95% des sites du secteur public toujours pas adaptés aux personnes handicapées

Cela fait un an qu’une directive européenne a exigé que les sites web du secteur public soient accessibles à tous les internautes, en tenant compte des différents handicaps possibles. Or, pour l’instant, 95% d’entre eux ne respectent pas ces critères.

L’accessibilité numérique comporte un enjeu de taille : permettre à tous les utilisateurs, porteurs d’un handicap ou non, d’accéder à l’ensemble des sites web dont ils ont besoin. Le CAWaB (Collectif Accessibilité Wallonie Bruxelles) et l’ASBL Eqla (anciennement l’Œuvre nationale des aveugles) ont publié un communiqué jeudi pour dénoncer la situation actuelle.

Ce qui est particulièrement pointé du doigt par ces deux acteurs, c’est le fait que « 95% des sites et des applis des organismes publics contiennent des failles qui rendent le surf et, surtout, les démarches administratives extrêmement compliquées, voire impossibles pour les personnes porteuses de handicap. »

Eqla précise que « 15% des citoyens atteints d’un handicap visuel, auditif, cognitif ou physique, sont exclus de la plupart des services publics numériques. Tout simplement, parce qu’ils n’ont pas été conçus pour être accessibles autrement qu’avec une souris ou un écran tactile. » Il faudrait absolument que les sites du service public proposent d’autres alternatives pour pouvoir être utilisés par le plus grand nombre.

Une directive datant de septembre 2020

Pourtant, depuis le 23 septembre 2020, une directive européenne impose ces normes d’accessibilité numérique à tous les sites du secteur public. Mais la Belgique reste à la traine et a encore beaucoup de lacunes à combler pour faire cesser ces discriminations.

Le problème vient notamment du fait qu’aucune sanction n’est imposée si cette règle n’est pas respectée. Si le CAWaB remarque tout de même quelques points d’amélioration, il reste beaucoup de travail à abattre : « Si certains niveaux de pouvoir prennent davantage en compte la problématique au fil des mois, nous devons regretter par exemple qu’à Bruxelles, les organes de contrôles de l’accessibilité numérique n’ont toujours pas été désignés. »

Selon le communiqué de ce jeudi, l’une des solutions reposerait sur la formation d’experts en accessibilité numérique.