Test – Darker Skies : un survival dans l’univers de La Guerre des Mondes

Séduisant sur le papier, Darker Skies n’aura toutefois que très peu fait parler de lui jusqu’à sa sortie. Le survival-horror de Steel Arts Software a-t-il ce qui faut pour tenir tête aux ténors du genre? 

Vous vous souvenez peut-être de Grey Skies: A War of the Worlds Story. Ce curieux survival-horror proposait de survivre à l’invasion extra-terrestre d’une petite bourgade. Visuellement, le titre s’en sortait plutôt bien, et il était parvenu à s’attirer la sympathie de quelques joueurs pour son univers qui s’inspirait ouvertement de celui de La Guerre des Mondes. Darker Skies en est la suite.

Certains panoramas sont très jolis.

Les amateurs de survival-horror pourraient se laisser tenter par les jolis graphismes de Darker Skies, son univers séduisant et quelques-unes de ses belles promesses. Mais attention, car pad en main, le jeu est loin de convaincre.

Si vous n’aviez pas joué au premier volet, vous serez d’ailleurs relativement perdu au début de l’aventure. Il n’y a pratiquement pas de mise en contexte, ni de narration d’ailleurs. Vous incarnez ici Jack, l’un des rares survivants de la guerre des mondes, au lendemain de la défaite de l’armée extraterrestre. Le monde qu’il habite aujourd’hui n’est toutefois pas exempt de tout danger puisque de nombreux humains frappés par une fièvre qui les a transformés en de terrifiantes créatures.

Il faudra rester tapi dans l’ombre très souvent.

Si l’univers du jeu a son charme, il est regrettable que son scénario soit si maladroitement mis en avant. Quelques cinématiques auraient véritablement apporté de la profondeur au récit.

Côté gameplay, Darker Skies ne sait guère trop sur quel pied danser. Le jeu est positionné comme un survival-horror et reprend d’ailleurs certains éléments du genre : la collecte d’objets, la résolution de petites énigmes, un gameplay assez pataud… Mais son gameplay le rapproche souvent davantage d’un jeu d’infiltration que d’un Resident Evil-like. Il faudra majoritairement se déplacer accroupi pour ne pas attirer l’attention des quelques monstres qui peuplent les niveaux du jeu. Le gameplay est lent et plutôt mou. Heureusement, on peut compter sur le sixième sens de notre héros, qui permet de continuellement savoir ce qu’il faut faire et où il faut se rendre.

Si l’expérience aurait pu être plaisante, Darker Skies montre très vite ses limites. Le jeu donne continuellement cette curieuse sensation de jouer à une alpha d’un projet ambitieux qui n’aurait jamais abouti. Si, visuellement, il est plutôt réussi, tous les aspects du gameplay sont bâclés : la prise en main du personnage est ultra-rigide, ses animations grotesques, l’IA des adversaires est totalement imprévisible (vous passerez occasionnellement à deux mètres d’eux sans être repéré, et à d’autres moments, ils vous repéreront à 100 mètres, alors que vous êtes bien planqué), les séquences de shoot sont une véritable épreuve psychologique tant la prise en main du jeu est catastrophique et par-dessus le marché, le level-design est excessivement pauvre.

Eviter la confrontation n’est pas toujours possible.

Vu la pénibilité des commandes lors des séquences d’action, on préfère donc se la jouer infiltration. L’ennui, c’est que le comportement des adversaires est très imprévisible et qu’accroupi, les déplacements sont si lents qu’on finit vite par renoncer pour opter pour la manière forte. Le concept du jeu, pourtant si séduisant, retombe comme un soufflé, la faute à une finition absolument désastreuse.

Le jeu regorgeait pourtant de bonnes idées avec ses petites énigmes à résoudre occasionnellement, ses vivres à récolter pour crafter des objets, ses pièges à tendre aux ennemis… Le mélange de genres était clairement une très bonne idée. On ne peut toutefois s’empêcher de penser que le studio a eu les yeux plus gros que le ventre avec cette production, beaucoup trop ambitieuse pour lui.

Techniquement, le constat est le même : le jeu est visuellement plutôt réussi, certains panoramas impressionnent même. La finition est toutefois désastreuse avec des animations grotesques, des bugs en pagaille, un level-design pauvre, des ennemis qui se comportent de façon aussi stupide qu’on finit par éclater de rire… Quant à la bande originale, si les doublages en anglais sont corrects, il n’y a tout simplement pas d’ambiance sonore, ce qui trahit, encore une fois, un budget très serré.

Darker Skies présentait un très joli potentiel, mais le jeu sort dans un état absolument déplorable. Il aurait clairement mérité quelques mois de développement supplémentaires. C’est d’autant plus regrettable que techniquement, le jeu était plutôt joli et regorgeait de bonnes idées. A moins d’être un fan absolu de l’univers de La Guerre des Mondes, ou d’être extrêmement bon public, on vous conseille donc de passer votre chemin ou d’attendre au moins une très grosse mise à jour avant de craquer.

Conclusion

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Darker Skies fait partie de ces titres au potentiel énorme, qui aurait pu être un fantastique survival-horror, mais dont toutes les qualités sont éclipsées par une finition désastreuse et un gameplay complètement raté. Sur le papier, le jeu avait pourtant tout pour séduire : une réalisation soignée, un mélange de genres explosif (action, infiltration et survival horror) et un univers plein de charme, inspiré de celui de La Guerre des Mondes. Si les bonnes idées pullulent, le titre ne parvient pas à convaincre, la faute à un gameplay hyper-rigide, une IA désastreuse et une prise en main très désagréable. A moins d’être un fan inconditionnel de La Guerre des Mondes, difficile de conseiller ce titre qui présentait pourtant un joli potentiel. L’expérience est si frustrante que vous devriez logiquement très vite lâcher votre pad… 

Darker Skies

Gameplay 2.0/10
Contenu 5.0/10
Graphismes 5.5/10
Bande son 3.5/10
Finition 2.0/10
3.6

On aime :

Un univers qui a du charme

Quelques bonnes idées

Une direction artistique réussie

On aime moins :

Pas d'ambiance sonore

Les séquences d'action, ratées

Le gameplay rigide et pénible

Un level-design pauvre

Les animations ridicules