Kaspard, un dispositif qui pourrait sauver des vies dans les maisons de retraite

D’après walloniesante.be, 70% de nos ainés chutent au moins une fois par an. Dans les maisons de repos cet accident concerne 30% des résidents. Kaspard, une scale-up bruxelloise créée il y a quatre ans vise à prévenir ces chutes et à les détecter.

Non intrusif, Kaspard est un petit dispositif à accrocher au plafond des chambres de maisons de soin. Son but ? Alerter le personnel soignant en cas de chute et surtout apprendre à les éviter.

Des résidents de plus en plus âgés

Aujourd’hui “on se rend compte que les résidents qui arrivent en maisons de soin sont de plus en plus dépendants” raconte Philippe Kaplan, CEO de Kaspard. Les résidents entrants étant de plus en plus âgés, l’attention des équipes de soins doit être de plus en plus grande. Pourtant, “il y a de moins en moins de personnels soignants disponibles sur le marché”, regrette le CEO. 

Les chutes, quelles conséquences ?

En moyenne, dans une maison de repos de 80 lits, 400 chutes sont recensées par an. 70% d’entre elles ne sont pas détectées par le personnel. Dans ces cas, une chute est souvent synonyme de fracture, de perte d’autonomie, d’hospitalisation et de séquelles psychologiques. “La personne qui chute développe un sentiment d’anxiété de manque de confiance en soi, un sentiment de culpabilité et une peur de se mobiliser à nouveau” explique Philippe Kaplan. Face à ce constat, le CEO a créé Kaspard, une technologie “douce” pour accompagner les soignants dans leur travail et aider les résidents. L’objectif est de conserver l’état de santé des ainés le plus longtemps possible. 

Les chutes ont également un coût sociétal, indique belgiqueenbonnesante.be. Elles induisent une hausse des jours d’hospitalisation et des coûts médicaux, qui devraient encore augmenter à l’avenir en raison du vieillissement de la population. 

Prévenir et limiter les chutes de nuit

La nuit, le personnel de maison de repos est en nombre limité. Le temps de détection d’une chute et de prise en charge est donc plus long. 

Kaspard propose deux types d’alarmes combinées. La première se déclenche cas de détection de chute à la sortie. Mais dans la plupart des cas, “les résidents se lèvent, déambulent un peu et tombent après la sortie du lit” confie le CEO. Une deuxième alarme vise à maitriser la sortie et le non-retour au lit pendant la nuit. Si un résident sort de son lit sur un temps “anormalement long”, alors le personnel soignant reçoit une alerte. Le délai avant que l’alarme ne se déclenche est personnalisable chambre par chambre. “On a envie que les résidents puissent régulièrement aller à leurs toilettes la nuit, mais être au courant s’ils ne reviennent pas après un certain moment” confie le personnel soignant à Kaspard. 

Respecter la vie privée

Kaspard est “totalement non intrusif, sans image et sans lumière” assure le CEO. Le dispositif ne fonctionne pas avec une caméra, mais grâce à un capteur de distance (ToF). Une technologie qui identifie la distance entre différents points dans la pièce pour reconstituer les reliefs. Pour mieux comprendre, Philippe Kaplan compare cette technologie avec  la sculpture de clous 3D. “On met sa main sur une plaque de clous, les clous tombent et s’adaptent à la forme, on retourne la plaque et le relief de la main apparait”, illustre le CEO. 

Une fois qu’il est installé, le dispositif ne demande aucune maintenance ou intrusion dans le quotidien du résident. Contrairement aux montres ou collier, les équipes soignantes n’ont ni besoin de vérifier s’il est bien installé ni son bon fonctionnement.

Une solution 360°

“Avec Kaspard on a réduit par trois le nombre de chutes” se réjouit le CEO. Mais Kaspard ne se limite pas à la détection et à la réduction des chutes. Il permet aussi la diminution des contentions et donc une amélioration de l’autonomie des résidents, indique Philippe Kaplan. Grâce à une analyse des événements de la nuit, les aides-soignants apprennent du comportement des résidents pour mieux les accompagner.

Le dispositif promet une meilleure compréhension des chutes et une individualisation des soins grâce à l’intégration de nouvelles données. Par exemple, il propose un calcul et une visualisation du nombre de sorties de lit sur la durée. La technologie ToF permet une détection de mouvement précise. Il est donc possible pour les soignants de déterminer où a lieu la chute et la façon dont elle s’est produite. 

Après 50 000 nuits opérationnelles, Kaspard se réjouit d’avoir réduit par trois le nombre de chutes dans les maisons de soins partenaires. Les derniers résultats prouvent moins de 0,7% de fausses alarmes de chute et désignent le dispositif comme “fiable”. En plus de réduire les couts liés aux chutes, la scale-up espère développer et conserver la confiance des familles des ainés.