Des employés de WhatsApp ont accès aux conversations, photos et vidéos des utilisateurs

Un rapport de ProPublica affirme que les messages WhatsApp ne sont pas chiffrés de bout en bout. Certains modérateurs de l’application auraient accès aux échanges des utilisateurs. Un rapport à nuancer.

Les messages WhatsApp sont chiffrés de bout en bout, même lorsque l’on utilise plusieurs appareils, assure Facebook depuis 2016. Cependant, un nouveau rapport affirme que les messages WhatsApp ne seraient finalement pas cryptés de bout en bout et que Facebook aurait accès contenu des messages. “Ces assurances ne sont pas vraies”, indique le rapport.

Publié par ProPublica, ce rapport se base sur les observations de 1.000 travailleurs contractuels de WhatsApp, engagés par Accenture, la société contractuelle de modération de Facebook. Basés à Austin, Dublin, Singapour et au Texas, ils sont chargés d’examiner les chats signalés par les propres algorithmes du service et par les utilisateurs. 

“Malgré la sécurisation du cryptage E2E des utilisateurs de WhatsApp, les modérateurs de Facebook peuvent accéder aux messages, photos et vidéos des utilisateurs”

Spams, chantage, discours haineux, désinformation, menaces terroristes potentielles, “entreprises à caractère sexuel”…. Les modérateurs examinent les messages signalés pour y déceler les abus. En fonction du contenu, ils peuvent bloquer le compte, le mettre “sous surveillance” ou ne rien faire. 

Un accès limité à la vie privée 

Les modérateurs de contenu de WhatsApp n’ont pas accès à l’intégralité de l’historique des conversations. Une fois un contenu signalé, WhatsApp ne transmet que les cinq derniers messages consécutifs aux modérateurs. Seuls les messages signalés par les utilisateurs peuvent être examinés.

Dans une déclaration envoyée à 9to5 Mac, WhatsApp repousse les affirmations de ProPublica. “WhatsApp fournit un moyen pour les utilisateurs de signaler les spams ou les abus, ce qui inclut le partage des messages les plus récents dans un chat”, déclare le porte-parole de WhatsApp. Une fonctionnalité que le porte-parole estime importante afin de  prévenir les pires abus sur Internet. 

“Nous sommes fermement opposés à l’idée que l’acceptation des rapports qu’un utilisateur choisit de nous envoyer est incompatible avec le cryptage de bout en bout”

Réinterpréter les révélations de ProPublica

ProPublica ne conteste pas l’intégrité technique du cryptage de bout en bout appliqué aux messages WhatsApp et promise par Facebook. L’organisme soutient que WhatsApp a créé un système encourageant ses propres utilisateurs à rompre les mesures de confidentialité en signalant un contenu illégal ou répréhensible aux modérateurs. Selon ProPublica, les utilisateurs lambda “comprennent ou s’attendent probablement” à autre chose lorsqu’ils lisent “conversation cryptée de bout en bout”. Les utilisateurs lambda ne sont pas forcément conscients de toutes les subtilités de la politique de confidentialité et de signalement. WhatsApp devrait clarifier ces politiques et les rendre plus accessibles, conclut ProPublica.

Le rapport de ProPublica intervient quelques jours après que la Commission irlandaise de protection des données (DPC) ait infligé une amende de 225 millions d’euros à WhatsApp. L’autorité accuse le service de messagerie d’avoir enfreint les règles européennes en matière de confidentialité des données.