sortie l’an dernier sur PC et consoles. Konami revient à la charge cette année avec une seconde compilation, qui rassemble cette fois trois épisodes sortis sur GameBoy Advance et un épisode relativement méconnu de l’ère de la Super NES.

Castlevania X reste l’un des épisodes les plus méconnus de la franchise.

Dans cette compilation vendue 19,99€, on retrouve donc quatre titres relativement méconnus des joueurs consoles puisque trois d’entre eux étaient sortis uniquement sur portables. Castlevania: Circle of the Moon, Castlevania: Harmony of Dissonance et Castlevania: Aria of Sorrow ont tous vu le jour sur GameBoy Advance.

Circle of the Moon (2001), nous place dans la peau d’un chasseur de vampire qui pénètre dans le château de Dracula pour tenter de l’empêcher de revenir. Un épisode dans la plus pure tradition de la série, qui brillait par son ambiance malsaine et ses graphismes soignés pour l’époque. Ca a forcément pas mal vieilli aujourd’hui, tant techniquement qu’au niveau des mécanismes, parfois agaçants. Notre chasseur de vampires ne peut par exemple porter qu’une seule arme de lancer à la fois. Les allers-retours sont nombreux et le gameplay est forcément très rigide. Mais pour les fans de la série, Circle of the Moon reste un incontournable et très probablement l’un des épisodes “nomades” les plus fidèles à l’esprit de la série.

Circle of the Moon brillait par son atmosphère très sombre.

Harmony of Dissonance (2002) s’inscrivait dans la continuité de Circle of the Moon, reprenant tous les éléments qui avaient fait le succès de la franchise. Dans la peau de Juste Belmont, petit-fils du légendaire chasseur de vampires Simon Belmont, le joueur se retrouve une nouvelle fois confronté aux hordes de l’enfer de Dracula dans une aventure très classique, mais qui n’en reste pas moins plaisante. Le jeu ne surprend pas beaucoup, mais il est un peu plus joli que son prédécesseur et globalement très agréable à parcourir.

La séquence d’intro d’Harmony of Dissonance nous plonge immédiatement dans le bain.

Castlevania: Aria of Sorrow (2003), était lui aussi parvenu à séduire les fans de la série malgré sa plus grande accessibilité et son univers plus futuriste, qui en fait davantage un spin-off qu’une véritable suite. Dans cette épisode, le joueur incarne Soma Cruz, un jeune lycéen en échange scolaire au Japon qui se retrouve confronté à la réincarnation de Dracula, dans un univers futuriste. Le jeu reprend la même formule que ses prédécesseurs, mais dans univers moins gothique, qui a forcément moins de charme.

Moins connu et beaucoup plus critiqué en son temps, Vampire’s Kiss (1995), un épisode sorti sur Super NES, avait été considéré par de nombreux joueurs comme “l’épisode de trop”. Sorti après Castlevania IV, Vampire’s Kiss était beaucoup moins maîtrisé dans sa formule que ses prédécesseurs et avait même le mauvais goût de tirer un trait sur quelques-uns des meilleurs ajouts du quatrième volet. Le titre a connu un succès modeste et est davantage considéré comme un spin-off qu’une suite. Il n’en reste pas moins un épisode qui mérite le détour ne serait-ce que pour son style graphique particulier et son excellente bande-son.

L’épisode Aria of Sorrow nous plonge dans un univers futuriste.

Si les fans des vieux Castlevania y trouveront leur compte, les nouveaux venus risquent d’avoir beaucoup de mal avec ces épisodes, qui ont très mal vieillis. Esthétiquement tout d’abord, c’est très pixélisé. Niveau gameplay ensuite, la prise en main est ultra-rigide. On le sent d’entrée de jeu, les jeux ont été pensés pour les consoles nomades à la base. Enfin, parce que même si cette compilation fait des efforts en terme d’accessibilité, il s’agit clairement de fan-service. L’Advance Collection se destine avant tout aux fans de la première heure de la franchise.

Côté nouveautés, on apprécie ainsi le fait de pouvoir sauvegarder quand on le veut, mais aussi de rembobiner une partie pour recommencer une séquence de jeu. Le titre est livré avec la panoplie complète du fan: les joueurs ont accès aux bandes-son de chacun des titres, dont les pistes cachées, pour un total de 71 chansons. Ils peuvent même créer leurs propres playlists pour écouter leurs morceaux favoris en boucle. On retrouve également une galerie qui affiche des croquis et des dessins de travail inédits, ainsi qu’une encyclopédie des données. Un gros travail a été réalisé niveau fan-service pour une expérience ultra-complète.

A ce titre, cette compilation est donc plutôt une jolie réussite : le contenu est riche avec quatre jeux sur une seule galette, des bonus en pagaille et des options d’accessibilité intéressantes pour les débutants. Le seul réel reproche que l’on pourrait faire à cette compilation, c’est de ne pas avoir bénéficié d’un plus gros travail de remasterisation, car, forcément, esthétiquement, ça a vieilli. A 19,99€, l’offre n’en reste pas moins alléchante pour les fans purs et durs de la série. Un peu moins pour les autres, qui auront sans doute du mal à comprendre l’intérêt d’une telle compilation. C’est un fait, tant qu’à commencer quelque part, il y a un tas d’autres volets à faire avant de se lancer dans cette Advance Collection…

Conclusion

Cette Castlevania Advance Collection réunit quatre épisodes parmi les moins connus de la franchise : 3 sont issus du catalogue de la GameBoy Advance, un de celui de la Super NES. Pour cette raison, cette compilation s’adresse avant tout aux fans purs et durs de la franchise, qui ont déjà exploré tous les autres épisodes de la série. Circle of the Moon et Harmony of Despair sont clairement les deux incontournables de cette compilation. Aria of Sorrow et Vampire’s Kiss méritent le détour pour leur originalité. Une chose est sûre : Konami sait brosser dans le poil les fans avec quantité de bonus alléchants et quelques nouvelles options très intéressantes : de la sauvegarde instantanée au rembobinage. Pas tout à fait incontournable, même pour les amateurs de rétrogaming, l’Advance Collection est en revanche un très joli cadeau aux fans purs et durs de la série qui étaient passés à côté de ces épisodes, sortis exclusivement sur consoles portables… 

Castlevania Advance Collection

Gameplay 5.0/10
Contenu 9.0/10
Graphismes 4.0/10
Bande son 7.5/10
Finition 8.0/10
6.7

On aime :

4 jeux Castlevania sur une seule galette, dont 3 opus GBA

Les nouvelles fonctions d'accessibilité : sauvegarde et rembobinage

Le prix doux : 19,99€

Des bonus en pagaille

La bande son grandiose

On aime moins :

Techniquement, ça a mal vieilli

La rigidité caractéristique des épisodes "nomades"

Aria of Sorrow et son univers futuriste ne plaira pas à tout le monde

Vampire's Kiss est l'un des opus les moins réussis de la série